Loading

NOUS CONTACTER
NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6,50€
CARNET D'ABONNEMENT : 48€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance sur fond gris : 4€
Moins de 14 ans : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Siné Mensuel à poil !
Le journal qui fait mal et ça fait du bien. En un mot comme en cent, on est dans la merde ! On perd un peu plus de fric à chaque numéro.On ne va pas vous mentir, comme le font tous nos hommes politiques de gauche ou de droite, on touche aujourd’hui, après trois ans, le fond de nos fouilles. À te...

Bordeaux en transition
Le collectif Bordeaux en transition vous invite Lundi 15 Décembre à la première assemblée plénière pour la constitution de l’association : RDV à 18h30 à Darwin éco-système (la salle sera indiquée), 87 Quai des Queyries à BordeauxAu programme : Bilan du forum ouvert du 23 Novembre, Présentation d...

LES SÉANCES « BÉBÉ » de Décembre-Janvier
Les séances estampillées « Bébé » dans les grilles horaires sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveau-né, et se faire une toile pendant qu’il roupille tranquillement dans leurs bras (on met le son un peu moins fort pour l’occasion). Ces séances sont évidemment ouvertes aux ...

TAFTA : DES NOUVELLES ET DES ANNONCES
Vous vous souvenez ? Le 20 Mai 2014, à Utopia, nous lancions le Collectif girondin de lutte contre le Grand Marché Transatlantique que nous appelons TAFTA (Trans-Atlantic Free Trade Agreement). Cet accord de libre échange, négocié entre l’Union Européenne et les États-Unis, dans le plus grand se...

Pour Noël : Abonnez-vous, rabonnez-vous, offrez des abonnements en abondance…
À Utopia bien sûr : 48 euros le carnet de 10 places, non limité dans le temps, se partage à plusieurs… mais aussi à Politis, à Médiapart, au Monde Diplomatique, à Manière de voir, à Siné Mensuel, à Charlie Hebdo… autant de cadeaux pas très chers, qui ont le mérite d’accompagner l’heureux bénéfic...

CHARLIE’S COUNTRY

Rolf De Heer - Australie 2014 1h48mn VOSTF - avec David Gulpilil, Peter Djigirr, Luke Ford, Peter Minygululu, Jennifer Budukpuduk Gaykamangu... Scénario de Rolf De Heer et David Gulpilil.

Du 17/12/14 au 19/01/15

CHARLIE’S COUNTRYUn peu partout dans le monde, repoussés dans les lieux les plus inhospitaliers de leurs terres ancestrales ou parqués dans des réserves arides, survivent une partie de ceux que l'on peut considérer comme les victimes de l'Histoire. Alors qu'eux-mêmes utilisaient bien souvent pour nommer leurs sociétés l'équivalent dans leur langue du mot signifiant « les hommes », les termes que nous employons pour les désigner n'ont cessé d'évoluer – vaines tentatives de policer les mots utilisés pour signifier une forme de respect disparue dans les faits. Peuples primitifs, originels ou natifs, puis peuples indigènes ou populations autochtones, ils sont encore des millions, représentant plus de cinq mille groupes différents. Ce sont les Amérindiens, les Inuits, les Mapuches ou les Guaranis en Amérique, les Pygmées, les Massaïs ou les Berbères en Afrique, les Hmongs en Asie, les Maoris ou les Aborigènes en Océanie… Tous ces peuples ont vu les limites de leurs terres sans cesse repoussées par l'envahisseur européen, qui a fini par les occuper en totalité. Ne restait alors pour les survivants qu'un simulacre de choix : se battre encore pour préserver des territoires déjà extrêmement réduits et menacés, s'adapter ou mourir. Beaucoup de ces cultures sont donc passées à la moulinette de l'assimilation, leurs langues et leurs modes de vie disparaissant peu à peu au profit des cadeaux fait par l'occidentalisation : sédentarisation forcée et contrôlée, dépendance aux aides gouvernementales comme seule compensation à la spoliation de leurs terres (qui étaient aussi leur moyen de subsistance), découverte de l'alcool comme remède au déracinement et à l'ennui… Et même si certaines situations évoluent, la plupart des populations autochtones sont encore aujourd'hui sous domination culturelle, économique, sociale et politique d'un ou de plusieurs autres peuples, réduites à n'être souvent qu'une minorité au sein d'États qui ne les reconnaissent pas en tant que peuples distincts.

Ainsi le pays de Charlie n'est plus vraiment le sien… Si sa terre d'Arnhem, au Nord de l'Australie, a été relativement épargnée par la colonisation et proclamée Réserve Aborigène, permettant ainsi de sauvegarder une partie de la culture traditionnelle, elle n'en est pas moins régie par l'intervention du gouvernement australien qui y fait strictement appliquer ses lois. La police patrouille et surveille en permanence les faits et gestes des habitants de la petite communauté aborigène reconstituée ici. Charlie s'accommode tant bien que mal de cette situation, choisissant de conserver un sens de l'humour qui semble chez lui inné, rusant pour tromper la vigilance des autorités et parvenant même à plaisanter avec les policiers. Mais au fond de lui, la colère gronde. Et dans son regard volontiers malicieux transparaît parfois une étincelle de haine vis-à-vis de tous ceux qui l'empêchent de vivre comme il le voudrait, comme vivaient ses ancêtres et comme lui-même à vécu dans son enfance. Alors quand la police se fait plus présente et sa frustration trop grande, Charlie décide de quitter la communauté et de retourner vivre dans le bush pour y retrouver son ancien mode de vie, commençant alors une longue errance qui réveillera ses vieux démons…

Prenant comme point de départ la vie de David Gulpilil, acteur principal et co-scénariste du film, Charlie's country est une fable – d'abord légère et même franchement drôle devenant peu à peu mélancolique, mais jamais désespérée – sur le déracinement, la perte de repères, et sur toute cette communauté qui se sent aujourd'hui étrangère sur ses propres terres. Une œuvre dure et poétique, belle et amère, qui doit beaucoup à l'incroyable puissance expressive de son acteur principal. Et à travers le difficile chemin de Charlie vers l'apaisement et vers sa propre rédemption, Rolf De Heer, sans jamais être didactique ni moralisateur, nous donne à réfléchir sur la situation des Aborigènes d'Australie, et nous fait ressentir l'intensité et la complexité de leur « mal du pays ».

Le précédent film de Rolf De Heer, 10 canoes, 150 lances et 3 épouses, qui avait fait en son temps la couverture de la gazette, est disponible en Vidéo en Poche !