ATTENTION ! DERNIÈRE MINUTE : pour des raisons indépendante de sa (très bonne) volonté, Fabrice Nicolino, ne sera finalement pas parmi nous pour la projection de TOUS COBAYES ! le 18 novembre prochain.
Nous serons cependant en bonne compagnie (Alimenterre, Science
citoyenne, Manger sans paysans, etc.) pour discuter du film et de ses
suites.
Je vous invite par ailleurs à lire le billet publié par Fabrice Nicolino sur son blog PLANÈTE SANS VISA (un billet passionnant, long, dense, argumenté) pour comprendre le tir de barrage, la volée de bois vert médiatique que le Prof. Seralini s’est mangée à peine étaient révélés les résultats de son étude sur la nocivité des OGM. Il y est question de l’intégrité du chercheur et du sérieux de ses travaux, bien sûr, mais il donne également sur ses plus fervents contempteurs de précieuse informations, ainsi que sur l’EFSA, acronyme anglais pour Autorité européenne de la sécurité des
aliments, pas vraiment à l’abri de soupçons de conflit d’intérêt et qui a eu la charge d’étudier
l’étude Séralini… “avec les mêmes experts que ceux qui avaient
donné le feu vert au maïs OGM si gravement mis en cause par ce même
Séralini.”
Vous trouverez l’article au bout de ce lien (et je serais vous, j’aurais vite fait de m’abonner au flux RSS de Planète sans visa, ça déménage) :
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En bonus, ci-dessous, le billet de Jean-Luc Porquet, paru dans le Canard Enchaîné et repris dans nos pages, sur l’étude Séralini, et le papier de Patrick Pirot dans Politis.
Mais pourquoi donc les médias
tombent-ils tous à bras raccourcis sur l’étude menée par Gille-Eric
Séralini sur les OGM,en même temps que sur le film que Jean-Paul Jaud
lui a consacré, Tous cobayes ?… ? Le Canard enchainé, qui reste un de
nos volatiles préférés, donne dans son numéro du 26 septembre un point
de vue on ne peut plus sain et pertinent sur le mauvais tour joué à une
multinationale sans foi ni loi et à des pouvoirs publics toujours
complaisants dans l’expertise sanitaire de très nombreux produits jetés
en pâture au cochon de citoyen… On rappellera que ce vilain Canard est
un des rares à pouvoir conserver une liberté de ton qui doit beaucoup à
sa totale indépendance économique… Une indépendance rare dans les médias
d’aujourd’hui…
De toute façon il n’a pas choisi les bons rats. Deux ans de travail,
mais en se trompant de cobayes ! Ce professeur Séralini est décidément
bien niais. Il n’y connait rien. D’ailleurs, c’est un mi-li-tant,
puisqu’il se revendique anti-OGM. Donc il est de parti pris. Alors que
tous les autres, les pro-OGM, font preuve d’une impartialité qui les
honore. Non seulement ce Séralini a choisi la mauvaise souche de rats,
mais il n’en a pas pris assez : 200 rats, ça ne suffit pas pour faire de
bonnes statistiques…
Bon, on le voit, c’est un vrai tir de
barrage qui a accueilli l’étude de Séralini, selon laquelle les rats
nourris avec le maïs transgénique Monsanto NK 603 développent beaucoup
plus de tumeurs que les autres et meurent de façon nettement plus
précoce. Il est vrai qu’il l’a bien cherché, en lançant son étude
scientifique comme une savonnette, avec plan média orchestré par une
agence de com’, exclusivité accordée au Nouvel Obs avec titre à
sensation (Oui les OGM sont des poisons), documentaire sur France 5,
film en salles, bouquin signé Séralini (chez Flammarion) et autre
bouquin signé Corinne Lepage (Chez Charles Léopold Mayer). Et là, il y a
de quoi tiquer : est-ce ainsi que doit avancer la science ? Pourquoi
Séralini s’est-il adressé à deux fondations privées, dont celle de
Gérard Mulliez, le patron d’Auchan, pour décrocher les 3,2 millions qu’à
coûté son étude ? Pourquoi ce genre de recherche n’est-il pas mené par
des organismes d’État impartiaux et hors de toutes influence ?
