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LES TROIS SOEURS DU YUNNAN

WANG BING - documentaire Chine 2012 2h28mn VOSTF - Festival des Trois Continents, Nantes 2012 : Grand Prix du Jury et Prix du Public.

Du 16/04/14 au 06/05/14

LES TROIS SOEURS DU YUNNANOn le sait depuis À l'ouest des rails, son impressionnante saga documentaire sur l'agonie d'une région industrielle du Nord-Est de la Chine, Wang Bing est un immense cinéaste. Il nous apparaît comme le parfait alter-ego de Jia Zang-Khe (dont le récent A touch of sin nous/vous a fait l'effet d'une grande claque) : leurs films, d'une force et d'une beauté exceptionnelles, brossent un tableau terrible de la Chine telle qu'elle évolue à marche forcée, en même temps qu'ils offrent à notre empathie des personnages inoubliables. Leur cinéma est d'une folle exigence, tant narrative que formelle, d'une implacable rigueur, et réussit pourtant à être parfaitement accessible, ouvert à qui veut bien prendre la peine et le temps d'ouvrir les yeux, le cœur et l'esprit. L'accueil de ces Trois sœurs du Yunnan au Festival des Trois continents 2012 en apporte la preuve éclatante : le film a remporté à la fois le Grand Prix du Jury et le Prix du Public, doublé rarissime.

Ce film nous transporte donc dans les montagnes de la province du Yunnan, une région rurale et isolée du Sud-Ouest de la Chine. Nous sommes à plus de 3000 mètres d'altitude, les paysages sont grandioses et sauvages, l'air est rare, le climat est rude, les habitants n'ont d'autre choix que de l'être aussi. Les villageois que filme Wang Bing vivent de rien, d'un peu d'élevage, d'un peu de culture – celle qui résiste à ces altitudes. C'est un monde archaïque, loin de toute idée de confort ou de progrès, qui subsiste au jour le jour dans le froid et la boue.
Au sein de cette communauté composée essentiellement de femmes, d'enfants et de vieillards – tout est relatif : ici on est vieux à cinquante ans – la caméra de Wang Bing va suivre au plus près trois fillettes, les trois sœurs du titre bien sûr : Yin-Yin, dix ans, Zhen-Zhen, six ans, et Fen-Fen, quatre ans. Le film les prend au réveil, un matin comme les autres. Longue scène où on découvre leurs bouilles formidablement vives, où on devine leur situation, leur incroyable situation. Elles sont en grande partie livrées à elles-mêmes, se débrouillent seules : leur mère est partie depuis plusieurs mois, peut-être même plusieurs années, sans doute usée par cette vie trop dure mais malmenée aussi par sa belle-famille ; le père, quand à lui, est parti travailler à la ville, ou du moins essayer, comme la plupart des hommes du village. Dans les maisons voisines vivent leur grand-père paternel, un oncle, une tante… On ne peut pas dire pour autant que règne une intense chaleur familiale : pas le temps, pas les moyens, pas la culture.
Les trois gamines sont totalement intégrées à la vie du village, elles assurent leur petite part des travaux quotidiens, font sortir les porcs qui vont à la mangeoire, vont ramasser la tourbe ou les crottes de brebis pour alimenter le feu, font elles-mêmes leur maigre lessive. En fait c'est Yin-Yin qui, en plus de s'occuper de ses petites sœurs, supporte les tâches les plus pénibles. Et rapidement c'est elle qui devient le personnage central du film. Extraordinaire figure d'enfant qui jamais ne se plaint, jamais ne pleure, jamais ne se révolte. Elle s'active du matin au soir, trouve le moyen de fréquenter l'école, et réussit à garder dans les yeux l'étincelle rieuse de tous les gamins de son âge.

Le film pourrait être sinistre, misérabiliste, il ne l'est jamais, pas un instant. Cela tient au regard de Wang Bing qui suit ses personnages avec une attention minutieuse et bienveillante, qui ne cherche pas à apitoyer, qui ne joue d'aucun ressort facile pour susciter l'émotion. Le sort de Yin-Yin, de ses sœurs, de tout son entourage, est d'une dureté à peine imaginable mais tous font face avec une constance sans faille, une dignité d'autant plus admirable qu'elle n'est pas revendiquée. Une ode magnifique à l'obstination humaine, à sa grandeur ordinaire.