samedi, juillet 28 2018

SÉANCES BÉBÉS

Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouce, ou pousse un petit cri en dormant. On évite les films trop violents, on baisse un peu le son, s’il nous semble trop fort…

Voici les horaires des prochaines séances “bébé” :

- lundi 6 août à 17h15 Parvana

- lundi 13 août à 17h30 Bécassine

- lundi 20 août à 18h15 Au poste

- jeudi 23 août à 17h30 Under the tree

- mardi 4 septembre à 14h Mon tissu préféré

 

 

 

 

 

 

 

 

vendredi, juillet 27 2018

CINÉ TRICO'THÉ, LE RETOUR!

 

 

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On reprend les bonnes habitudes et on se retrouve le premier samedi du mois de septembre pour tricoter, se raconter les vacances, siroter un thé glacé, s’échanger des trucs et astuces en tout genre … et puis aussi discuter du film que l’on aura regardé ensemble.

Cette fois ci nous avons choisi MON TISSU PRÉFÉRÉ réalisé par Gaya Jiji, pour plus d’info sur le film ==> http://www.cinemas-utopia.org/montpellier/index.php?id=2566&mode=film

La séance devrait se terminer vers 15h35, pour celles et ceux qui auront déjà vu le film, on se donne rdv dans ces eaux là dans le hall du cinéma !

 

Et si vous ne savez pas tricoter, rejoignez nous simplement pour discuter !

L’événement facebook : https://www.facebook.com/events/2137578273159745/

jeudi, juin 14 2018

OPÉRATION : UNE AFFICHE POUR TOTORO

Ça nous est venu comme une fulgurance ! 

Et si nous organisions un concours d’affiches pour MON VOISIN TOTORO ?! 

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jeudi, janvier 25 2018

Le cinéma français pète la forme! (Paraît-il…)

Résolument positif, comme chaque année, le communiqué de la ministre de la culture vient de sortir, relayé par les médias unanimes qui se congratulent béatement : Youpie ! Tout va bien pour la France en marche ! 209 millions de tickets vendus, soit à peine 4 millions de moins que l’an dernier et la part des films français progresse de façon vertigineuse +2,6 % pour atteindre 37 % du marché (elle n’était que de 44,5 % en 2014), tandis que le cinéma américain en perdant 8 % passe au dessous de la barre des 50 %. Le reste du monde se partage le reste, soit : 15,1 % des billets vendus en France (les détails par ici).

Pour modérer l’enthousiasme général, il faut tout de même préciser que chaque jour s’ouvrent des salles nouvelles dans tout l’hexagone : pas moins de 102 nouveaux écrans avaient ouvert en 2016, gageons qu’il n’y en a pas eu moins en 2017 et 2018 devrait encore rajouter une palanquée de fauteuils aux 1,1 million de fauteuils déjà existants. La métropole de Montpellier ne fait pas exception, qui s’est dotée cette année au nord de 8 nouveaux écrans, sis dans un énième hangar à pop-corn - lunettes 3D, fauteuils vibromassants, navets transgéniques et tout le toutim. Globalement, et pour résumer la situation : si les entrées cinéma se maintiennent à peu près, cela signifie que c’est au prix d’investissements privés ou / et publics constants et que le nombre moyen de fessiers qui se posent chaque année sur un fauteuil est plutôt à la baisse. Par contre, la production ne cesse de progresser en raison de la multiplication des moyens de diffusion autres que la salle de cinéma qui provoquent un appel grandissant de films et séries…

