MON C.E. ROULE POUR UTOPIA

METTEZ VOTRE PUB
DANS LA GAZETTE !


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7,50€
CARNET D'ABONNEMENT : 55€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Groupe ( >30p.) : 3,50€
TARIF étudiants, lycéens, collégiens, demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RSA : 4,50€ (sur présentation d'un justificatif). PASS CAMPUS : 4 euros. Paiement CB, Chèque ou Espèces.

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

LA GAZETTE UTOPIA 327 DU 15 MAI AU 18 JUIN 2024
  ... Lire LA GAZETTE UTOPIA 327 DU 15 MAI AU 18 JUIN 2024...

LA GAZETTE UTOPIA 326 DU 10 AVRIL AU 14 MAI 2024
  ... Lire LA GAZETTE UTOPIA 326 DU 10 AVRIL AU 14 MAI 2024...

LA GAZETTE UTOPIA 325 du 28 FÉVRIER AU 9 AVRIL 2024
  ... Lire LA GAZETTE UTOPIA 325 du 28 FÉVRIER AU 9 AVRIL 2024...

LA GAZETTE UTOPIA 324 du 24 JANVIER AU 27 FÉVRIER 2024
  ... Lire LA GAZETTE UTOPIA 324 du 24 JANVIER AU 27 FÉVRIER 2024...

Soutenez Utopia Palmer

MADAME HOFMANN

Sébastien LIFSHITZ - documentaire France 2023 1h44mn - avec Sylvie Hoffman, ses collègues, sa famille...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MADAME HOFMANNL’avenir vous semble bouché comme un ciel noir avant la tempête. Vous entendez le galop des quatre cavaliers de l’apocalypse à vos portes, les remugles d’un monde en souffrance empoisonnent votre air. Vous frissonnez d’angoisse en pensant à demain… Et puis voilà que vous arrive, dans cet univers de brutes épaisses, un torrent d’humanité, de bienveillance, de lumineux espoir. Ainsi vont les humains : on croit que tout est fini, que rien ne nous épargnera une longue descente aux enfers… et puis un film vient nous embarquer pour une plongée dans la vie, une vie dense, pleine de sens et de belles personnes. Pétard ! Ça fait un bien fou !

La lumière du jour qui se lève… La Méditerranée bleu turquoise et embruns, un petit souffle d’air du large qui décoiffe : Madame Hofmann fait le plein de beauté avant de remonter vers l’Hôpital Nord, immense barre de béton qui surplombe Marseille.
Madame Hofmann, cadre infirmière depuis 40 ans, directe, chaleureuse attentive à tout, à tous, avec toujours la petite phrase qui vient ponctuer d’humour les moments les plus difficiles… Avec son rire, ce regard qui plonge avec empathie dans les yeux des autres, tous les autres, sans hiérarchie : elle est l’incarnation même d’un idéal de l’hôpital public alors même qu’il est en proie, plus que jamais, à une tourmente énorme, en fin de période covid, coincé entre le découragement de soignants saturés, éprouvés par les conséquences des politiques gouvernementales successives qui veulent transformer l’hôpital en entreprise, et la fuite des bonnes volontés puisque le privé offre aux soignants de bien meilleurs salaires…
« Bienvenue dans ma vie » aime-t-elle à dire avec son accent chantant. « Il faut savoir qu’une infirmière, elle tient sept ans maximum sur les statistiques… J’ai tenu quarante ans, il valait mieux que la carapace soit dure ». « Je me dis que j’ai vécu des milliards de vies dans une seule, j’ai vu des choses que personne n’aura vu dans une vie »… Manque de lits, manque de personnel, elle négocie, s’acharne, enrage, soulève des montagnes, accomplit des miracles… Et toujours l’écoute, le petit geste, la main chaude, qui masse, apaise : manifestation d’une humanité de contact, inlassablement rassembleuse. Autour d’elle, l’équipe de jeunes infirmière ne ménage pas ses efforts, personnalités bien trempées, tout comme ce chef de service épatant, le professeur Astoul. Le service d’oncologie n’est pas un service facile et pourtant aucun des soignants que nous rencontrons là ne cherche à aller voir ailleurs. Confrontés chaque jour à la souffrance et à la mort, ils sont l’incarnation même de l’amour de la vie, que tous accompagnent de leur mieux jusqu’à sa dernière goutte.

Et puis il y a la vie de Sylvie Hofmann hors de l’hôpital : on fait connaissance avec sa mère, une sacré bonne femme, celle-là aussi, famille pauvre d’Italie, orpheline à sept ans, immigrée en France, devenue aide soignante ; ensuite on est témoins des formidables échanges qu’elle a avec sa fille, très personnels, sur les choses de la vie… Autant de personnages qui ont dû lutter pour se faire une place pleine de sens, alors que rien ne leur était donné au départ…
Sa mère la pousse à arrêter, son mari aimerait bien qu’elle le rejoigne définitivement dans les Alpes où il s’est installé suite à des soucis de santé… Elle rit encore, « mon cerveau, pendant quarante ans, il n’a jamais été au repos »… Pourtant elle va décider de prendre sa retraite. Toute une vie d’échanges riches à s’occuper des autres, dans son travail comme dans sa vie privée, indissociables l’une de l’autre : c’est la même Madame Hofmann, bien dans sa peau, claire dans ses choix. On imagine mal qu’elle puisse tout à coup ne penser qu’à elle-même, tant l’attention aux autres a donné à sa vie un sens fort.
On n’imagine pas qu’un tel film puisse exister sans que Sébastien Lifshitz ait su nouer une relation d’une rare empathie avec Sylvie, mais aussi avec tous les autres protagonistes : immergés dans l’intimité de ce service, jamais on ne sent la présence de la caméra. Les images sont toujours justes et la cohérence de l’équipe du film répond à la cohérence de l’équipe de soignants. Un film magnifique.