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UN AN, UNE NUIT

(Un año, una noche) Isaki LACUESTA - Espagne / France 2022 2h10mn VOSTF - avec Noémie Merlant, Nahuel Perez Biscayart, Quim Gutiérre, Alba Guilera, Bruno Todeschini... Scénario d’Isa Campo, Fran Araujo et Isaki Lacuesta, d’après le récit Paz, amor y death metal de Ramon Gonzalez.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UN AN, UNE NUITSans doute fallait-il une certaine distance émotionnelle, en l’occurrence celle liée à la nationalité du réalisateur, pour traiter aussi frontalement et avec autant de force l’événement qui restera dans l’histoire collective de notre pays comme un traumatisme majeur : les attentats parisiens du 13 novembre 2015. C’est la grande force du cinéma que d’oser ainsi s’emparer à bras-le-corps d’un sujet contemporain encore douloureux et d’évoquer, sous le prisme de la fiction, les multiples ondes de chocs psychiques et sociales qu’un tel bouleversement a provoqué chez celles et ceux qui y furent confrontés. Plusieurs films français ont déjà abordé ces attentats, de manière à chaque fois singulière, préférant l’angle de l’évocation en creux comme dans Amanda, le pas de côté comme dans Revoir Paris ou une approche plus factuelle comme dans Novembre. C’est encore un autre regard qui est ici posé et c’est sans doute le plus complexe, celui qui échappe le plus aux analyses faciles, aux raccourcis psychologiques ou à l’alibi mélodramatique.

En adaptant librement le livre de l’Espagnol Ramon Gonzalez, survivant du Bataclan qui a transformé son expérience personnelle en récit, Isaki Lacuesta glisse sur un fil ténu, tel un équilibriste entre le ciel et l’abîme : d’un côté, l’horreur du massacre dans la fosse de la salle de concert, de l’autre, une construction cinématographique sensible qui laisse le champ libre à la beauté des mots et de la mise en scène.
Céline et Ramon forment un jeune couple parisien. Un soir de novembre 2015, ils se retrouvent après leur travail respectif pour un concert de métal. Ils sont amoureux, ils sont heureux, ils boivent des bières au bar avec leurs amis. La vie, banale. Puis on les retrouve quelques heures après, errant hagards dans leurs couvertures de survie sur le bitume anormalement silencieux du petit matin parisien… Meurtris, choqués, ils rentrent chez eux et rien ne sera jamais plus comme hier… Un an, une nuit raconte ce temps de l’après et la douloureuse reconstruction de ces deux êtres unis que le drame va peu à peu éloigner l’un de l’autre. Car ils ont beau s’aimer à la folie, Céline et Ramon ne vont pas réagir de la même façon : lui est angoissé, extériorise beaucoup, parle, s’agite, quand elle refoule tout, fait face, refusant même d’évoquer ce qu’elle a pu voir ou ressentir, souhaitant passer à autre chose. La dualité va peu à peu s’immiscer dans leur couple.

En construisant le film de manière non chronologique, Lacuesta fait le choix de coller au plus près du livre de Ramon Gonzalez et de ce que peut représenter la vie d’après pour les personnes touchées par une telle tragédie : un puzzle dont les morceaux éparpillés ne peuvent totalement se retrouver. Alors oui, l’approche est parfois frontale (les scènes dans le Bataclan sont assez éprouvantes mais la mise en scène prend néanmoins soin de toujours laisser la violence hors champ) car le scénario a également intégré des bribes de témoignages de survivants, mais il n’y a là aucun voyeurisme. À travers l’histoire intime de Céline et Ramon, Isaki Lacuesta écrit une page de cette histoire collective qui est la nôtre et c’est souvent bouleversant.