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MARK DIXON DÉTECTIVE

(WHERE THE SIDEWALK ENDS) Otto PREMINGER - USA 1950 1h35mn VOSTF - avec Dana Andrews, Gene Tierney, Gary Merrill, Karl Malden...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MARK DIXON DÉTECTIVEResté longtemps méconnu dans la filmographie du grand Otto Preminger, Mark Dixon détective est un superbe film noir, une oeuvre prenante, superbement construite, porteuse de conflits moraux fondamentaux, vision lucide et forte d’une société malade.

Le titre original, une fois de plus, est bien meilleur : Where the sidewalk ends… Le héros du film ne sait plus où finit le trottoir (la légalité, l’ordre, le bien) et où commence la rue (la brutalité, l’absence de scrupules, le mal). Mark Dixon est policier. Il combat la pègre avec d’autant plus de hargne que son père en faisait partie, il transforme un combat public en lutte personnelle. Egaré, Dixon quitte le trottoir. Le policier, garant de l’ordre et de la stabilité, se laisse aller au désordre et à la violence : il brutalise un suspect mêlé à une affaire de meurtre et au cours de la lutte, accidentellement, il le tue… C’est la bavure, avec toutes les conséquences qu’elle entraîne. Le détective va devoir lutter pour sauver sa mise, pour sauver sa peau. Et tous les coups seront permis, et derrière chaque tentative qu’il fera pour se désengluer du présent et fuir sa culpabilité, c’est son passé, toujours plus insistant, qui se profilera et l’appellera…

Mark Dixon détective est forcément un film au ras du bitume, on y respire l’air du temps, plutôt vicié, les incertitudes morales d’une Amérique lasse, qui ne croit plus aux héros. Autour de Dixon se pressent des silhouettes grises de flics et de gangsters, d’hommes au visage fermé qui pourraient être indistinctement d’un côté ou de l’autre de la barrière, du caniveau. Mark Dixon, héros douteux, sûr de rien et surtout pas de lui-même, évolue dans un monde dont tous les repères sont en train de disparaître. Mais dans le désordre et la nuit où s’égare son détective, Preminger lui accorde le lumineux sourire d’une femme : Gene Tierney. Dans ces années-là, l’amour pouvait encore sauver le monde…