Par ailleurs, le cinéma français se porte comme un charme ! Dit toujours la ministre qui se réjouit parce que 17 films français dépassent pour la première fois le million d’entrées. Mais quels films ? Raid dingue (4,6 millions), Valerian (4 millions), Alibi.com (3,6 millions)… et du côté américain ce sont Moi, moche et méchant, Star Wars 8, Baby boss, Fast and Furious 8, etc. qui font le gras des entrées des salles françaises… y compris d’ailleurs de beaucoup de salles « classées » Art et essai, un classement dont les critères se sont au fil des années tellement assouplis que le label en perd sa pertinence. Tous ces films étant, bien entendu, diffusés par de bonnes grosses compagnies intégrées : les distributeurs indépendants, partenaires privilégiés des salles indépendantes dont nous sommes, s’ils participent pour une bonne part au renouvellement du cinéma et cultivent sa diversité, ont une économie beaucoup moins rutilante… et sur les 716 films distribués en France en 2016, la plupart ont coûté plus qu’ils ne rapportent à leurs auteurs comme à leurs producteurs et distributeurs… qui se retrouvent parfois en grande difficulté, tandis que certaines productions ne sortent même plus sur des écrans de cinémas.

Du côté de l’art et essai, on n’a pas encore les résultats définitifs, mais pour notre part nous sommes plutôt contents des résultats. Sous les auspices bienveillants de Ste Bernadette, le cinéma Utopia de Montpellier termine l’année à 104 036 entrées, soit, avec une baisse de 1,5 %, quasiment la même fréquentation qu’en 2016 (crû exceptionnel pour les cinéma Art et essai). À ce qu’on entend de nos confrères, pour la plupart à la peine, c’est mieux que bien. D’autant plus mieux que notre petit complexe de 3 écrans, à l’écart de l’attractivité du centre-ville, dispose en tout de 261 fauteuils et ne cède pas un pouce de terrain quant à l’exigence de sa programmation. Ce qui nous laisse espérer le meilleur pour 2018 puisqu’une profusion de films passionnants pointent leur nez.

Quoi qu’il en soit, l’enthousiasme général nous semble un poil excessif et on pressent qu’il va falloir continuer à bouger nos fesses pour vous entraîner sur les chemins de traverse. Ce début d’année est superbe et si on maintient dans la durée deux des plus gros succès français de 2017 programmés en « continuation » (Le Sens de la fête et Au revoir là-haut, on rêve pour eux comme pour le très tonique 120 Battements par minute une pluie de récompenses aux Cesar®), on vous signale au passage qu’au-delà de la rencontre avec sa réalisatrice Agnès Fouilleux le 30 janvier, le très, très beau film Etre plutôt qu’avoir sera longuement programmé à Utopia. Tenez, en voilà, du cinéma français qui suscite l’enthousiasme ! Bourré de désir et d’invention, avec du chien, de la tenue, et qui compense les millions d’euros absents de son budget et les aides institutionnelles qu’il n’a jamais reçues par une énergie communicative et une foi inébranlable dans son sens et son utilité. On ne saurait trop vous inciter à rameuter les foules, à nous demander des séances sur mesure pour groupes. Au vrai, qu’il soit français, tongien, croate, bolivien, ou inuit importe peu : ce film mérite vraiment le vrai, beau succès que vous lui ferez.

mardi, janvier 9 2018

Utopia à la radio, en modulations de fréquences et sur le web

Utopia est régulièrement invité par FM Plus et Béatrice Malige à parler de la programmation, de l’animation, bref : de ce qui fait l’actualité de ce cinéma à la lisière de Montpellier. On peut écouter les émissions en direct en réglant sa radio sur 91 MégaHz ou en ballado-diffusion - bien pratique pour (ré)écouter à son heure en travaillant, en faisant du vélo, du tricot… - à partir de ce lien : http://www.radiofmplus.org/author/bmalige/

lundi, octobre 16 2017

APPEL À PARTICIPATION

À force de tricoter bien au chaud, en papotant au ciné, un projet est né :

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lundi, août 14 2017

Après «120 BPM», épargnez-nous vos louanges

Tribune de Didier Lestrade, journaliste, écrivain, cofondateur d’Act Up et de Têtu, parue dans Libération le 30 mai 2017

 

Il y a encore deux mois, ma mère me disait à table : ­«Didier, tu as tout fait contre le sida, c’est bien, maintenant, il faut que tu tournes la page et que tu écrives sur autre chose.» Je lui ai répondu : «Mais je sais maman ! Tous mes amis me le disent depuis des années, rassure-toi, je n’ai plus rien à raconter.» Et bingo, 120 Battements par minute reçoit le grand prix à Cannes. 

