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Le blog des profondeurs...
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Revoir la rencontre avec l'équipe du court métrage "Un peu Après minuit"
Nous vous proposons de revoir un moment d’échange chaleureux avec l’équipe du très prometteur court métrage UN PEU APRÈS MINUIT. Etaient présent sur l’estrade : la réalisatrice Anne-Marie PUGA, le réalisateur Jean-Raymond GARCIA, le comédien Rémi TAFFANEL, le compositeur Mathieu MÉGEMONT et l’an...

Les centres commerciaux : nouvelle bulle immobilière spéculative et projets climaticides…
Non à Val Tolosa ! Nous ne résistons pas à l’envie de vous communiquer cette excellente nouvelle provenant de nos amis d’Utopia Tournefeuille : le Conseil d’État a, en ce début d’année 2018, annulé le 2e permis de construire du méga-centre commercial imaginé pa...

NOUS PRINCESSES DE CLÈVES sur Vidéo en Poche
Vidéo en Pochedes films sur votre clé usb !5€ par film, sans DRM et en HD quand c’est possible,  la résolution minimale étant celle d’un DVD !  Les fichiers sont lisibles par VLC, mais aussi sur les Freebox,  et de nombreuses TV et boitiers multimedia.  Vous pouvez consulter sur le site et à la ...

Le cinéma français pète la forme… paraît-il…
Résolument positif, comme chaque année, le communiqué de la ministre de la culture vient de tomber, relayé par le concert des médias unanimes qui se congratulent béatement : Youpie ! Tout va bien pour la France en marche ! 209 millions de tickets de cinéma vendus, soit à peine 4 milli...

Rassemblement à Notre Dame des Landes le 10 février
Après l’abandon du projet d’aéroport, le bocage de Notre-Dame-des-Landes doit rester une terre d’inspiration et d’espoir, nourrie par l’idée des biens communs, les solidarités et le soin du vivant. Rassemblement à Notre Dame des Landes le 10 févrierEnracinons l’avenir !Un bus partira de Bordeaux...

CONFIDENT ROYAL

(Victoria and Abdul) Stephen FREARS - GB 2017 1h47mn VOSTF - avec Judi Dench, Ali Fazal, Adheel Aktar Michael Gambon, Olivia Williams, Eddie Izzard... Scénario de Lee Hall, d'après le livre de Shrabani Basu.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CONFIDENT ROYALDe l'histoire d'amitié a priori improbable entre la reine Victoria vieillissante et un de ses serviteurs indiens, le toujours inattendu Stephen Frears a tiré un film subtil et malicieux, un divertissement de haut vol qui allie enracinement historique, reconstitution somptueuse et humour volontiers irrévérencieux. Histoire improbable donc mais pourtant tout ce qu'il y a d'authentique, tellement que la couronne britannique, très à cheval sur le respect de l'historiographie officielle, avait enterré cet épisode durant près d'un siècle au point de faire détruire des documents, jusqu'à ce qu'une historienne plonge son nez dans des carnets renfermant des notes écrites en langue ourdou – la langue officielle du Pakistan, parlée au Nord de l'Inde – par la reine elle-même !

Nous sommes en 1887, la reine Victoria approche de ses 70 ans, un âge avancé à l'aune du xixe siècle. Elle a 50 ans de règne au compteur et elle s'apprête justement à fêter son jubilé d'or. Au même moment, à l'autre bout du monde mais toujours dans l'Empire britannique, plus précisément à Agra, la ville où se dresse le légendaire Taj Mahal, deux Indiens musulmans sont choisis pour faire le voyage jusqu'à Londres et offrir au nom des Indes une médaille commémorative à la souveraine. Et il se trouve que la vénérable reine va se prendre immédiatement d'affection pour un des deux Indiens, le jeune et fringant Abdul Karim, qu'elle gardera à son service jusqu'à sa mort en 1901, faisant de lui son confident et son professeur : il lui fait découvrir la langue ourdou, la religion musulmane, la culture et la cuisine indiennes…
Dès les premières séquences, on voit à l'œuvre la patte malicieuse de Frears, satiriste hors pair : la reine, gloutonne et grassouillette, supporte à grand peine les obligations de la cour et la vile obséquiosité de son entourage. Le lever et l'habillage sont des épreuves de force pour les domestiques, chaque repas est cocasse tant Victoria engloutit ses plats à un rythme que n'arrivent pas à suivre les autres convives… Le voyage des deux Indiens est traité sur un mode proche de celui des Lettres persanes de Montesquieu. Considérés comme des sauvages à qui on fait l'honneur de montrer ce qu'est « la civilisation », ils constatent dès leur descente du bateau la saleté et la misère qui règnent à Londres, infestée de rats, hantée par les clochards. Frears a eu la bonne idée de coller à Abdul Karim un compagnon de voyage hilarant et qui est tout son opposé : petit et beaucoup moins beau garçon, Mohammed vomit l'Angleterre et son climat, et peste de devoir courtiser ceux qui sont responsables des malheurs de son peuple. Il est un peu la voix anti-coloniale du film…

Mais le cœur du récit est bien cette amitié sincère entre Victoria et Abdul, qui transcende les races et les classes sociales, et que Frears nous relate tout en observant l'absurdité de l'exercice du pouvoir monarchique : la reine ne peut compter sur personne, sa famille et ses proches guettant plus ou moins tous sa fin prochaine, elle se déplace de manoir en château sous la garde d'une véritable armée, sous la menace permanente d'un attentat toujours à craindre sur des territoires au bord de l'explosion. Et Frears, en arrière-plan, montre bien un pays où les inégalités sont flagrantes, le racisme pesant.
S'appuyant sur une formidable troupe d'acteurs menée par la magnifique Judi Dench, Stephen Frears réussit le pari de combiner une comédie historique enlevée et un regard aussi intelligent que lucide sur la société anglaise de l'époque.