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Deux petits livres épatants en vente à la caisse du ciné
Sexy, Linky ?de Nicolas Bérard - 4 euros (Ed. Le passager clandestin)En collaboration avec la Librairie La Machine à lire Au fil d’un récit vif, entraînant et plein d’humour, Nicolas Bérard, journaliste de L’Âge de faire, retrace l’enquête qu’il a menée sur le déploiement à marche forcée du comp...

Le Bassin à flots, quelle galère !
Bon, je sais : difficile d’être audible dans le grand barnum électoral qui sévit actuellement autour de nous. Mais, faut-il le rappeler, nous avons un petit problème qui menace à moyen terme, disons trois ou quatre ans, l’existence même d’Utopia à Bordeaux. Il s’agit, on...

Misère, misère…
C’était bien la peine de se débarrasser de ce troupeau de vieilles badernes qui nous bouchaient la vue pour se retrouver aujourd’hui avec comme seul choix présidentiel possible : un blanc bec néolibéral qui fit ses classes chez un banquier et une fille à papa méchante comme la gale, dont le pate...

LE MISANTHROPE
LA COMÉDIE FRANÇAISE AU CINÉMA POUR DES SÉANCES SCOLAIRESLa Comédie Française innove en proposant, à l’intention du public scolaire, des spectacles filmés, choisis parmi les grandes productions de sa saison. Le deuxième spectacle choisi est « LE MISANTHROPE » de Molière, mis en scène par Clément...

Cours d'arabe et soutien humanitaire
Tel le colibri, cher à Pierre Rabhi, l’association Salam tâche « de faire sa part »… depuis 2003 Salam organise des cours d’arabe à Bordeaux, cours payants qui génèrent chaque année un pécule intégralement investi dans des actions humanitaires au Maroc… Notre actualité 2017-2022 : un projet de p...

I AM NOT YOUR NEGRO

Raoul PECK - documentaire France / USA 2016 1h33mn VOSTF - Écrit par James Baldwin et Raoul Peck. Texte dit par Samuel L. Jackson.

Du 10/05/17 au 20/06/17

I AM NOT YOUR NEGRO« Les détails et symboles de ta vie ont été construits selon un plan délibéré, destiné à t’amener à croire ce que les Blancs disent de toi. Tâche, s’il te plaît, de te souvenir que ce qu’ils croient, de même que ce qu’ils te font et t’obligent à supporter ne porte pas témoignage de ton infériorité mais de leur cruauté et de leur peur »
« Humainement, personnellement, la couleur n'existe pas, politiquement elle existe. » James Baldwin

Il est plus que jamais indispensable d'écouter la parole, de lire les mots de l'écrivain afro-américain James Baldwin (1924-1987), qui sont la chair et l'âme de ce magnifique documentaire réalisé de main de maître par le cinéaste haïtien Raoul Peck. Un film qui évoque l'histoire américaine à travers le destin tragique de trois leaders incontestés de la lutte des Noirs : Medgar Evers, mort assassiné le 12 Juin 1963. Malcolm X, mort assassiné le 21 Février 1965. Martin Luther King Jr, mort assassiné le 4 Avril 1968. À travers leur personnalité et leur parcours, à travers leur combat, à travers les pouvoirs, les puissances, les croyances, les préjugés qu'ils ont dû affronter, I am not your negro (quel titre !) nous donne un éclairage passionnant sur l'évolution et l'état actuel de nos sociétés.

James Baldwin, jeune écrivain ouvertement homosexuel, avait quitté les Etats Unis ségrégationnistes et homophobes pour rejoindre en 1948 le Paris Rive gauche et bohème de l'après guerre, bien plus ouvert. Mais au début des années 60, alors que débutait la lutte pour les droits civiques aux USA, il se lie d'amitié avec les trois leaders cités plus hauts, malgré leurs différences, malgré leurs divergences. Leurs assassinats (pour Medgar Evers, le jour même de le déclaration de John Kennedy sur les droits civiques !) inspirent le texte splendide qui accompagne le film en voix off et qui est le fil directeur reliant les images d'archives et les interviews de Baldwin lui-même. Une des premières séquences d'interview télé met en lumière, de manière tragiquement ironique, le profond ancrage de la pensée raciste ordinaire : ça se passe en 1965, un journaliste persuadé d'être bienveillant rappelle à son invité que « les Noirs ont connu de nombreux progrès récents, et qu'on les voit même dans les publicités » ! L'écrivain rétorque que tant qu'on parlera comme cela des Noirs, rien ne sera réglé…
Nombre d'images d'archives sont saisissantes… On croit avoir tout vu de la connerie crasse des théories racistes, mais dans cet extrait où une blanche ségrégationniste déclare que si Dieu peut pardonner le meurtre ou l'adultère, il ne pardonnera jamais la fin de la ségrégation à l'école… on se dit que la réalité peut dépasser la fiction. On citera encore ces images terrifiantes de visages – y compris d'enfants – déformés par la haine quand, en 1957, la jeune Dorothy Counts, 15 ans, est la première collégienne noire d'un Etat du Sud à tenter de rentrer dans un collège blanc, encadrée par des policiers qui la protègent.

Le film de Raoul Peck – réalisateur entre autres de Lumumba, splendide portrait du leader africain – restitue toute la grandeur, toute la dignité, toute l'intelligence du combat pour la justice et les droits civiques des Afro-américains, aujourd'hui confrontés au racisme de l'Etat Trump. Il n'est probablement pas indifférent que Raoul Peck soit haïtien, citoyen du premier pays à s'être libéré par ses propres moyens du joug colonial, face à ce qui était alors la première armée occidentale au monde, celle de Napoléon. Et comme le rappelait James Baldwin, la liberté ne se donne pas, elle se prend. C'est ce qu'on fait les Haïtiens, sans attendre l'abolition de l'esclavage accordé par les dominants. Black Lives Matter !