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dimanche, février 26 2017

Mangez-vous les uns les autres (petite histoire du cannibalisme au cinéma)

Et si le cannibalisme organisé était, face à la pénurie future des ressources alimentaires, une solution d’avenir ? C’est l’hypothèse émise dans Soleil Vert en 1973. Le cannibalisme, tabou ultime de nos sociétés occidentales, a été pratiqué partout et en tout temps, la transsubstantiation chrétienne étant le premier des cannibalismes symboliques. Le cinéma en a fait un ressort fascinant tant dans ses représentations coloniales que chez Pasolini, où il devient, à l’opposé, l’arme symbolique ultime de l’anarchiste dans Porcherie. Il eut son heure de gloire en Italie à la fin des années 70, quand Ruggero Deodato et ses suiveurs en firent un genre, mêlant fascination pour les espaces vierges et talent pour le cinéma d’horreur extrême. Plus tard, Claire Denis ou Olivier Smolders virent dans le cannibalisme l’expression ultime des désirs inassouvis.

A partir d’entretiens réalisés avec Ruggero Deodato, Olivier Smolders et le performer chinois Zhu Yu, Jean-Jacques Rue a exploré la face cachée de la représentation anthropophagique au cinéma montrant, avec irrévérence, combien elle fut un enjeu idéologique autant que cinéphilique.

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mardi, février 7 2017

Le cinéma à la radio

Depuis le début de l’année 2017, nous sommes invités à venir parler des films que nous vous proposons en salles dans l’émission “Vu à la radio” animé par Halim Bouzid

 

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dimanche, janvier 29 2017

Ciné-Concert /// Séances Spéciales Scolaires

Il reste encore quelques places pour les


SÉANCES SPÉCIALES SCOLAIRES

Jeudi 30 mars 2017

CINÉ-CONCERT

Flip the frog

mis en musique par

 
Tana & the Pocket PhilHARMONIC

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mardi, octobre 18 2016

Ouverture de la salle 3 !

Vous êtes venus nombreux dimanche 9 octobre pour fêter et accueillir notre 3ème petite salle, nous vous en remercions chaleureusement !

Elle ouvre officiellement demain et comme pour ses grandes soeurs, la première séance sera à 12h05 ! On compte sur vous pour l’honnorer comme il se doit !

Merci à Odile Dufant pour les photos !

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mardi, septembre 13 2016

SMALL IS BEAUTIFUL !

Ouverture de la 3e salle du cinéma Utopia dimanche 9 octobre à 11h. Probablement l’une des plus petites, les plus douillettes et les plus chaleureuses des salles de cinéma existantes. Apéro offert par le cinéma, les portes de la petite dernière sont ouvertes toute la journée. Premières séances publiques à partir du 19 octobre.

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samedi, avril 30 2016

Bonne nuit les petits - des nouvelles de la censure…

Les ours-e-s en peluches, les jouets et marionnette de Mathias Théry et Etienne Chaillou rerpésenteraient une menace pour l’ordre public et on ne s’en serait même pas rendu compte ? On n’en revient pas. Pourtant c’est écrit dans Télérama, le Maire d’Argenteuil Georges Mothron (les Républicains) a fait déprogrammer deux films qui devaient être montrés au centre culturel Le Figuier Blanc : 3000 Nuits, une production franco-palestinienne, réalisée par Maï Masri et notre chouchou du mois, La Sociologue et l’Ourson, de Mathias Théry et Etienne Chaillou.

Une pétition a été mise en place pour réclamer leur reprogrammation.

