LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS APPELER

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Première séance à 4,5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Atelier d'écriture YAKSA 7 : Kévin
La première fois que je l’ai vu, c’était à mon anniversaire, il était sorti d’un énorme gâteau avec des oreilles de lapin et un pompon blanc coincé entre les fesses. On peut pas vraiment dire que ce soit mon genre de mec mais il s’était passé un truc, je ne sais pas quoi exac...

Atelier d'écriture YAKSA 6 : Daria
Je m’appelle Greg Camazot, j’ai 34 ans ; je suis arrivé à Londres, il y a deux ans. Je travaillais à cette époque pour la Food and Drug Administration pour développer des recherches en alimentation alternative d’origine animale à base d’insectes.Les semaines qui avaient suivi le départ de Daria...

Atelier d'écriture YAKSA 5 : à partir de tableaux de Magritte
Test du parapluie. Comment savoir si un parapluie est vraiment étanche ?C’est très simple.Prenez un verre d’eau. Oui un simple verre d’eau transparent. Un verre que vous pouvez trouver partout. Un verre sans identification spécifique.Remplissez-le au 9/10 - c’est très important- d’eau du robine...

Atelier d'écriture YAKSA 4 : la parole
Parole que l’on dit sans y penser.Parole qui échappe, le mot de trop où la parole exprimée sans retenue se transforme en parole dérangeante et devient celle qu’on n’aurait pas dû dire.Parole qui peut être mise en musique ou en poème.Parole divine, posée sur une musique sacrée.Parol...



IN THE FAMILY

Écrit et réalisé par Patrick WANG - USA 2011 2h49mn VOSTF - avec Sebastian Brodziak, Patrick Wang, Trevor St-John, Lisa Altomare, Susan Kellermann, Conac McCarty...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

IN THE FAMILYPréparez-vous à un torrent d'émotions, à un ouragan d'empathie avec ce film venu de nulle part (réalisé en 2011, il a été ignoré par la plupart des festivals internationaux et arrive enfin chez nous aujourd'hui grâce au talent de nos amis de ED Distribution) et qui est probablement un des plus beaux jamais réalisés sur la paternité. Une réussite magistrale, d'autant plus étonnante que son auteur et acteur principal Patrick Wang, américain né de parents taiwanais, est venu sur le tard au cinéma, avec cette première œuvre réalisée à l'aube de la quarantaine après une brillante carrière d'économiste durant laquelles ses cours de théâtre n'étaient qu'un hobby. Un film formidable sur la paternité donc, avec un détail original qui saute aux yeux dès le premier plan, où l'on voit un enfant de 6 ans réveiller ses parents qui aimeraient bien dormir encore un peu : Chip a deux pères, papa et papou…
On comprend rapidement que Chip a perdu sa mère à la naissance et que Cody, son père biologique, inconsolable, a fini par remonter la pente grâce au soutien de Joey, brillant décorateur d'intérieur et ami de la famille. Une amitié consolatrice qui s'est transformé rapidement en un amour fusionnel. Et depuis le trio forme une famille unie et heureuse, où les deux papas veillent avec patience et inventivité à l'éducation de Chip, un gamin aussi précoce que craquant et malicieux. Le tout en harmonie avec la famille de Cody, qui semble bien accepter la situation.

Mais l'impensable arrive, l'accident stupide… La disparition de Cody laisse Chip et Joey anéantis, mais décidés à faire en sorte que leur vie continue. C'est alors que la famille de Cody exhibe un vieux testament oublié donnant la garde de Joey à sa tante… Commence pour Joey un long combat pour récupérer l'enfant désemparé qui n'a jamais connu que la vie avec ses deux papas (scène bouleversante où le môme réécoute en boucle la cassette que Joey lui a fait passer en douce par la nounou complice).
Ce qui est formidable avec In the family, c'est que le film n'est en rien un plaidoyer militant pour l'homoparentalité, qui montrerait un père homosexuel persécuté par une famille d'horribles homophobes. Patrick Wang n'a aucun regard méprisant sur cette famille un peu frustre du Tennessee, qui croit faire ce qui est le mieux pour Chip en récupérant l'enfant de leur frère ou fils défunt. Bien sûr il y a de la colère chez Joey quand on lui arrache l'enfant qu'il a contribué à élever et quand on veut l'en éloigner coûte que coûte, une colère qu'il arrive à contenir avec les amis qui l'entourent. Et peu à peu Joey comprend qu'il n'arrivera pas à reconquérir Chip uniquement par le combat juridique mais par le dialogue avec ceux qui sont la cause de sa tristesse, et qui étaient il n'y a guère ses amis. La force des sentiments que le lient à son fils – car oui, pas de doute, Chip est bien son fils, même s'il n'est pas de son sang – va lui permettre d'aller chercher au fond de lui-même des ressources insoupçonnées d'intelligence, de diplomatie, de ténacité.

In the family, servi par une mise en scène sobre et distanciée et une interprétation exceptionnelle, est un film tellement simple et lumineux qu'il serait capable d'émouvoir une participante à la Manif pour tous. Ce n'est pas un hasard si le réalisateur a puisé dans la mémoire de son propre père, modèle de sérénité et de tolérance, l'inspiration de son personnage. Du père de Patrick Wang au réalisateur, et de Joey à Chip, la transmission magique s'opère et nous, qui nous laissons parfois envahir par la rage face aux obscurantismes qui tuent les sentiments les plus simples, on se met à espérer à un monde où, quelle que soit la difficulté de la situation, le dialogue et la possibilité de convaincre restent possibles.