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FESTIVAL DU ROMAN ET DU FILM NOIRS POLAR EN CABANES
LES 25, 26 et 27 SEPTEMBRE à UTOPIA, FESTIVAL DU ROMAN ET DU FILM NOIRS POLAR EN CABANES 17 auteurs, des rencontres, des débats, des dédicaces, des bouquins et des films. En partenariat avec la librairie Mollat... Lire FESTIVAL DU ROMAN ET DU FILM NOIRS POLAR EN CABANES...

In the family, Jours de pêche en Patagonie et Amerrika sur Vidéo En Poche !
Vidéo en Poche des films sur votre clé usb ! Venez au ciné remplir une clé USB avect des Vidéos en Poche, il y en a pour tous les goûts et les âges.  5€ par film, sans DRM et en HD quand c’est possible,  la résolution minimale étant celle d’un DVD !    IN T...

MÉMOIRES D’ALTERNANCES INQUIÈTES
Un essai de Karfa DIALLO à paraître aux Editions L’Harmattan en SeptembreL’ami Karfa Diallo, animateur de la visite guidée « Le Bordeaux Nègre » et président de l’association « Mémoires et Partages », publie en Septembre un nouveau livre aux éditions L’Harmattan. Cet essai a pour objet l’actuali...

C'est fait, nous avons quitté EDF et signé avec Enercoop !
À partir du 1er Août 2015, Utopia n’achètera plus son électricité à la compagnie EDF. Nous avons décidé de signer un contrat avec Enercoop Aquitaine, le seul fournisseur d’électricité à s’approvisionner directement et à 100% auprès de producteurs d’énergie renouvelable : solaire, éolienne, hydra...

LES SÉANCES « BÉBÉ » de Juillet-Août
Six séances « Bébé » sur cette gazette : Lundi 27 Juillet à 14h45 : DES APACHES Vendredi 31 Juillet à 14h30 : WHILE WE’RE YOUNG Vendredi 7 Août à 14h30 : UMRIKA Lundi 17 Août à 14h30 : SUMMER Lundi 24 Août à 14h30 : LES SECRETS DES AUTRES Vendredi 28 Août à 14h30 : LA BELLE SAISON... Lire LES SÉ...

DHEEPAN

Jacques AUDIARD - France 2015 1h55mn VOSTF - avec Antonythasan Jesuthasan, Kalieaswari Srinivasan, Claudine Vinasithamby, Vincent Rottiers, Marc Zinga... Scénario de Jacques Audiard, Noé Debré et Thomas Bidegain, très librement inspiré des Lettres persanes de Montesquieu. Palme d'Or, Festival de Cannes 2015.

Du 26/08/15 au 06/10/15

DHEEPANDheepan, c'est le prénom du héros. Qui donne son titre à ce film qui claque comme une arme à double détente. Première salve : un cinéma social, presque organique, qui démarre dans une jungle moite et luxuriante sur les traces d'un éléphant filmé de manière mystique, référence à Ganesh, divinité hindou. Deuxième salve : basculement complet dans du cinéma de genre, un « vigilante », où Dheepan se transformera en justicier des temps modernes.

Mais nous n'en sommes pas là. Nous sommes, tout d'abord, dans un camp de réfugiés où chacun espère s'envoler vers des terres plus paisibles, loin de la guerre civile qui sévit au Sri Lanka. Images amèrement banales d'une zone surpeuplée, de tentes miséreuses, d'un provisoire qui semble durer éternellement. On présume que beaucoup sont prêts à tout pour se tirer de là, on le serait soi-même. Une manne pour les trafiquants de tout acabit. Là, dans un bureau improvisé, on peut se procurer des passeports illicites et s'ils mentionnent une famille on s'en compose une fictive sur le champ. C'est ainsi que deux inconnus deviennent officiellement mari et femme, lui endossant l'identité d'un certain Dheepan, elle d'une certaine Yalini. Il ne manque plus qu'une enfant de neuf ans pour compléter le tableau et ils ont tôt fait de se la procurer, prenant au hasard la première orpheline venue, qui n'a d'autre perspective que de suivre ces étrangers. Trois êtres solitaires aux devenirs désormais étroitement liés : voilà un équipage de fortune constitué par pur intérêt, une triple alliance frustrante où chacun s'efforce de jouer le jeu, faisant taire ses états d'âmes, ses peurs, ses colères. Celles de Dheepan sont féroces, façonnées par des années d'engagement en tant que tigre de la libération. L'ancien militaire n'a que mépris envers sa nouvelle compagne tamoule, restée en retrait au lieu de s'engager dans la lutte armée et qui rêve benoîtement d'Angleterre, comme si ce pays était la panacée. Quant à la gamine, rebaptisée Ilayaal, elle semble être la seule à oser réclamer un peu d'une tendresse devenue subsidiaire pour ses faux parents écorchés par la vie.

Inutile de vous décrire l'embarquement sur un boat people dégoulinant de passagers agglutinés : Audiard procède par touches, par flashs laissant son auditoire compléter la chanson. Ainsi en est-il de l'arrivée à Paris. Premiers boulots clandestins en tant que vendeurs à la sauvette. Images avilissantes de ces anciens guerriers coiffés de ridicules antennes clignotantes qu'ils cherchent à fourguer à des passants indifférents. Les gendarmes… Les foyers…
Mais parfois le destin leur sourit, leur procurant des soutiens inattendus, celui d'un interprète qui, loin de faire du mot à mot, les conseille, leur réinvente un parcours susceptible d'émouvoir le fonctionnaire qui instruit leur dossier, d'infléchir le bras d'une administration encline aux reconduites à la frontière. C'est la régularisation. Voilà Dheepan et sa famille embauchés comme gardiens dans une cité HLM… Il essaie de se refaire une virginité, affichant une attitude servile sous le regard des petits caïds du quartier… Mais ça ne va pas durer !

L'essentiel du film réside dans la complexité des personnages, dans leur rapport à autrui, leur évolution comme autant de petites révolutions intérieures. Chaque acteur joue tout en retenue, c'est criant de vérité. On peine à imaginer que pour la plupart c'est une première apparition à l'écran. Il y a d'ailleurs une résonance autobiographique pour Jesuthasan Antonythasan qui interprète Dheepan et dont le parcours d'enfant soldat a servi de matière à ses romans.