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PETITES MAINS

Nessim CHIKHAOUI - France 2024 1h27mn - avec Corinne Masiero, Lucie Charles-Alfred, Marie-Sohna Condé, Salimata Kamate, Maïmouna Gueye... Scénario de Nessim Chikhaoui et Hélène Fillières.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

PETITES MAINSAvec les femmes de Petites mains, on rit aux éclats, on s’esbaudit, puis, soudain, nous voilà cueillis par une émotion vivace, une énergie fulgurante, communicative, porteuse de germes d’espoirs printaniers. Dans un élan libérateur, on a des envies de « lever nos verres à celles qui n’en ont pas », de chanter combien ces premières de cordée des « métiers essentiels », ces oubliées du grand capital, enjolivent la vie, la rendent plus supportable !

Il y a de la vie, il y a du mouvement dans les coulisses du Palace multi étoilé où débarque la jeune Eva, femme de chambre tout juste embauchée, mais il y en a encore plus dans la rue en contrebas, là où les salariées grévistes battent le pavé pour réclamer leur dû, le simple respect de leurs droits. Ces diablesses à la gouaille colorée font tache à la réputation du Grand Hôtel qui les emploie. Pas pour longtemps se dit-on : comment ces sans-grade, ces sans-instruction, ces sans-le-sous, ces parfois sans-papiers pourraient parvenir à résister face à une telle institution ? C’est tout une machinerie de guerre cynique, bien huilée, qui essaie de les intimider, qui s’oppose à leur liberté de parole, le même système qui cantonne les plus précaires, les moins reconnues dans les griffes de la sous-traitance. Alors, parmi le personnel, la consigne est donnée : fermer les écoutilles, fuir celles qui vont sombrer pour ne pas sombrer avec elles. On manque de bras ? Pas de problème, on fait appel à plus de sous-traitance, Eva en fait partie, elle est de celles que l’on surnomme ironiquement « les clientes », qui ont le plus précaire des statuts. Une employée jetable, éjectable à tout instant, en plus d’être une traitresse, une briseuse de grève pour d’autres. Mais, si les regards noirs qui se posent sur elle ne cherchent pas à dissimuler leur hargne, on y lit tout autant de la compassion. Car ici rien n’est caricatural, ni simpliste, toutes ont tâté de la dureté de la survie, toutes connaissent les concessions qu’il faut faire pour surnager, les amères couleuvres qu’il faut avaler. Alors, même si elles grondent, nulle ne jettera la première pierre.
Évidemment, la gouvernante en chef, qui orchestre la bonne tenue du personnel, va jeter la jeune arrivante dans les pattes de la plus âgée, la plus revêche des femmes de chambre : Simone. Laquelle ne se montre pas tendre, jouant les cerbères moqueurs, remettant sans cesse les pendules à l’heure à cette donzelle qui imagine que parce qu’elle faisait 25 chambres dans un hôtel pas cher, tout ici sera pain béni. Voilà notre Eva qui se laisse impressionner, berner, par le luxe. Et c’est là tout le paradoxe : que des femmes si mal payées baignent quotidiennement dans une inaccessible surabondance, tiraillées entre leur fierté respectueuse et l’idée qu’un simple amuse-gueule coûte plus cher qu’une journée de salaire. Progressivement ces deux fortes en gueule, Eva et Simone, vont s’apprivoiser un peu, forcément. Leurs idées vont s’aiguiser, aiguillonnées par celles qui manifestent sous les fenêtres du palace et dont elles ne peuvent ignorer les slogans dès qu’elles aèrent les suites royales…

Simone est génialement interprétée par Corine Masiero, qui déploie dans ce rôle une panoplie de jeu subtile et tendre. Elle forme avec Lucie Charles-Alfred, qui campe Eva, un duo épatant. Et on n’oublie surtout pas toutes les petites mains, héroïnes de l’ombre de ce film qui nous remet joyeusement droit dans nos bottes. C’est salutaire, ça fait du bien aux neurones et à la bonne humeur. C’est un hommage à celles ne baissent pas les bras, à leurs luttes solidaires.