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Install-party samedi 18 juin à Tournefeuille
Vous voulez déconfiner durablement vos ordinateurs ? Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas v...

Sous l'aile des Anges, et le regard de Terrence Malick
Chers spectateurs, parfois je viens vous voir dans les salles afin de vous rencontrer en direct, d’échanger avec vous, de vous raconter les croustillantes anecdotes de l’exploitante du cinéma aguerrie et acharnée que je suis. C’est tellement profitable les séances collectives, c’est du cinéma. Telle...

L'œil et la Plume : retour critique de LITTLE PALESTINE / D.E.F.I. prod
Basée au Mirail, l’équipe de D.E.F.I PRODUCTION s’est donner pour nouvelle mission d’accompagner des groupes de jeunes à la découverte d’autres cinémas, d’autres films, dans d’autres salles… Plus ou moins régulièrement nous aurons des retours, écrits, filmés, radios, de ces découvertes.... Lire ...

LE DOMOVOÏ - bistrot d'Utopia Borderouge - est (enfin !) ouvert !
« Génie familier de la maison, Domovoï est originellement celui du feu du foyer. Il se fonde sur l’usage de déposer dans la nouvelle maison un feu pris dans la précédente et sur celui d’offrir au domovój, chaque 28 janvier, un pot de gruau recouvert de braises. » Merci Wikipédia, on en sait à pr...

SWEAT

Écrit et réalisé par Magnus VAN HORN - Pologne 2020 1h47mn VOSTF - avec Magdalena Koleśnik, Zbigniew Zamachowski, Aleksandra Konieczna, Lech Lotocki...

Du 29/06/22 au 12/07/22 à Tournefeuille

SWEATDésormais – ce n’est malheureusement pas une révélation – le landerneau médiatique et une partie de l’opinion publique, notamment dans les générations les plus jeunes, vivent au rythme des réseaux sociaux et de tout ce qu’ils trimbalent de déclarations, d’opinions parfois ubuesques exprimées à tort et à travers par ce qu’on appelle des influenceuses ou des influenceurs, ces femmes et ces hommes autrefois anonymes qui, pour des raisons qui nous paraissent la plupart du temps obscures, sont suivis par des dizaines voire des centaines de milliers d’internautes. Et avec eux naissent de nouveaux comportements qui peuvent étonner ou choquer : exhibitionnisme permanent, affirmations péremptoires rarement étayées ou argumentées… sans que cela paraisse poser question aux « followers » de ces stars du net.

Magnus Van Horn (cinéaste suédois polonais d’adoption), a été particulièrement frappé par le parcours d’une influenceuse œuvrant dans le domaine du fitness, qui lui a inspiré son personnage de Sylwia, une coach sportive aux 600 000 abonné(e)s, sorte de Jane Fonda génération 2.0 qui dispense quotidiennement ses conseils beauté, santé et sport. Son activité sur les réseaux génère tout un business rondement mené : vente de son image au prix fort à des magazines, éditions de DVD, conférences ou cours fort lucratifs. À partir de là, Magnus Van Horn a imaginé la face cachée de l’iceberg, cette autre Sylwia, seule et pas mal paumée, qui apparaît les rares fois où s’éteint le smartphone avec lequel elle se filme presque en permanence. Mais tout va basculer au moment où elle fait l’erreur d’exprimer sa solitude, sa détresse à l’écran, déchaînant ainsi la réaction de ses followers, et notamment d’un stalker (un de ces fans obsessionnels qui surveillent physiquement l’objet de leur passion, en secret), Risyek, qui va faire le pied de grue en bas de son immeuble : un personnage inquiétant inspiré au réalisateur par l’homme qui harcela la chanteuse islandaise Björk et qui avait pré-enregistré toutes ses mauvaises intentions.
Magnus Van Horn va nous faire percevoir à quel point la solitude de Sylwia et celle de Risyek les rapprochent plus qu’il n’y paraît. Car il est bien souvent là, le drame de ces influenceurs des réseaux sociaux : voir des centaines de milliers de personnes qui les assurent virtuellement de leur adoration et n’avoir dans leur vie personnelle personne de proche sur qui réellement compter. Deux scènes illustrent bien cette réalité : celle où Sylwia, au supermarché, tombe sur une fan avec laquelle s’amorce une discussion un peu intime et qui s’avère finalement impossible ; et cette autre encore plus terrible où la jeune femme, bien plus riche évidemment que ses parents, leur apporte en cadeau une nouvelle télévision dernier cri et, en guise de remerciement, se voit cruellement parodier par sa propre famille.

Sweat est une fenêtre ouverte sur un univers que nous sommes nombreux à ignorer – volontairement et à juste titre la plupart du temps – mais qui régit pourtant la vie des plus jeunes. Et c’est un régime souvent dictatorial ! La mise en scène de Magnus Van Horn jongle parfaitement entre les différents formats et sources d’images, faisant se succéder les captations des smartphones qui suivent la Sylwia publique et les prises de vue de cinéma qui rendent compte de sa pauvre vie en off. Le résultat est très efficace, très prenant… et donne pas mal à réfléchir. Bref, une réussite.