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Le Toulouse Hacker Space Factory (THSF) est de retour à Utopia Borderouge !
Le Toulouse Hacker Space Factory (THSF) explore depuis 2010 les espaces de dérivation de l’emprise des technologies sur nos vies, en particulier celles en mutation du monde numériques et cybernétique. Après 3 ans d’absence, le THSF est de retour cette année ! L’édition 2023 aura lieu du 26 au 28...

FMR a fêté ses 40 ans à Borderouge
Le temps passe et FMR a 40 ans déjà. La radio toulousaine avait fêté cela au Bikini le 27 novembre 2021 avec une grande soirée de concerts. Le Bikini et FMR s’est aussi une belle et tumultueuse histoire que nous racontent Hervé Sansonetto et Pierre Rogalle dans un documentaire réalisé par TV Bru...

30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Install-party samedi 18 juin à Tournefeuille
Vous voulez déconfiner durablement vos ordinateurs ? Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas v...

WOMEN TALKING

Écrit et réalisé par Sarah POLLEY - USA 2022 1h45mn VOSTF - avec Rooney Mara, Claire Foy, Jessie Buckley, Judith Ivey, Frances Mc Dormand... D’après le roman de Miriam Toew, Ce qu’elles disent.

Du 29/03/23 au 18/04/23 à Toulouse (Borderouge)

WOMEN TALKINGÉlectrisée selon ses propres mots par la lecture du roman de Miriam Toew – inspiré d’une histoire vraie et récente –, Sarah Polley nous livre un film puissant, une polyphonie féminine qui marque d’un sceau original cette époque « #MeToo ». Nous voici au sein d’une communauté de femmes mennonites dans une colonie religieuse isolée. Grace à un procédé de furtifs plans suggestifs, nous comprenons qu’une série d’agressions sexuelles vient de se perpétrer, une fois de plus, sur certaines d’entre elles, par les hommes de cette même colonie. Profitant de l’absence momentanée de ces derniers (partis à la ville faire libérer des agresseurs pris en flagrant délit), un groupe de femmes, représentant les trois générations de victimes, se réunissent dans un grenier à foin. Dans un laps de temps de 48h, elles doivent trancher sur la décision à prendre pour mettre fin à ce fléau : partir, rester et se battre, ou rester et ne rien faire. Décision qui conditionnera leur vie et celle de leurs enfants. Le film bascule dans un huis-clos psychologique haletant grâce à une mise en scène parfaitement maitrisée et des actrices remarquables, à l’image de Claire Foy, interprétant le rôle de Salomé, prise dans un mouvement de rage brûlante. Chaque personnage incarne un point de vue singulier. Enfermées dans des préceptes religieux et conditionnées par une injonction au pardon, pourquoi ces femmes décident-elles un jour de s’exprimer et de réagir ? La parole circule avec force et fluidité au fil d’échanges riches, lucides et passionnés où chaque protagoniste se libère du silence et de l’image de martyre. Les femmes mennonites étant interdites d’accès à l’instruction, ne sachant donc ni lire, ni écrire – l’histoire est vraie, et récente !!! –, le procès verbal de cette réunion décisive sera établi par l’instituteur de la communauté, aux antipodes de ce que l’on peut imaginer des figures masculines que les femmes ont décidé de remettre en cause.

La mise en scène se déploie alors dans toute son efficacité pour ouvrir ce huis – clos et apporter une dimension supplémentaire à ce dispositif théâtral. Les faits extérieurs évoqués en intérieur se dessinent par un processus de flash back. Les hommes, traités comme un corps collectif irrassasiable, rodent telles des silhouettes abstraites, sans âge ni visage précis, mais on perçoit la menace de prédation qu’ils représentent. Les violences qui sont au cœur du film ne sont pas directement montrées, mais on les ressent avec effroi à travers les traces qu’elles laissent a posteriori : taches de sang, ecchymoses, cicatrices, ventre arrondi de femme enceinte.
En opposition à cette laideur des crimes, la caméra de Sarah Polley flotte, gracieuse, à l’affût des beautés éparses susceptibles d’adoucir l’horreur, distillant une poésie envoûtante. Ainsi « oxygéné » visuellement, le film respire et se déploie dans ces paysages ruraux mythiques évoquant Les Moissons du ciel de Terrence Malik (séance unique sur cette gazette le 23 mars). Filmée comme une fable intemporelle, cette histoire se révèle soudain dans sa contemporanéité par le biais d’un indice inattendu…
Les questionnements autour de la foi, du pardon, des distinctions à faire entre la culpabilité individuelle et les injustices systémiques prennent alors encore plus de relief. De discussions en révélations, d’éclats de voix en confidences, ces femmes doivent coûte que coûte prendre une décision. Jusqu’où un point de vue individuel peut-il être au service d’un avenir collectif ? Nous sommes tenus en haleine par le compte à rebours lié au retour des hommes fixant l’ultimatum du choix définitif.

Scribe scrupuleux, l’instituteur transcrira sans le savoir un manifeste pour l’avènement d’un ordre social nouveau : un matriarcat chargé de nouvelles représentations et d’espoirs pour les générations futures. Comme son titre l’indique, Women talking est un film généreux en paroles… Mais des paroles de cette force, on en redemande ! Quant à la dernière séquence, muette, elle est inoubliable et vaut mille mots.