 

Mon gars Georges. Forcément, ça fait hurler. Forcément, ça fait jaser : ce n’est certes pas la première fois (ni maheureusement la dernière) qu’un élu se comporte en petit despote (mal) éclairé en prenant le pouvoir sur la programmation de ce qu’il estime être “son” cinéma municipal. Généralement ça prend la forme d’un licenciement, mais le coup de la censure n’est pas rare non plus. De fait, la censure de 3000 nuits vient après une longue liste de films palestiniens déprogrammés et de directrices-teurs de salles de cinéma, à Montreuil, à Dunkerque, démis de leurs fonctions pour avoir voulu donner un éclairage différent, via le cinéma, à la situation israélo-palestinienne. La censure qui frappe La Sociologue et l’Ourson a, elle, un parfum plus récent - mais tout aussi rance, qui rappelle les invectives, les salissures qui ont accompagné les débats du côté de la “Manif pour tous” - et dont le film, justement, arrive à s’extraire.

« Résister c’est créer », « l’expression culturelle, la liberté de l’artiste doivent être défendues. », « résister, c’est s’ouvrir à l’autre. Créons, partageons les récits et nos histoires pour raconter l’Histoire » on trouve ces belles formules dans l’édito du programme de saison du centre culturel Le Figuier Blanc. Cocasse, non ? Oui, je sais, elles sont signées du diable - pardon, du Président (socialiste) de l’agglo de Montreuil-Bezons. Mais je dois dire que, chapeau, ton acte de bravoure les rendent particulièrement savoureuses.

 

« (…) En ces temps troublés, des sujets tels que ceux-là peuvent rapidement mettre le feu aux poudres dans une ville comme Argenteuil. Dans un souci d’apaisement (…) la ville a préféré jouer la sécurité en ne diffusant pas ces films, évitant ainsi des réactions éventuellement véhémentes de certains. », dis-tu au Parisien. Certes, Georges, les temps troublés, le feu, la poudre, tout ça… je comprends que tu sois a-priori soucieux de la sécurité de tes concitoyens. En l’espèce, il aurait sans doute été utile que tu jettes un œil, même rapide, au documentaire presqu’animalier, charmant, généreux et passionnant que tu as fait dégager des écrans de “ta” ville. Tu aurais immédiatement compris qu’il n’y avait vraiment pas là de quoi casser trois pattes à un canard ni faire rouler sous la table trois grains de chapelet. Et tu aurais probablement insisté pour que ton adjoint à la culture, fervent soutien à ce qu’on en lit de la “Manif pour tous”, aille également à la rencontre du film et du public. Tiens, en lisant cette info j’ai immédiatement pensé à cette chanson de Thomas Fersen, ça s’appelle Georges, c’est charmant, malin et aussi peu provocateur que possible - on dirait un film de Mathias Théry et d’Etienne Chaillou. Et quand tu auras digéré cette polémique un peu pathétique, tu iras voir La Sociologue et l’Ourson, que tu programmeras avec le même plaisir que nous avons eu, programmateurs, à le partager largement autour de nous.

 


Thomas Fersen - Georges par Druggy

lundi, avril 25 2016

Paul Va au cinéma Utopia

Nous programmons trois courts-métrages récompensés du prix du public lors de l’édition 2016 du festival Paul va au cinéma. Il s’agit de Beau Rivage de Mathilde Fénétrier, Une Riposte de Marie Brulé et Le bel âge de Léonard Sarran.

Beau Rivage de Mathilde Fénétrier a été primé dans la Sélection Film d’Ecole et BTS. Il dure 16 min et sera présenté mercredi avril 27 à 13h50, et samedi avril 30 à 20h en complément du film Good Luck Algeria.

Dans sa maison de retraite en bord de mer, Isabelle, une ancienne danseuse, a du mal à accepter son déclin. Elle se raccroche à la correspondance unilatérale qu’elle entretient avec l’homme qu’elle a aimé.

Une Riposte de Marie Brulé et Mélody Brugère a été primé dans la Sélection Documentaire-Université. Il dure 6 min 33 et sera présenté samedi 30 avril à 16h30 et puis lundi 2 mai à 17h45 en complément du film Merci Patron.

