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LA BÊTE

Écrit et réalisé par Bertrand BONELLO - France 2023 2h26mn VOSTF - avec Léa Seydoux, George MacKay, Guslagie Malanda, Dasha Nekrasova... Librement adapté de la nouvelle de Henry James, La Bête dans la jungle.

Du 07/02/24 au 27/02/24 à Tournefeuille

LA BÊTEDans un futur proche où règne l’intelligence artificielle, les émotions humaines sont devenues une menace. Pour s’en débarrasser, Gabrielle doit purifier son ADN en replongeant dans ses vies antérieures. Elle y retrouve Louis, son grand amour. Mais une peur l’envahit, le pressentiment qu’une catastrophe se prépare…

Quelle est donc cette « bête fauve tapie dans la jungle », qui a inspiré coup sur coup deux cinéastes ces derniers mois : Patric Chiha avec son plus minimaliste La Bête dans la jungle et Bertrand Bonello avec ce vertigineux La Bête ? […] C’est un jeu étrange, fascinant et inclassable auquel [ce dernier] nous invite. Le fil narratif de La Bête n’est pas si évident mais la démarche de Bonello est généreuse et invitante. Il faut savoir se perdre dans ce labyrinthe, et y prendre un grand plaisir, tout en distinguant ici ou là des lumières qui nous guident : le réalisateur parle d’ailleurs « d’émotions directes dans un film complexe ». Voilà qui est illustré lors d’une scène au début du récit, où la pianiste Gabrielle (Seydoux) avoue ne pas tout comprendre à la partition de Schönberg qu’elle doit jouer. « Ce n’est pas grave », lui dit-on, « c’est vrai », conclut-elle.

La Bête parle d’un amour fou, d’un amour qui voyage et d’une peur qui pétrifie. « Les protagonistes s’abandonneront-ils enfin à l’amour ? » pourrait être l’argument de bien des mélodrames. Mais il est difficile de réduire La Bête à un genre, à une lecture. C’est un chaos sublime (« il y a sûrement de belles choses dans le chaos » entend-on durant le film), avec différents tons, différents genres, différents formats d’images, différents temps. Quelle porte allons-nous ouvrir, y-a-t-il seulement une issue ? Le déroulé imprévisible de La Bête est une grande joie et fait ressentir l’ivresse d’un saut dans le vide comme on n’en a peut-être plus connu dans le cinéma français depuis Holy Motors de Carax […].
La Bête est un film de genre, et de genres au pluriel. Cela peut-être de la science-fiction comme le suggère l’argument du film, mais cela vient aussi de la mise en scène de Bonello : un plan en plongée sur le parvis de la BNF suffit à inscrire La Bête dans un climat de SF. C’est un film de fantômes, dont les silhouettes réapparaissent dans un Paris d’antan, et où l’influence de Shining paraît forte : il y a des citations (comme ce barman échappé de l’Overlook) mais il y a surtout une manière chez Kubrick comme chez Bonello d’installer un sentiment de menace permanente qui viendrait du moindre détail.
C’est aussi un film d’horreur, dans son expression la plus populaire. L’ensorcelant segment à Los Angeles emprunte au slasher, le minois et la coupe de Léa Seydoux semblent être une recréation de Drew Barrymore dans Scream, et le cinéaste cite l’excellent thriller horrifique Terreur sur la ligne de Fred Walton comme l’une de ses références… Quelle est, dans un inépuisable manège d’émotions, cette « bête fauve tapie dans la jungle » et qui poursuit Gabrielle ? Est-ce un fantôme, une poupée grotesque, un amour perdu ? Ce collage sentimental démesuré possède un rare pouvoir de ravissement ; c’est un pari fou rempli de risques mais, comme il est prononcé dans La Bête : « un risque c’est beau, c’est fort, c’est vivant ».
(N. Bardot, lepolyester.com)