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Liberté pour Georges Ibrahim Abdallah !
En octobre 2014, Georges Ibrahim Abdallah est entré dans sa 31e année de prison. Il est libérable depuis 1999. Mais qui est donc ce prisonnier d’exception que l’Etat français emprisonne depuis si longtemps ?Georges Ibrahim Abdallah est un militant communiste arabe qui, avec les Fractions armées ...

LES SÉANCES « BÉBÉ » de Mars
Les séances estampillées « Bébé » dans les grilles horaires sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveau-né, et se faire une toile pendant qu’il roupille tranquillement dans leurs bras (on met le son un peu moins fort pour l’occasion). Ces séances sont évidemment ouvertes aux ...

99 NON ! Un OUI… Le oui l'emporte…
C’est tout frais, ça vient de sortir pour illustrer la dernière conférence de presse de notre cher Président : il paraît qu’on va nous refiler une couche de démocratie participative, dans la foulée de l’élan national de l’après « 11 Janvier ». Ça tombe bien, ca...

PCA Paysans et Consommateurs Associés
Bordeaux-Vallée de l’Isle site PCA Qui aurait parié ces derniers deniers et ses chaussures en peau de zebi, il y a plus de 10 ans, sur les Amap ? Ces fameuses Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne. Qui aurait dit qu’elles existeraient encore aujourd’hui, voir...

TAFTA
Vous vous souvenez ? Le 20 Mai 2014, à Utopia, nous lancions le Collectif girondin de lutte contre le Grand Marché Transatlantique que nous appelons TAFTA (Trans-Atlantic Free Trade Agreement). Cet accord de libre échange, négocié entre l’Union Européenne et les États-Unis, dans le plus grand se...

BIRDMAN

Alejandro GONZALEZ IÑARRITU - USA 2014 1h59mn VOSTF - avec Michael Keaton, Edward Norton, Zach Galifianakis, Naomi Watts, Andrea Riseborough, Amy Ryan, Emma Stone, Lindsay Duncan... Scénario d'Alejandro Gonzalez Iñarritu, Nicolas Giacobone, Alexander Dinelaris et Armando Bo. 9 Nominations aux Oscars 2015.

Du 25/02/15 au 31/03/15

BIRDMANAlejandro Iñarritu (Amours chiennes, Babel, Biutiful, qui remonte déjà à plus de quatre ans) revient au sommet de sa virtuosité et de son énergie avec cette plongée trépidante dans les coulisses d'un théâtre de Broadway où un acteur hollywoodien sur le retour tente un come-back délirant. Dialogues au cordeau, rythme tendu, distribution exceptionnelle et mise en abyme assez étourdissante, Birdman vous hisse sur ses ailes et vous entraîne dans son tourbillon.
Première scène : Riggan (Michael Keaton, époustouflant, dans un des rôles de sa vie avec Beetlejuice et le flic de Jackie Brown), de dos, médite. Sa sérénité est telle qu'il se met à léviter… En contraste avec son calme olympien, la pièce autour de lui est défraîchie, bordélique, symbole d'agitation et de nervosité : c'est une loge de comédien. Riggan fut autrefois une star du cinéma pop-corn, il tente aujourd'hui un revival intello en adaptant pour la scène des textes de Raymond Carver, et il s'est bien entendu réservé un des rôles principaux du futur spectacle qu'il met évidemment lui-même en scène.

C'est un peu sa dernière chance et il a mis dans le projet tous les espoirs qui lui restent, tout son fric, presque toute sa vie. Pour l'instant il reste englué dans sa gloire passée, dépassée, du temps où il jouait un super-héros adulé, Birdman. Quand on le reconnaît dans la rue – c'est de plus en plus rare – c'est de Birdman qu'on lui parle. Quand un journaliste lui demande un interview – tous les 29 Février – c'est pour savoir pourquoi il a refusé, il y a vingt ans, de rempiler pour Birdman 4… Birdman, encore Birdman, toujours Birdman. Il faut dire que lui-même n'arrive pas à se détacher complètement de ce rôle vampire : il est persuadé – à tort ou à raison, à vous de décider – de posséder deux ou trois super-pouvoirs. Comme celui de faire tomber, par la seule force de sa volonté, un projecteur sur le crâne d'un de ses partenaires, cabotin exécrable qui risquait de foutre son spectacle en l'air avec son jeu ampoulé…
Branle-bas de combat suite à ce regrettable « accident » : il faut trouver un remplaçant au débotté, à n'importe quel prix ou presque, au grand dam de Brandon, le producteur de la pièce, binôme pragmatique de l'incontrôlable Riggan. C'est ainsi que Mike (Edward Norton, génial en agité du bocal) entre en scène, brillant, presque trop, qui connaît son Carver sur le bout des doigts, qui affiche d'emblée des envies de tout remanier à sa sauce…

« C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme » chantait Renaud. Avec Birdman c'est pareil. Le film s'impose immédiatement, vous embarque tambour battant et ne vous lâche plus. Car la séquence zen du début est un leurre. Il n'y aura pas de répit, pas de temps mort. Ça avance en permanence, ça bifurque, ça cogne, ça s'agite, ça barde et les acteurs transfusent constamment leurs émotions de la scène aux coulisses et vice-versa, dans un flux continu – le film semble tourné en un unique et vertigineux plan-séquence –, jusqu'à ce que tout fusionne dans un final en apothéose.
Diablement intelligent et redoutablement efficace – tous ceux qui ont aimé le palpitant Whiplash devraient trouver leur bonheur avec le film d'Iñarritu –, Birdman est à la fois un divertissement de haute volée et une étude sans indulgence – on pourra même la trouver cruelle – des travers de ces spécimen particuliers d'humanité que sont les comédiens et les gens de spectacle en général, qui se débattent tant bien que mal avec leurs passions, leurs désirs, leur besoin d'être aimés. Spécimen particuliers sans doute, mais finalement très représentatifs de notre humanité à nous tous…

(merci à Catherine Lemaire, journal des Grignoux, nos cousins de Liège)