Le court-métrage montre d’une manière empathique comment un groupe de jeunes femmes s’organise face aux violences quotidiennes qu’elles subissent. Une série de portraits et de témoignages permettent de comprendre ce qui se passe dans les rues tous les jours et comment ces femmes en viennent à adopter la violence en réponse à la violence. Le court-métrage nous invite à nous demander ce que nous en tant que les individus pouvons faire pour que les femmes se sentent en sécurité et libres de sortir et faire leur vie.

Le bel âge de Léonard Sarran a été primé dans la Sélection Fiction – Université. Il dure 15min et et sera présenté mercredi avril 27 à 16h35 et dimanche mai 1 à 15h en complément du film La sociologue et l’ourson.

Dans le court-métrage une septuagénaire, Jeanne qui usurpe l’identité de sa petite fille, Cléo, sur un site de rencontre. Le problème s’installe quand Jeanne se laisse séduire en ligne par Louis un homme beaucoup plus jeune qu’elle.

jeudi, février 18 2016

Ciné Trico'thé en images

 

vendredi, janvier 29 2016

CINÉ TRICO'THÉ

Hier, samedi 13 février après la séance de CAROL a eu lieu la 2ème édition de notre CINÉ TRICO’THÉ

En attendant la prochaine fois (on ne sait pas encore quand mais on vous dit vite !), voici quelques photos (Merci Odile !)

 

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jeudi, novembre 12 2015

Le côté obscur de la farce…

À moins d’être exilés seuls sur Mars, aux confins de la galaxie, à des années-lumières de la Terre, hors de l’attraction de l’indépassable civilisation occidentale, il est impossible depuis des semaines d’échapper au bruit médiatique de la déferlante Starwars. Mais si, vous savez bien : cette série de films plutôt malins, initiée avec des bouts de ficelles, peu de scénario et beaucoup d’ingéniosité dans les année 70 (au XXè siècle, il y a une éternité) et qui recycle à la sauce intergalactique – et il faut bien le dire avec de moins en moins de bonheur - les grandes sagas mythologiques d’antan… bref. Starwars 007 déboule aujourd’hui, en 2015, sur les écrans. Le petit space-opéra sympatoche est devenu une franchise lucrative et un produit d’appel faramineux pour vendre du temps de cerveau disponible, le mastodonte Disney a investi un pognon colossal pour se l’approprier (on souhaite à l’heureux vendeur des droits de ne pas mourir étouffé sous son matelas de billets craquants), il n’est donc pas imaginable, mesdames et messieurs, que la sortie du nouvel opus ne soit pas un événement planétaire. Et de fait…

En Suède un allumé affublé d’un masque de Dark Vador zigouille à coup de sabre des gamins dans une école. En Ukraine, en vertu d’une loi sur la « décommunisation » de l’espace public qui engage à faire du passé table rase, les employés et riverains de l’usine PressMach d’Odessa ont la géniale idée de fondre la statue de Lénine pour la remodeler en Dark Vador! Certes, le bronze est toujours là, il a juste muté pour s’adapter à l’air du temps et l’air du temps a un drôle de parfum. En 2014 un candidat à la mairie de Kiev fait campagne déguisé en Dark Vador: « Moi seul peux faire un empire de notre république, lui redonner sa gloire passée, lui rendre ses territoires perdus et sa fierté… » Et le 19 octobre 2015, l’Histoire s’arrête. Une information capitale fait la une des journaux écrits, radiodiffusés et télévisés, renvoyant dans les limbes le tout venant éditorial (scandale des jets privés qui éparpillent du migrant aux quatre coins du territoire pour désengorger Calais, installation du FN au centre des élections régionales à venir, tentative de médiation de John Kerry auprès de Netanyahu…) : les réservations sont ouvertes (et prises d’assaut) pour les premières séances de Starwars. Starwars qui ne sortira que deux mois plus tard. Impossible d’échapper à la déferlante mondiale : Dark Vador fait triomphalement son entrée au Louvre….

