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LA COMMUNE LIBRE DU QUARTIER SAINT-PIERRE
Association loi 1901 : prochain rendez-vous des Talents du Quartier Saint-Pierre Mardi 5 Décembre, de 18h à 21h, place Camille Jullian.  Peuvent être exposants les professionnels du quartier (commerçants, artisans, professions libérales) mais aussi des particuliers qui sont porteurs d’une expert...

PRIX DÉCOUVERTE DES SPECTATEURS D'UTOPIA
Décerné à votre film préféré parmi les premiers films français de l’année 2017 A l’initiative des deux associations de quartier La Commune Libre du quartier Saint Pierre et Les Amis de l’Utopia, sera décerné le premier Prix Découverte des Spectateurs du cinéma Utopia  de Bordeaux. C’est donc à v...

Solidarité avec Jean-Jacques Rue
Collègue d’Utopia Saint-Ouen l’Aumône et ci-devant chroniqueur cinéma à Siné Mensuel, et son camarade poète et cinéaste franco-grec Yannis Youlountas Jean-Jacques Rue, c’est une figure d’Utopia : un nounours punk qui s’active dans les salles de Saint-Ouen l’Aumône. À Bordeaux, vous l’avez vu tou...

STOP LINKY
Pour en savoir plus sur le compteur électrique Linky, savoir POURQUOI et/ou COMMENT faire pour le refuser, vous le pouvez, le collectif Stop Linky Bordeaux Métropole vous invite à venir Salle de la cheminée au Cinéma Utopia, à l’occasion de l’une de ses réunions. Et si vous souhaitez rejoindre l...

PCA
 Paysans et Consommateurs Associés, Bordeaux-Vallée de l’IslePCA Chaque Mercredi de 19h à 20h30 au cinéma, salle de la Cheminée, des petits producteurs de Dordogne et de Gironde apportent leurs légumes, leurs œufs, volailles, rillettes, pain, miel, nougat, veau, bœuf, agneau, fromages de chèvres...

CONFIDENT ROYAL

(Victoria and Abdul) Stephen FREARS - GB 2017 1h47mn VOSTF - avec Judi Dench, Ali Fazal, Adheel Aktar Michael Gambon, Olivia Williams, Eddie Izzard... Scénario de Lee Hall, d'après le livre de Shrabani Basu.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CONFIDENT ROYALDe l'histoire d'amitié a priori improbable entre la reine Victoria vieillissante et un de ses serviteurs indiens, le toujours inattendu Stephen Frears a tiré un film subtil et malicieux, un divertissement de haut vol qui allie enracinement historique, reconstitution somptueuse et humour volontiers irrévérencieux. Histoire improbable donc mais pourtant tout ce qu'il y a d'authentique, tellement que la couronne britannique, très à cheval sur le respect de l'historiographie officielle, avait enterré cet épisode durant près d'un siècle au point de faire détruire des documents, jusqu'à ce qu'une historienne plonge son nez dans des carnets renfermant des notes écrites en langue ourdou – la langue officielle du Pakistan, parlée au Nord de l'Inde – par la reine elle-même !

Nous sommes en 1887, la reine Victoria approche de ses 70 ans, un âge avancé à l'aune du xixe siècle. Elle a 50 ans de règne au compteur et elle s'apprête justement à fêter son jubilé d'or. Au même moment, à l'autre bout du monde mais toujours dans l'Empire britannique, plus précisément à Agra, la ville où se dresse le légendaire Taj Mahal, deux Indiens musulmans sont choisis pour faire le voyage jusqu'à Londres et offrir au nom des Indes une médaille commémorative à la souveraine. Et il se trouve que la vénérable reine va se prendre immédiatement d'affection pour un des deux Indiens, le jeune et fringant Abdul Karim, qu'elle gardera à son service jusqu'à sa mort en 1901, faisant de lui son confident et son professeur : il lui fait découvrir la langue ourdou, la religion musulmane, la culture et la cuisine indiennes…
Dès les premières séquences, on voit à l'œuvre la patte malicieuse de Frears, satiriste hors pair : la reine, gloutonne et grassouillette, supporte à grand peine les obligations de la cour et la vile obséquiosité de son entourage. Le lever et l'habillage sont des épreuves de force pour les domestiques, chaque repas est cocasse tant Victoria engloutit ses plats à un rythme que n'arrivent pas à suivre les autres convives… Le voyage des deux Indiens est traité sur un mode proche de celui des Lettres persanes de Montesquieu. Considérés comme des sauvages à qui on fait l'honneur de montrer ce qu'est « la civilisation », ils constatent dès leur descente du bateau la saleté et la misère qui règnent à Londres, infestée de rats, hantée par les clochards. Frears a eu la bonne idée de coller à Abdul Karim un compagnon de voyage hilarant et qui est tout son opposé : petit et beaucoup moins beau garçon, Mohammed vomit l'Angleterre et son climat, et peste de devoir courtiser ceux qui sont responsables des malheurs de son peuple. Il est un peu la voix anti-coloniale du film…

Mais le cœur du récit est bien cette amitié sincère entre Victoria et Abdul, qui transcende les races et les classes sociales, et que Frears nous relate tout en observant l'absurdité de l'exercice du pouvoir monarchique : la reine ne peut compter sur personne, sa famille et ses proches guettant plus ou moins tous sa fin prochaine, elle se déplace de manoir en château sous la garde d'une véritable armée, sous la menace permanente d'un attentat toujours à craindre sur des territoires au bord de l'explosion. Et Frears, en arrière-plan, montre bien un pays où les inégalités sont flagrantes, le racisme pesant.
S'appuyant sur une formidable troupe d'acteurs menée par la magnifique Judi Dench, Stephen Frears réussit le pari de combiner une comédie historique enlevée et un regard aussi intelligent que lucide sur la société anglaise de l'époque.