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Install-party samedi 18 juin à Tournefeuille
Vous voulez déconfiner durablement vos ordinateurs ? Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas v...

Sous l'aile des Anges, et le regard de Terrence Malick
Chers spectateurs, parfois je viens vous voir dans les salles afin de vous rencontrer en direct, d’échanger avec vous, de vous raconter les croustillantes anecdotes de l’exploitante du cinéma aguerrie et acharnée que je suis. C’est tellement profitable les séances collectives, c’est du cinéma. Telle...

L'œil et la Plume : retour critique de LITTLE PALESTINE / D.E.F.I. prod
Basée au Mirail, l’équipe de D.E.F.I PRODUCTION s’est donner pour nouvelle mission d’accompagner des groupes de jeunes à la découverte d’autres cinémas, d’autres films, dans d’autres salles… Plus ou moins régulièrement nous aurons des retours, écrits, filmés, radios, de ces découvertes.... Lire ...

LE DOMOVOÏ - bistrot d'Utopia Borderouge - est (enfin !) ouvert !
« Génie familier de la maison, Domovoï est originellement celui du feu du foyer. Il se fonde sur l’usage de déposer dans la nouvelle maison un feu pris dans la précédente et sur celui d’offrir au domovój, chaque 28 janvier, un pot de gruau recouvert de braises. » Merci Wikipédia, on en sait à pr...

LE SERMENT DE PAMFIR

Écrit et réalisé par Dmytro SUKHLYTKYY-SOBCHUK - Ukraine 2022 1h42mn VOSTF - avec Oleksandr Yatsentyuk, Stanislav PotIak, Solomiya Kyrylova, Olena Khokhlatkina...

Du 23/11/22 au 06/12/22 à Toulouse (Borderouge)

LE SERMENT DE PAMFIRPremier film impressionnant par sa maîtrise, sélectionné et remarqué à la Quinzaine des Cinéastes à Cannes cette année, Pamfir aurait fait une magnifique Caméra d'or (récompense du meilleur premier film) ex-aequo avec War pony (très beau film au demeurant, sortie prévue début 2023). Mais le jury en a décidé autrement et n'a pas souhaité partager le prix, dommage...
Si le film ne parle pas de la guerre avec la Russie, difficile de ne pas tenir compte du fait que le film est Ukrainien et se situe près d’une frontière, même si c’est une frontière avec la Roumanie et la Moldavie. Lors de la première projection à Cannes, le cinéaste s’exprimait ainsi : « J’ai le sentiment que depuis trente ans, depuis que l’Ukraine est indépendante, nous nous sommes appropriés les aspirations des générations antérieures, nous voulons vivre à l’écart de la sphère d’influence de l’empire soviétique. Pamfir est un père qui veut ce qu’il y a de mieux pour son fils et qui fait tout pour y parvenir, y compris tenter l’impossible. Plus nous réfléchissons à notre identité et aux raisons pour lesquelles nous sommes en guerre, plus nous prenons conscience que les fondements de ce combat pour la liberté ne remontent pas à dix ou trente ans, mais à des siècles. »

Pamfir est un récit à l’intrigue très simple, comme le sont les tragédies antiques, et comme le sont aussi les westerns, au carrefour de différentes cultures à travers le carnaval Malanka (nouvel an Ukrainien) durant lequel l’histoire se déroule, dans la région de Tchernivtsi où se mêlent Roumains, Moldaves et Arméniens et où les habitants croient en Dieu, en la Sainte Trinité, tout en obéissant à des rites païens ou en consultant des voyants ! Mélange de traditions païennes et chrétiennes, Malanka est associé à la mort et à la résurrection qui lui succède. Comme dans un western, Pamfir et les autres personnages du film ont cette force archétypale qui caractérise aussi les tragédies. Ancien contrebandier repenti, il retrouve femme et enfant après de longs mois d’absence. Lorsque son fils se trouve mêlé à un incendie criminel, Pamfir se voit contraint de réparer le préjudice. Mais devant les sommes en jeu, il n’a d’autre choix que de renouer avec son passé, de pactiser à nouveau avec les truands de cette ville frontalière et toute la chaîne de corruption qui en régit les rapports sociaux. Et là on rejoint un autre genre dont Pamfir pourrait aussi se revendiquer, le polar façon James Ellroy, où toute la ville est corrompue jusqu’à la racine et ne peut se purifier que dans la violence, où toute tentative de rédemption finit par se révéler illusoire, comme celle du personnage de Carlito dans L’Impasse de Brian de Palma.

Formellement brillant, le film se dessine en surimpression sur un arrière-plan aux motifs qui en soulignent subtilement la nature tragique et ancestrale. Il mêle couleurs sanglantes, formes primitives du carnaval, au feu, à la violence du récit, et à des personnages superbement interprétés, avec au centre la figure de Pamfir, dont la brutalité marmoréenne et la détermination portent cette histoire de guerre personnelle contre le destin, dans une région frontalière, sur ces limites ténues et floues entre les cultures, les peuples, où tout n’est que confusion et chaos.