 

Le réveil de la farce

 

Dans ce contexte, un débat aussi fiévreux qu’affligeant agite en ce moment le petit monde des salles Art et Essai, contaminées elles aussi par le virus pernicieux: faut-il programmer Starwars épisode 7 sur nos écrans pour faire bouillir la marmite et faut-il saisir la médiatrice du cinéma pour exiger que le distributeur Walt Disney donne une copie aux salles Art et Essai ? Car Picsou, qui n’a pas les deux pieds dans le même sabot, a facilement convaincu Disney de privilégier autant que possible les cinéma dont les tarifs déjà exorbitants, augmentés du supplément 3D (oui, ce sera 3D quasi obligatoire pour tous), lui assureront une rentrée maximale de pépettes. Et à la surprise générale, pour un nombre conséquent d’estimés confrères, la réponse est : oui. Oui, il est urgent de rajouter de la visibilité et de l’espace d’expansion, un 1001è écran, à l’incontournable « événement cinématographique de la fin d’année »… Au nom de leur Liberté de Programmation, de la Liberté d’Expression qu’on assassine, ils ont lancé une pétition auprès des spectateurs pour qu’ils les soutiennent dans leur quête… En essayant de se et nous persuader que le nivèlement et l’uniformisation favoriseraient, à terme, la diversité. Tout ceci ne serait pas bien grave si, à force de brouiller les messages, les images et l’écoute des spectateurs, ce genre de démarche ne mettait en danger, à notre sens, cette fameuse diversité pour laquelle nous ne cessons de nous battre. Après cela, allez donc argumenter sur la nécessité de bâtir des lieux spécifiques, à taille humaine, propices à accueillir ce cinéma humain que nous aimons tant, qui nous rapproche les uns des autres et nous ouvre en grand des fenêtres sur le vaste monde. Si tout se vaut, allez donc convaincre les distributeurs que leurs films seront défendus ici comme nulle part ailleurs, parce qu’amoureusement choisis et présentés… je ne vous dit pas comment on va ramer pour rattraper le coup.

Tiens, pour se mettre du baume au cœur, on vous livre un scoop. Un vrai. Le 9 décembre, quasi-en même temps que le gros machin sus-nommé, sort sur les écrans d’Utopia un bijou islandais réalisé par un gars au nom chez nous imprononçable (essayez pour voir : Grímur Hákonarson). BÉLIERS, film rare, enneigé, surprenant et émouvant, a raflé le prix « Un certain regard » au dernier Festival de Cannes. Celui-là, on sait que les temples-multiplexes, édifiés pour la gloire de Disney et de Dark Vador, ne sauront même pas qu’il existe. Et nom de dieu, on a hâte de le défendre !

mercredi, septembre 30 2015

BROOKLYN, encore

Elle est simplement bluffante dans le rôle-titre de Brooklyn, le film inattendu qui enchante le cinéma en ce début d’automne. KT Gorique prépare un album (“Tentative de survie”) et a mis en ligne une mixtape de 7 titres, logiquement intitulée “Demi tentative (avant l’album)”.

C’est en libre écoute, téléchargement et diffusion sur Haute Culture :

http://www.hauteculture.com/mixtape/7626/demi-tentative-avant-l-album

jeudi, juin 18 2015

«Bye-bye Saint-Eloi»

Observations concernant le réquisitoire définitif du procureur de la République dans l’affaire dite « de Tarnac ».

«Bye-Bye Saint-Eloi» : c’est par cette blague sur le surnom donné au pôle antiterroriste de Paris, la «galerie Saint-Eloi», du lieu où il est situé au palais de justice, que les membres du groupe de Tarnac débutent leur réquisitoire de 35 pages contre la justice que vous pouvez lire en intégralité, par ici !