En
lisant Tous cobayes !, le bouquin de Séralini, on a un début de
réponse : parce que l’État n’est pas impartial. Parce que « le ministère
de la Recherche incite les directeurs de laboratoire à collaborer avec
les industriels de façon à financer leurs activités ». Parce que États
et industriels marchent main dans la main et gare aux gêneurs. Dernier
exemple en date : la rude et longue bataille qu’a dû mener Irène Frachon
contre experts et autorités en tout genre pour faire éclater le
scandale du Médiator. Au long de sa carrière, Séralini en a vu des
vertes et des pas mûres : autorités de l’Inra et du CNRS qui se
désolidarisent des études, crédits de recherche supprimés, violentes
attaques ad hominem, notamment quand Marc Fellous, président de la
Commission du génie biomoléculaire, l’a traité de « chercheur qui se
prétend indépendant alors que ses études sont financées par
Greenpeace », de « marchand de peur » dont les déclarations médiatiques
sont systématiquement contestées par la « communauté scientifique »
(Fellous a été condamné pour diffamation).
Tout cela, évidemment,
ne prouve pas que Séralini a raison. Son étude, comme bien d’autres
avant elle, peut être entachée d’erreurs, rectifiée, si ce n’est
contredite par des recherches ultérieures. Que la science avance à coup
de controverses, c’est normal. Mais cette affaire montre l’existence
d’un climat détestable. Que des chercheurs qui se veulent à
contre-courant en soient réduits à utiliser des méthodes marketing pour
se faire entendre, cela prouve, s’il en était besoin, que la recherche
publique n’est pas toujours ce qu’elle prétend être : indépendante,
au-dessus des jeux d’intérêts, guidée par le seul soucis de la vérité.
De plus en plus elle penche du côté des lobbies industriels et néglige
les simples citoyens…
Jean-Luc Porquet
Le Canard enchaîné du 26/09/12
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pioché dans Politis : Gilles
Séralini, Professeur de biologie moléculaire, chercheur à l’Institut de
biologie fondamentale appliquée, codirecteur du pôle « risques, qualité
et environnement durable » à l’université de Caen est, depuis une
quinzaine d’années, expert auprès du gouvernement français, de l’Union
européenne et de quelques pays étrangers. En 2008, ses travaux lui ont
valu le rang de chevalier de l’Ordre du mérite. Cependant l’homme n’est
pas du genre tapageur ni coureur de plateaux…
Le biologiste est
d’abord identifié pour ses recherches sur le Round-up, l’herbicide phare
des biotechnologies Monsanto. Mais c’est au sein du Comité de recherche
et d’information indépendantes sur le génie génétique (Criigen) qu’il
commence à se tailler une réputation « d’anti OGM ». Ce groupe
international d’experts sur les risques des biotechnologies, créé en
1999 par Corinne Lepage, conteste depuis des années la validité des
études sanitaires présentées par Monsanto pour faire valider ses maïs
OGM…
Aujourd’hui, avec la publication de l’étude de son équipe dans
FOOD AND CHEMICAL TOXICOLOGY, revue à comité de lecture scientifique, le
travail de Séralini atteint une forme de consécration professionnelle :
alors que la recherche publique en bio-technologie est de plus en plus
cadenassée par les firmes, il est parvenu à mener, avec des moyens
détournés et quasi clandestins, une investigation qui remet comme jamais
en question l’innocuité supposément démontrée des OGM sur la santé. Une
petite bombe qui touche les pouvoirs publics et leurs agences
sanitaires, soulignant leur coupable absence d’impartialité face au
monde des biotechnologies. »
Patrick Piro
Politis du 27/09/12