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Deux petits livres épatants en vente à la caisse du ciné
Sexy, Linky ?de Nicolas Bérard - 4 euros (Ed. Le passager clandestin)En collaboration avec la Librairie La Machine à lire Au fil d’un récit vif, entraînant et plein d’humour, Nicolas Bérard, journaliste de L’Âge de faire, retrace l’enquête qu’il a menée sur le déploiement à marche forcée du comp...

Le Bassin à flots, quelle galère !
Bon, je sais : difficile d’être audible dans le grand barnum électoral qui sévit actuellement autour de nous. Mais, faut-il le rappeler, nous avons un petit problème qui menace à moyen terme, disons trois ou quatre ans, l’existence même d’Utopia à Bordeaux. Il s’agit, on...

Misère, misère…
C’était bien la peine de se débarrasser de ce troupeau de vieilles badernes qui nous bouchaient la vue pour se retrouver aujourd’hui avec comme seul choix présidentiel possible : un blanc bec néolibéral qui fit ses classes chez un banquier et une fille à papa méchante comme la gale, dont le pate...

LE MISANTHROPE
LA COMÉDIE FRANÇAISE AU CINÉMA POUR DES SÉANCES SCOLAIRESLa Comédie Française innove en proposant, à l’intention du public scolaire, des spectacles filmés, choisis parmi les grandes productions de sa saison. Le deuxième spectacle choisi est « LE MISANTHROPE » de Molière, mis en scène par Clément...

Cours d'arabe et soutien humanitaire
Tel le colibri, cher à Pierre Rabhi, l’association Salam tâche « de faire sa part »… depuis 2003 Salam organise des cours d’arabe à Bordeaux, cours payants qui génèrent chaque année un pécule intégralement investi dans des actions humanitaires au Maroc… Notre actualité 2017-2022 : un projet de p...

AQUARIUS

Écrit et réalisé par Kleber MENDONÇA FILHO - Brésil 2016 2h25mn VOSTF - avec Sonia Braga, Maeve Jinkings, Irandhir Santos, Humberto Carrao...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

AQUARIUSParmi les absents regrettables et regrettés du palmarès du dernier Festival de Cannes, on a beaucoup parlé de Toni Erdman, sorti tout récemment sur les écrans. Mais pour nous, le grand oublié est bel et bien ce formidable Aquarius, qui aurait pu être récompensé dans tous les domaines : scénario, mise en scène, interprétation, le film est en tous points remarquable.
En plein « coup d'état » au Brésil, le magnifique portrait d'une femme magnifique qui claque comme un manifeste antilibéral et un appel à résister aux puissances de l'argent et au népotisme qui gangrène le pays.

« Aquarius », c'est le nom d'une petite résidence coquette construite dans les années quarante, sise face à l'océan et les plages de Recife, sur la très huppée Avenida Boa Viagem. C'est là que vit Clara, la soixantaine, ancienne critique musicale. Madame Clara, comme l'appellent les habitants du quartier, avec un mélange d'affection et de respect craintif. Il faut dire qu'elle en impose, Clara, sans aucun doute une femme de caractère et belle comme une icône païenne.
Mais voilà, Aquarius a été vidé de ses habitants par un important promoteur, qui a racheté tous les appartements dans le but avoué de démolir l'immeuble pour en construire un dix fois plus grand et cent fois plus rentable. Mais Clara résiste. Elle se refuse à vendre son logement malgré la somme que l'on devine rondelette offerte par la compagnie immobilière. C'est ici qu'elle a vécu toute sa vie de femme, d'amante, d'épouse, de mère, cet appartement, c'est toute son histoire et l'histoire de sa famille.
Elle se retrouve donc seule dans cet immeuble fantôme, bientôt harcelée par les promoteurs. Et on découvrira qu'il y a bien des façons de persécuter un individu… Mais Clara n'est pas une pauvre femme sans défense, elle n'est pas du genre à se laisser impressionner, et elle va rentrer dans une véritable guerre froide avec la société immobilière. Plutôt que de s’affoler ou d’appeler au secours, elle va continuer à vivre sa vie, comme si de rien n'était. Elle va aller à ses séances de rigologie de groupe, elle continue ses baignades matinales dans l'océan menaçant sous le regard et les recommandations bienveillantes d'un maître nageur que l'on devine admiratif – voire un peu plus – de cette femme décidément hors norme. Elle sortira boire des verres et danser avec ses copines et pourquoi pas ramener un homme à la maison, pas trop vieux quand même, et surtout, ce qui est plus compliqué, pas trop con…

Kleber Mendonça Filho, que l'on a découvert il y a deux ans avec le très beau Les Bruits de Recife, signe un récit fort et intelligent, romanesque et universel. C'est David contre Goliath. Et c'est aussi et surtout un film éminemment politique qui raconte deux cultures, deux Brésil qui s'entrechoquent et s'affrontent. Deux visions du monde irréconciliables qui se toisent : la loi de l'argent, des réseaux, des influences contre celle du métissage, de la mixité sociale, du partage et de la dignité. C'est Sonia Braga qui incarne avec une force éblouissante cette idée du monde et cette femme debout, libre et combattante, qui ne renonce pas.