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UNDERGROUND

Emir KUSTURICA - France / Allemagne / Serbie 1995 2h45mn VOSTF - avec Predrag « Miki » Manojlovic, Lazar Ristovski, Slavko Stimac... Palme d’or au Festival de Cannes de 1995.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UNDERGROUNDEn 1995, Emir Kusturica obtient sa seconde Palme d’or avec Underground dix ans après Papa est en voyage d’affaires. De quoi faire entrer le cinéaste né à Sarajevo en 1954 dans l’histoire du cinéma. Mais ce film-fleuve de près de trois heures (dont nous vous offrons la version longue inédite pour une séance exceptionnelle le samedi 10 février !) ne vaut pas que pour sa consécration cannoise tant il synthétise l’art de son réalisateur qui retrace ici une part de l’histoire de son pays natal.

Avril 1941, Belgrade est ravagée par les bombes nazies. Marko et Blacky, deux amis, profitent du chaos pour mener quelques trafics tout en combattant à l’occasion contre l’occupant allemand. Marko convainc Blacky et d’autres de leurs proches de se cacher dans une gigantesque cave. A la fin des hostilités, Marko, devenu un héros de la résistance communiste et un proche de Tito, persuade ses amis de rester terrés en leur affirmant que la guerre se poursuit à la surface. Le mensonge va durer de longues années tandis que Marko a refait sa vie avec la compagne de Blacky et qu’il a prospéré dans l’affairisme…

Tourné alors que la guerre faisait encore rage en Bosnie et présenté à Cannes tandis que les accords de Dayton n’avaient pas scellé la paix en ex-Yougoslavie, Underground a suscité de vives polémiques notamment de la part de gens qui ne l’avaient pas vu. Sans prendre partie en faveur de l’un des belligérants dans le complexe conflit alors en cours, le film rappelait toutefois des vérités oubliées, comme l’accueil triomphal fait en 1941 aux nazis en Slovénie et en Croatie quand Belgrade était dévastée.
Toutefois, le plus important est cependant ailleurs dans Underground dont la démesure et la mise en scène portent la marque de son créateur. Fort de multiples influences (Fellini, Garcia-Marquez, Homère…), Emir Kusturica a créé un monde plein de fanfares, de mariages, d’animaux, de personnages défiant la loi de l’apesanteur, de fleuves et de rivières… Burlesque, tragique, féerique, onirique, poétique, le film – métaphore sur le mensonge et la propagande (« Le communisme était une cave immense ») – regorge de scènes inoubliables.

C’est ainsi que Kusturica nous fait voyager à travers cinquante ans d’histoire de la Yougoslavie, sans jamais nous ennuyer. Hilarant, puis terriblement triste, le film nous dresse le portrait d’un pays ravagé par les guerres : Seconde Guerre Mondiale d’abord, puis Guerre Froide, puis Guerre de Bosnie. Un pays riche pourtant (voir l’allégorie de la valise de billets), mais que les affrontements ravagent. Un film tout en symboles (la cave où vivent les résistants, peut figurer le communisme, et son obscurantisme). Un film qui frappe par sa beauté, par la virtuosité de la caméra de Kusturica. Par la précision des plans, qui captent la vie des acteurs, virevoltants et exaltants. Un film sensuel aussi, grâce à la prestation de Mirjana Jokovic. Et finalement, un film tragique et désespéré. Avec en fond sonore, la musique de Goran Bregovic, entraînante et obsédante. Kusturica est décidément bien un des génies du cinéma !