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Mardi 16 mars 18h : rencontre avec Michel Dreyfus autour de son essai « L’antisémitisme à gauche », publié à La Découverte, avec la collaboration de l’UJFP.
Vendredi 19 mars à 18h30 : rencontre avec Charles Juliet autour du tome VI 1993-1995 de son journal Lumières d'automne, publié chez POL.
V...
Le débat numérique
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LE DEBAT NUMERIQUE
9 mars 2010 de 18 h à 19h30, sur le plateau de l’IJBA
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Presse et numérique : le devoir d’innoverLa presse écrite est-elle forcément m...
Howard Zinn n’est plus
C’est avec une grande émotion que nous venons d’apprendre la mort d’Howard Zinn. Cet historien militant nous a fait aimer le peuple des Etats-Unis d’Amérique : femmes, afro américains, indiens, immigrés juifs, ouvriers latino, tous inscrits dans un combat pour l’égalité et la dignité dans une hi...
UTOPIA SUR LES BANCS D'INFAMIE… (3e épisode)
Utopia Avignon, assigné par l’Association Culturelle Juive des Alpilles, a comparu le 15 Février devant le Tribunal de Grande Instance de la ville où le cinéma est implanté depuis plus de trente ans. Le tribunal correctionnel a jugé "nulles et irrecevables" les actions intentées contre Utopia, et a ...
Le Krakatoa a 20 ans !
LE KRAKATOA souffle ses 20 bougies en ce mois de mars 2010.Scène de Musiques Actuelles (SMAC) et Pôle Ressource; Accompagnement incontournables sur la Région, LE KRAKATOA a été créé par l'association Transrock dans une volonté de répondre aux besoins des activistes de ces musiques, qu'ils
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(VALHALLA RISING) Nicolas WINDING REFN - Danemark / GB 2009 1h30mn VOSTF - avec Mads Mikkelsen, Jamie Sives, Gary Lewis, Maarten Steven, Ewan Stewart, Gordon Brown... Scénario de Nicolas Winding Refn et Roy Jacobsen.
Du 10/03/10 au 30/03/10
Quand la lumière s’est rallumée à la fin de la projection, l’enthousiasme des utopiens présents pour ce Guerrier pourtant Silencieux s’est exprimé par un cri primal venu de la salle, qui traduisait assez bien le choc très particulier ressenti à la vision de ce film qui vous entraîne vraiment ailleurs. Et quand on dit ailleurs, on pense à la géographie, à l’histoire, mais aussi au pur cinéma : ça faisait un bail qu’on n’avait pas vu un film d’aventure aussi beau – paysages de landes nordiques immémoriales puis de forêts nord-américaines primitives –, aussi hiératique, aussi inspiré. Un vrai film de vikings qui ne se soucie pas une seconde des impératifs du film d’action, qui allie le sens de l’épique et l’immobilité, l’exaltation et la lenteur, le physique et la métaphysique, les éclats de violence et les ruptures contemplatives Bref à Utopia on est fan de Valhalla rising. Ce ne sera peut-être pas le cas de tout le monde, mais on assume !
Le guerrier silencieux du titre français, c’est l’impressionnant One Eye. Il est muet, borgne et pourtant terriblement sexy (évidemment, c’est Mads Mikkelsen !), et il est retenu prisonnier, enfermé dans une cage, par un étrange clan barbare, qui s’emmerde ferme sur une lande magnifique et désolée et qui a pour seule distraction d’organiser des combats entre leur joujou tout en muscles et leurs meilleurs combattants. Mais comme notre guerrier est porté par la rage de survivre, par une sorte de détermination inflexible, il sort vainqueur de tous les combats et finit par s’échapper avec l’aide d’un mystérieux enfant blond qui sera son guide et sa voix. Leur chemin va croiser celui de vikings christianisés (même si leur christianisme s’accommode assez bien des massacres en tout genre), en quête d’une terre lointaine de l’autre côté de l’océan mystérieux…
Nous n’en dirons pas plus… Mais Le Guerrier silencieux évoquerait le voyage d’Erik Le Rouge, guerrier norvégien dont on pense qu’il aurait découvert Terre Neuve cinq siècles avant Christophe Colomb, que ce ne serait pas étonnant. Comme dit plus haut, et contrairement à ce que pourrait faire craindre le résumé forcément trop rapide de l’intrigue, Le Guerrier silencieux est loin d’être un film de baston basique, même s’il n’esquive pas la violence. Le film est un hommage inouï aux plus grands maîtres du cinéma visionnaire et au cours de la projection, c’est toute une vie de spectateur qui semble défiler. Quand on est dans la lande, avec ces plans très longs qui rendent la splendeur des paysages, on pense à Dreyer, ou à Bergman, avec notamment cet étrange personnage d’enfant blond. Pendant les scènes de guerre shakespeariennes, on pense forcément à Kurosawa (One Eye s’apparente à ces ronins solitaires des films du réalisateur japonais) ou, pour les cinéphiles portés sur le cinéma bis, à la série sublime des Baby Cart, l’Enfant Massacre, où un samouraï trimbalait un jeune enfant dans une carriole aux côtés de ses katanas. Et puis la remontée du fleuve, sous la menace permanente des populations autochtones qu’on ne voit jamais, la folie qui s’empare des Vikings tiraillés par la peur et la solitude face à un monde inconnu évoquent irrésistiblement le chef d’œuvre de Werner Herzog, Aguirre ou la Colère de Dieu, programmé chez nous il n’y a guère, où Klaus Kinski était un conquistador devenu fou, abandonné à l’Amazone.
Mais jamais Le Guerrier Silencieux ne croule sous ces références, et on peut parfaitement être emporté par le film sans avoir vu les œuvres ci-dessus citées… Nicolas Winding Refn impose tranquillement un regard et une singularité incroyables, nous embarquant dans un voyage aux confins méconnus de l’histoire, au bout de l’enfer, au cœur du plaisir du cinéma.
