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SÉANCES « BÉBÉ » de Juin-Juillet
Les séances estampillées « Bébé » dans les grilles horaires sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveau-né, et se faire une toile pendant qu’il roupille tranquillement dans leurs bras (on met le son un peu moins fort pour l’occasion). Ces séances sont évidemment ouvertes aux ...
Le Phile du Ciné
Tous les mercredis, Utopia participe à la réalisation du magazine cinéma de O2 RADIO : Le Phile du Ciné
Jean & Fareed vous parlent de l’actualité du cinéma sur la Gironde. L’équipe d’Utopia s’exprime chaque semaine sur des thèmes ayant traversé les salles, en fiction ou documentaire. Magazine en...
Politique d’immigration de François Hollande Un an après, toujours pas de rupture
Par la Cimade Bordeaux
L’élection de François Hollande laissait espérer une véritable rupture avec la politique d’immigration brutale et inefficace de ces dernières années. Un an après, on peut constater que le gouvernement actuel traite un peu mieux les étudiants étrangers, a mis fin à la franchise...
PCA : Paysans et Consommateurs Associés
Bordeaux-Vallée de l’Isle • PCAChaque Mercredi de 19h00 à 20h30 au cinéma, salle de la Cheminée, des petits producteurs de Dordogne et de Gironde apportent leurs légumes, leurs œufs, volailles, rillettes, pain, miel, nougat, pâtes fraîches, veau, bœuf, agneau, fromages de chèvres, jus de pomme, ...
Notre-Dame-des-Landes
Samedi 8 Juin à 15h – Faites des possibles ! Place St Michel (Bordeaux), Rassemblement des alternatives en actionLe 8 juin, le collectif bordelais de soutien à Notre-Dame-des-Landes se propose d’installer sur la place Saint Michel à Bordeaux un village associatif, pour une journée de festivités ...
Mardi 22 MAI à 20h30
SOIRÉE Philip K. DICK
Organisée par l'association PARADOXAL.
Projection unique suivie d'une rencontre avec deux spécialistes de Dick et de son oeuvre : Laurent Queyssi, romancier et scénariste, et Etienne Barillier, enseignant et écrivain.
Achetez vos places à l'avance, à partir du Samedi 12 Mai.
Si l’on connaît Philip K. Dick (1928-1982) essentiellement comme un auteur de science-fiction, notamment grâce à l’éclat que certains films hollywoodiens jettent sur ses thématiques (on retient tout autant, de Blade Runner, le Los Angeles futuriste et ses voitures volantes que l’interrogation sur la nature de l’humain), le Californien a également publié des romans dépourvus du moindre élément futuriste ou science-fictif. On peut même considérer certaines de ses œuvres comme appartenant à une sorte de troisième voie, une littérature hybride vers laquelle il tendait et où il excellait. L’uchronie du Maître du Haut-Château est construite comme un roman mainstream et les textes de la trilogie divine n'empruntent guère à la quincaillerie du genre. Il en va de même pour Substance mort (titre original A Scanner Darkly), sorte de portrait d’une jeunesse qui souffre dans un monde qui perd ses repères, versant sombre de l’Amérique post-sixties.
Écrit et réalisé par Richard Linklater - USA 2006 1h40mn VOSTF - avec Keanu Reeves, Winona Ryder, Robert Downey Jr., Woody Harrelson... D’après le roman éponyme de Philip K. Dick.
On ne présente plus Philip K. Dick, auteur prolifique de quelques 43 romans et 126 nouvelles. Si beaucoup de films peuvent à juste titre revendiquer une influence “Dickienne” (on pense à Ghost In The Shell 2 : Innocence, dans les derniers en date), il y a eu relativement peu d’adaptation de ses textes (revoir l’incontournable Blade runner). Écrivain métaphysique, peut-être plus qu’auteur de SF, Philip K. Dick n’a eu de cesse de répondre à ces question entêtantes : qu’est-ce que le réel et qu’est-ce que l’humain ? Chez K. Dick, c’est l’environnement même qui sombre dans la psychose, laissant peu de place aux conventions propres à la science-fiction. Le héros dickien est l’individu ordinaire, le rédempteur malgré lui, révélé sur les décombres d’un « univers où règne le cynisme et le chaos ».
Mais sous la noirceur surréaliste de ses textes, affleure toujours un humour primesautier, presque mélancolique. C’est à cet humour, à ce sens extraordinaire de l’absurde, que Richard Linklater a voulu s’attacher, en adaptant un roman bien particulier dans son œuvre, A scanner darkly, datant de 1977 et paru en France sous le titre Substance Mort. En 1970, Philip K. Dick échappe de peu à la mort suite à une prise d’amphétamines. Un an après, sa femme le quitte, il touche le fond et remplit sa maison désormais vide avec des « gens de la rue », pour la plupart des jeunes drogués. Durant les dix-huit mois qui suivirent, beaucoup d’entre eux moururent, et il emmena onze de ses amis à l’hôpital psychiatrique local. Ce roman, qu’il mit trois ans à écrire, est le récit circonstancié de cette expérience, cet « aperçu de l’Enfer ». Le mélange de dérision et d’une foi inébranlable dans l’humain qui le caractérisent donne toute sa force à A scanner darkly, qui porte un regard sans jugement moral sur cette génération, ces « enfants qui voulaient continuer à jouer dans la rue ».
Pour transcrire cet univers baroque, Linklater a utilisé la rotoscopie, procédé de traitement d’images avancé (qu’il utilisa en 2001 dans Waking Life) qui consiste à faire de la prise de vue réelle puis à dessiner par-dessus. Le résultat est assez impressionnant, mais surtout fait étonnamment sens avec l’œuvre de K. Dick, traduction graphique parfaite de la multiplicité du réel.
« Fred », agent des stups, impeccable dans son « complet brouillé » (costume qui projette omnidirectionnellement sur une membrane ultra fine jusqu’à un million et demi d’images fragmentaires de la physionomie d’individus divers), se voit confier la surveillance d’un dénomé Bob Arctor, soupçonné de dealer de la Substance M. Les agents des stups sont obligés de porter ce genre de costume, car leur service est tellement infiltré par les barons de la drogue qu’il est vital pour eux d’y conserver l’anonymat. Le problème de « Fred », c’est qu’il est infiltré dans le milieu des drogués sous l’identité de Bob Arctor… et les effets secondaires de l’ingestion de substance M ne sont pas là pour arranger les choses : « Combien y-a-t-il de Bob Arctor ? Au moins deux, à vue de nez. Le nommé Fred, qui se prépare à espionner Bob. Même type. Voire. Fred est-il vraiement le même que Bob ? Quelqu’un le sait-il ? Moi je le saurais, j’imagine, puisque je suis la seule personne au monde à savoir qui est Bob Arctor. Mais qui suis-je ? Lequel des deux ? »
Alors qu’au xixe siècle Dostoievsky s’échinera à décrire l’ambivalence de l’être humain et à sa possible rédemption, au xxe, K. Dick, visionnaire médicalement assisté, tranchait dans le vif et séparait les deux hémisphères du cerveau… Linklater signe ici ce qui est peut-être la première fidèle adaptation d’un roman de Philip K. Dick, de son roman sans doute le plus personnel.