mardi, juin 16 2015

UNE HISTOIRE DE DINGUES…

On se pince pour le croire, pour se persuader qu’on est bien réveillé, qu’on n’a pas bêtement cauchemardé. Parce que, si on regarde alentour, que ce soit en couverture ou dans les pages intérieures de nos journaux préférés, au long des flashs info des radios publiques ou privées : rien, nib, nada, que dalle sur champ d’azur, il ne s’est rien passé - « circulez, y’a rien à voir » ! Un coup, si on n’avait pas la tête solidement plantée sur les épaules, à se précipiter sur le tas de fumier, aussi nauséabond que fertile, sur lequel s’épanouissent les fleurs vénéneuses, vert-de-gris et bleu-marine, du plus pur conspirationnisme…

Il y aurait de quoi ! Mais non, on n’a pas rêvé – et oui, c’est une histoire de fous… une histoire qui s’est répétée à plusieurs reprises (et deux fois en 48h) et qui laisse perplexe : étaient-ils seulement mal informés, voire un poil incompétents ou est-ce délibérément, pour des raisons moins avouables, que les « Rambo-warriors » du Raid ont déboulé en pleine nuit chez un militant pacifiste, pareil que s’il s’était agi du pire terroriste sanguinaire de la place ?

Sur les coups de 3 heures du matin, une vingtaine de types armés jusqu’aux dents, cassent la porte de l’immeuble ou Pierre habite, puis celle de son appartement, le brutalisent, le menottent à une chaise, fouillent son appartement à la recherche d’armes… Pierre finit par comprendre qu’un abruti (probablement notoire), se faisant passer pour lui, a appelé les flics pour leur dire qu’il venait de tuer sa femme et les attendait fusil à la main… Sarah, sa femme, a beau être là et n’avoir pas l’air du tout d’être un cadavre, les hommes du Raid ont beau ne pas avoir trouvé le moindre pistolet à bouchon, ni arc, ni flèches… ils passent la main à la police locale qui embarque sans ménagement notre malheureux Pierre, qu’ils garderont une dizaine d’heures en garde à vue et finiront par le relâcher, sans explications, sans excuses, sans même lui offrir un café allongé…

Bien évidemment, ça ne devrait rien avoir à voir avec le fait que Pierre – de son patronyme complet Pierre Stambul – est une figure honorablement connue à Marseille et plus largement en France, co-président de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) – et à ce titre forcément sur les tablettes de la Police Nationale. Rien à voir non plus avec le fait que Pierre devait le soir même intervenir à Toulouse dans un débat sur la campagne BDS de boycott des produits israéliens en provenance des territoires occupés de Palestine. Mais 24h plus tard, rebelote : c’est chez l’ancien député du Val-de-Marne Jean-Claude Lefort, ex-président de l’association France-Palestine Solidarité, heureusement absent de chez lui, que les cow-boys débarquaient.

Précisons que depuis plusieurs jours ça s’agitait ferme sur internet, à propos de la soirée prévue à Toulouse : des associations juives, pas du tout pour la paix celles-là, annonçant un déferlement de militants venus de toute la France, prêts à en découdre pour empêcher que s’exprime ce point de vue qui contrarie très fort le gouvernement israélien. Car cette histoire de boycott leur chauffe les oreilles… Dernière affaire en date, celle du PDG d’Orange annonçant qu’il pouvait envisager de cesser de travailler avec Partner au prétexte de son enracinement dans les colonies israéliennes (déclaration suivie d’un vigoureux rétropédalage consécutif à un non moins sérieux soufflage de bronches de son premier actionnaire, l’État français).

Et pourtant ils sont de fait de plus en plus nombreux ceux qui, dans le monde entier, rejoignent la campagne de Boycott, à l’instar de ce qui s’était passé en Afrique du Sud au moment de l’Apartheid : artistes annulant des concerts, cinéastes refusant de participer à un festival, boycott universitaire, entreprises refusant de commercer, consommateurs refusant de consommer etc… et ce malgré les pressions et les répressions diverses… certains menant de véritables campagnes de dénigrement voire de menaces contre tous ceux qui soutiennent un tant soit peu le mouvement…

Si vous voulez en savoir plus :

www.ujfp.org et www.bdsfrance.org

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