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STOP LINKY…
Un petit retour sur la manifestation du Samedi 10 Juin après-midi à Bordeaux. Il faisait une chaleur à sucer des glaçons ! 32°, 34° au moins ! Ouf ! Mais qu’importe, nous avons tenu bon jusqu’au bout, épuisés, trempés comme des soupes, mais debout ! Nous n’étions pas des mille et des cents mais ...

Le programme du Festival Les Tropicales est arrivé !
Le Festival proposé par SoFilm - le magazine « de toutes les cinéphilies » - se tient du Jeudi 6 au Dimanche 9 Juillet en partenariat avec Darwin et Utopia. Vous pouvez télécharger la grille horaire ici (on aura la version papier dans les tous prochains jours…) : Grille-Tropical...

Promenades électromagnétiques à Bordeaux
 Dans le cadre de Sound & the city – InterférencesUne exploration sonore de la ville invisible, Bordeaux, 19 Mai – 2 JuilletCHRISTINA KUBISCH - « Electrical Walks Bordeaux »Promenades électromagnétiques à BordeauxEn partenariat avec le Gœthe Institut de Bordeaux Rencontre avec l&#...

VISITE-GUIDÉE LE BORDEAUX NÈGRE
« Derrière les murs, la condition des hommes »Venez suivre les pas des animateurs de la balade alternative qui vous fera visiter l’autre Bordeaux. « Le secret le mieux gardé » des Bordelais que l’histoire a conduits en Afrique mais aussi dans les Caraïbes.Dimanches 25 juin, 9, 16 et 30 juillet.I...

DYSTOPIA
 Samedi 24 JUIN à partir de 18h, Esplanade Charles De Gaulle - Bordeaux MériadeckLe FIFIB présente : DYSTOPIA Un rendez-vous rétro-futuriste où se confronteront utopies et dystopies urbaines. Au programme : Art urbain par Jean-Luc Feugeas19h : Conférence Cinémarchitecture, en partenariat avec Ar...

Le programme du Festival Les Tropicales est arrivé !
Le Festival proposé par SoFilm se tient du Jeudi 6 au Dimanche 9 Juillet en partenariat avec Darwin et Utopia. Vous pouvez télécharger la grille horaire ici (on aura la version papier dans les tous prochains jours…) : Programme Les Tropicales 2017 (pdf)


AVA

Léa MYSIUS - France 2017 1h45mn - avec Noée Abita, Laure Calamy, Juan Cano, Tamara Cano, Baptiste Archimbaud, Franck Beckman... Scénario de Léa Mysius et Paul Guilhaume.
Film soutenu par la Région Nouvelle-Aquitaine et le Conseil Départemental des Landes, en partenariat avec le CNC. Accompagné par l’Agence Régionale Écla

Du 21/06/17 au 11/07/17

AVADès la première séquence, on sait que ce premier film étonnant va nous plonger dans un univers à la fois sensuel et trouble. Nous sommes quelque part au bord de l'océan (à la pointe du Médoc, saura-t-on plus tard, non loin de Bordeaux) et un long plan séquence assez ébouriffant nous fait découvrir une petite plage puis une jetée où s'entassent de manière anarchique des familles de baigneurs. Au chaos des enfants qui se chahutent et des parents qui crient pour les appeler, répond celui des couleurs vives saturées de la lumière estivale, celles des maillots bon marché, des parasols de plage et des serviettes bigarrées, bien loin de l'ordre bourgeois des plages plus chics d'Arcachon, à quelques dizaines de kilomètres. Mais la caméra s'attache à un étrange chien noir qui contraste avec les couleurs de l'été et qui longe la grève avant de s'arrêter devant une adolescente endormie : il en profite pour lui dévorer ses frites. L'ado, c'est Ava, treize ans, mauvaise tête et un peu renfermée, comme bien des gamines de son âge, qui est là en vacances, dans une ambiance parfois électrique, avec sa mère, aussi extravertie et fofolle qu'Ava est réservée.

Cette première scène n'est pas anodine puisque le chien noir mais aussi le contraste entre la lumière et l'obscurité seront les fils directeurs du récit. Car Ava ne le sait pas encore dans les premières minutes du film, mais cet été est au sens propre le dernier été qu'elle verra de ses yeux puisqu'elle est atteinte d'une rétinite pigmentaire, une maladie dégénérative qui va peu à peu lui ôter toute vision nocturne avant de réduire considérablement la vision diurne à un petit cercle. Face à l'inéluctable, la mère l'a décidé, ce sera leur plus bel été. Mais mère et fille n'en ont pas forcément la même vision, d'autant que la mère, très affairée à sa relation enflammée avec un nouvel amant plus jeune, oublie assez vite de s'occuper d'Ava. Celle-ci va donc prendre le large et faire d'elle-même l'apprentissage de la vie tant qu'elle a encore pleinement ses facultés : ça passera notamment par la rencontre avec Juan, un jeune gitan, propriétaire du fameux chien noir et en délicatesse avec la maréchaussée.
Ce qui est formidable, c'est que le film, dans son énergie et sa manière de montrer la rage de vivre d'Ava, parvient à nous faire oublier le tragique du destin de l'adolescente, ce qui évacue tout l'aspect plombant et impose au contraire un ton pêchu voire joyeux, avec quelques moments franchement cocasses. Durant cet été pas comme les autres, Ava, tout en parcourant le long chemin vers l'acceptation de sa maladie et de ses conséquences, va découvrir l'amour, la sexualité (que le film aborde d'ailleurs frontalement, sans complaisance mais sans fausse pudeur), mais aussi développer ses autres sens pour anticiper ce que sera sa nouvelle vie. Tout ça un peu en marge des conventions et des vies balisées, aux côtés de Juan et de ses amis gitans (très jolie scène de mariage traditionnel que n'aurait pas reniée Kusturica).

Le film, solaire, est porté par le jeu remarquable de ses trois comédiens : la révélation Noée Abita, à la fois mutine et rageuse, au regard charbon comme la nuit qui l'entoure peu à peu ; la toujours épatante Laure Calamy, formidable en mère sensuelle et un chouia irresponsable, ce qui ne l'empêche pas d'être infiniment aimante ; et le jeune Juan Cano, gitan andalou qui joue à merveille ce garçon mystérieux et sauvage, complice actif de l'éveil d'Ava. Léa Mysius, remarquée et primée dans plusieurs festivals pour trois courts métrages qui sortaient vraiment du lot, tout récemment co-scénariste des Fantômes d'Ismaël d'Arnaud Desplechin, s'impose avec ce premier long-métrage comme une réalisatrice plus que prometteuse.