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LES VIEUX

Claus DREXEL - documentaire France 2023 1h34mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES VIEUX« C’est merveilleux la vieillesse, dommage que ça finisse si mal. » François Mauriac

Claus Drexel n’a eu de cesse, tout au long de sa carrière de documentariste, de donner la parole à celles et ceux qu’on oublie, ou qu’on refuse d’entendre. Dans Au bord du monde, il recueillait, le long de la Seine et sous les ponts des périphériques parisiens, les témoignages des gens de la rue, au vécu parfois insoupçonné. Dans Au cœur du Bois, c’est dans les allées sombres du Bois de Boulogne qu’il partait à la rencontre des prostitué·es souvent prétendument défendu·es pour des raisons idéologiques et morales par des gens qui se moquent de leurs avis. On peut même dire que America, tourné aux États-Unis quelques semaines avant l’élection de Trump, procédait de la même démarche en donnant, dans des régions oubliées, la parole aux électeurs du candidat populiste, alors que les médias européens les traitaient avec un mépris condescendant. Claus Drexel s’intéresse ici à un groupe beaucoup plus large : les vieux. Un groupe qui en France se chiffre en millions mais qui pourtant, dans notre société jeuniste du progrès factice, est vu comme un problème sociétal et économique plus que comme la somme d’incroyables expériences. Un groupe auquel on donne très rarement la parole, sinon pour des raisons purement électoralistes.

Le cinéaste a parcouru toute la France, des anciennes terres minières du Nord aux confins pyrénéens, de l’estuaire de la Loire aux cités marseillaises, pour rencontrer des vieilles et des vieux de toute origine sociale et ethnique, qu’ils vivent seuls, en couple, à domicile ou en EPADH. Mais à partir de quel âge commence la vieillesse ? Après moult hésitations, Claus Drexel a décidé de choisir des personnes nées avant la Deuxième Guerre mondiale, un événement qui les différencie parfois radicalement des générations suivantes : il a donc filmé des gens entre 80 et 102 ans pour la doyenne. Il commence par un vieil aristocrate très drôle, qui se désespère néanmoins d’avoir eu beaucoup de mal à trouver parmi ses descendants quelqu’un qui accepte de reprendre le domaine familial. Au-delà de l’anecdote, est évoquée d’emblée l’idée difficile de la transmission pour ces générations bientôt disparues. A l’opposé de l’échelle sociale, des anciens mineurs du Nord évoquent le monde disparu d’un métier certes extrêmement périlleux mais où la solidarité ouvrière était synonyme d’espoir de bonheur. Un couple d’origine immigrée, dans une cité de Marseille, se souvient de cette période où, malgré la vétusté des appartements et les conditions de vie sommaires, les habitants se moquaient des origines ethniques de leurs voisins et de leur religion ou du moins n’en faisaient pas un objet de conflit. Mais ce qui soude beaucoup des intervenants, c’est l’expérience fondatrice ou traumatique de la Deuxième Guerre mondiale, puis pour d’autres les guerres d’Indochine ou d’Algérie.
Ce que tous partagent, c’est pour les plus heureux la durabilité des couples, avec de très jolies réflexions autour des recettes pour y arriver, avec une dépendance parfois heureuse à l’autre, au-delà des clichés de l’indépendance imposée, et pour les moins heureux le poids de la solitude après la perte de l’être aimé, comme pour cet ouvrier de Saint Nazaire qui dit magnifiquement le manque de son épouse défunte.
Et forcément, au bout du chemin, la perspective de la fin prochaine, abordée par beaucoup avec une sérénité que n’ont pas forcément les gens légèrement plus jeunes, avec cette conscience partagée d’avoir eu la chance de vivre une existence bien remplie : on pense notamment à cette centenaire formidable et extrêmement malicieuse qui a décidé de donner ses organes aux futurs étudiants en médecine et qui rigole à la perspective de se retrouver à attendre dans sa chambre froide qu’on vienne la découper en petits morceaux…