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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



LES QUATRE CAVALIERS DE L'APOCALYPSE

Vincente MINELLI - USA 1962 2h33mn VOSTF - avec Glenn Ford, Ingrid Thulin, Charles Boyer, Paul Lukas, Lee J.Cobb, Yvette Mimieux, Karl Boehm, Paul Henreid... Scénario de Robert Ardrey et John Gay, d'après le roman de Vicente Blasco Ibanez.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES QUATRE CAVALIERS DE L'APOCALYPSEIl y a quelque chose de démesuré, de grandiose, de baroque, de flamboyant dans ce film fort en couleurs, en musiques, je dirais même, mon cher Bernard, qu'il n'y a pas meilleur exemple pour illustrer l'expression « baroque flamboyant »… Minelli n'était pas un minus, et on se souvient avec émotion de son portrait de Vincent Van Gogh, qu'il faudra bien qu'on vous programme à nouveau… Sa fascination pour les peintres fauves, impressionnistes, surréalistes trouve ici sa plénitude dans les images d'un monde au bord de l'Apocalypse, où les passions sont exacerbées, les conflits excessifs et la mort indissociable de la vie.

1939, nous sommes en Argentine, et dans la riche propriété d'un vieil éleveur argentin ça chauffe ferme : une de ses filles a épousé un Français, l'autre est mariée à un Allemand, des petits fils sont nés de ces unions, dont l'un qui a fait ses études en Allemagne et par qui le scandale arrive… C'est par lui qu'émerge, dans ce microcosme humain, le plus démesuré des conflits qui ait jamais bouleversé la planète. En plein repas familial, le bel Heinrich se lance dans une profession de foi nazie des plus enflammées, déchaînant la colère du grand père qui s'effondre, terrassé par une crise cardiaque en prédisant l'arrivée des quatre cavaliers de l'Apocalypse : la Conquête, la Peste, la Guerre et la Mort. On en frissonne, et d'ailleurs on les aperçoit chevauchant les nuages dans le ciel en colère…
La famille va s'en trouver toute déglinguée et en plongeant dans ces destins antagonistes, on n'aura plus un instant de répit : on suit avec exaltation, émotion tous ces personnages complexes et fascinants, déchirés entre la branche allemande et la française. C'est aérien, scintillant et profond, car les caractères humains sont là, trempés, complexes, antagonistes, sensuels, douloureux. Le Paris des années noires est sublime en technicolor, les fêtes sont somptueuses, mais le malheur arrive à grandes enjambées. Julio, le petit fils bien aimé, l'un des principaux personnages du film, est un jouisseur, un dilettante, un sensuel qui semble sans conscience, indifférent aux autres et aux calamités du monde. A Paris alors que la guerre éclate, il est l'amant de la femme superbe d'un journaliste qui est sur le front belge. Peut-être au fond de lui-même est-il terrifié par la violence du monde, cette histoire d'amour serait-elle pour lui le plus égoïste refuge ?

Néanmoins, dans un Paris plus que troublé, alors que la victoire est très incertaine, Julio, le léger, l'insouciant, rejoindra la Résistance, tant il est vrai qu'il est impossible dans les plus grands malheurs de prédire comment vont réagir les hommes, les plus superficiels, devenant parfois des héros lorsque l'histoire les oblige à plonger dans le monde réel. Et Glenn Ford est parfait dans le rôle d'un séducteur trop singulier pour ne pas cacher quelque angoisse existentielle…