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FMR a fêté ses 40 ans à Borderouge
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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Install-party samedi 18 juin à Tournefeuille
Vous voulez déconfiner durablement vos ordinateurs ? Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas v...

Sous l'aile des Anges, et le regard de Terrence Malick
Chers spectateurs, parfois je viens vous voir dans les salles afin de vous rencontrer en direct, d’échanger avec vous, de vous raconter les croustillantes anecdotes de l’exploitante du cinéma aguerrie et acharnée que je suis. C’est tellement profitable les séances collectives, c’est du cinéma. Telle...

L’IMMENSITA

Emanuele CRIALESE - Italie 2022 1h39mn VOSTF - avec Penélope Cruz, Vincenzo Amato, Elena Arvigo, Filippo Pucillo, Aurora Quattrocchi... Scénario d’Emanuele Crialese, Francesa Manieri, Vittorio Moroni.

Du 01/02/23 au 21/02/23 à Toulouse (Borderouge) - Du 18/01/23 au 07/02/23 à Tournefeuille

L’IMMENSITAÇa a le goût de l’Almodovar, ça a la couleur de l’Almodovar, on y retrouve Penelope Cruz dans un rôle comme seul, pensait-on, Almodovar sait lui en offrir – et non, ce n’est pas de l’Almodovar, c’est du Crialese*. Mais de toute évidence, l’auteur fécond et impossible à cataloguer de Respiro, Golden door ou Terraferma qui nous avaient, chacun dans leur genre, touchés, bousculés ou enthousiasmés, met ostensiblement ses pas – et sa caméra – dans ceux du cinéaste madrilène pour peindre avec L’immensita le magnifique portrait d’une mère de famille aimante, à la beauté et à la générosité hors normes, étouffée, brisée par les carcans patriarcaux de la société italienne des années 1970.

Autour de l’actrice de Volver et de Madres paralelas, Emanuele Crialese déploie une mise en scène enlevée, qui flirte par instants avec la comédie musicale et dont le lyrisme bariolé se pare avec élégance – et un rien de provocation – de culture pop italienne. Le récit largement autobiographique du film est pris en charge par le regard que porte sur le monde qui l’entoure « Adri » – Andrea à la ville, Adriana de son nom de baptême – l’aîné des trois enfants que Clara Borghetti élève à peu près seule dans l’immense appartement en surplomb de la ville, tant Felice, son mari, est peu présent. La vie de famille, presque mono parentale, n’est qu’insouciance et fantaisie, jeu et goût de la liberté. Le couple bat indéniablement de l’aile mais sauve obstinément les apparences – dans ce monde-là, on ne se sépare pas, on fait bonne figure. L’homme se complaisant dans son rôle social de dirigeant et de chef de famille, dont il se borne à revendiquer l’autorité une fois rentré dans ses foyers. Adri observe le petit théâtre familial au bord de la sortie de route, s’ouvre aux sentiments opposés qui dressent ses parents l’un face à l’autre, prend douloureusement conscience de la souffrance de sa mère et de la nécessité de la protéger, non seulement contre son mari, mais contre la norme sociale qui l’oppresse.

Aux portes de l’adolescence, Adri s’observe également. Ce corps, cette étrange identité de fille dont on l’a affublé à la naissance et qui lui correspond si peu… C’est une quasi-certitude, Adri est le fruit d’une expérience extra-terrestre qui a mal tourné, ne peut venir que des étoiles, et guette le jour prochain où ses créateurs de l’espace reviendront du fin fond de l’immensité cosmique pour parachever le travail et donner naissance, enfin, à Andrea. Cet Andrea qui, passé la porte de l’appartement, s’éveille enfin à la vie, fait les quatre cent coups dans le quartier – même à l’école religieuse, malgré l’aube blanche dont on l’affuble –, Andrea qui découvre au détour de ses escapades ses premiers émois amoureux.

La grande force de L’Immensita, grand mélodrame aux puissants ressorts intimes, c’est sa légèreté. Le questionnement de genre de l’enfant, la quête de soi, sans être évacués, ne sont pas un sujet. C’est pour Andrea une certitude sur laquelle il n’y a pas à revenir – et à peine un détonateur dans un contexte familial qui n’a pas vraiment besoin d’une quelconque étincelle pour exploser. Et c’est peu de le dire, cette banalisation fait un bien fou. Elle contribue simplement à mettre en exergue les violences, à plus d’un titre, que firent peser sur l’Italie les bien nommées années de plomb. Dans cette chronique douce-amère de ses années de jeunesse, le réalisateur se livre avec pudeur, mais surtout rend un hommage éblouissant et délicat à sa mère, pour laquelle il fait rayonner comme rarement l’immensité du talent de Penelope Cruz.

* et le premier qui ose penser tout bas « et c’est pour ça que ça désaltère » me copiera cent fois la sentence de Cavanna : « La pub rend con, la pub nous prend pour des cons. »