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a Gironde a été durement touchée par la grêle le 26 mai. Plusieurs milliers d’ha de vignes mais aussi de cultures maraîchères et de grandes cultures ont été ravagés. L’entraide collective spontanée s’est organisée dès la fin de semaine. Face à cette situation, la réponse du Ministè...

Interdiction du glyphosate : qu’a voté votre député-e ?
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PROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTI
SUR L’ÉCRAN DE LA SALLE 4, À PARTIR DU 4 JUILLETPROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTIpour les storyboards des films de Matteo Garrone Né à Salerno le 23 juin 1978, Giuseppe Liotti est diplômé en Sciences de la communication. En 2001, il s’investit pendant un an dans une production ...

C'EST LA FÊTE DU CINÉMA
Du Dimanche 1er au Mercredi 4 JUILLET4 euros pour tout le monde à toutes les séances... Lire C'EST LA FÊTE DU CINÉMA...

Savez-vous quel est le point commun entre le Linky et le RGPD ? L’exploitation des données personnelles.
Le règlement général pour la protection des données (RGPD) applicable en Europe depuis le 25 mai 2018 concerne le traitement et la circulation des données à caractère personnel, sur lesquelles les entreprises s’appuient pour proposer des services et des produits. Les données personnelles sont mainte...

I AM NOT A WITCH

(JE NE SUIS PAS UNE SORCIÈRE) Écrit et réalisé par Rungano NYONI - Zambie 2017 1h34mn VOSTF - avec Margaret Mulubwa, Henry B.J Phiri, Nancy Mulilo, Margaret Sipaneaia...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

I AM NOT A WITCHDepuis le Haut Moyen Âge jusqu'au xixe siècle, les histoires de sorcières, qu'elles soient de Salem ou possédées de Loudun, ont toujours été le prétexte fantasmatique pour opprimer les femmes que les hommes considéraient comme différentes, anormales. I am not a witch se passe bel et bien aujourd'hui mais loin d'ici : dans la lointaine Zambie, un pays où l'on croit encore aux histoires de sorcières. En tout cas certains font semblant d'y croire, pour garantir la paix sociale, ou pour constituer une attraction touristique non négligeable…
Shula, neuf ans, est victime des accusations des villageois qui la croient sorcière. Dans une première scène presque cocasse, la plainte est enregistrée bon gré mal gré par une policière dubitative, devant une Shula mutique, malgré les témoignages peu crédibles d'accusateurs improbables. Un choix ubuesque est proposé à la petite fille : soit elle reconnait qu'elle est bien la collègue des Carabosse et autres Morgane, soit elle sera transformée en chèvre pour finir probablement en méchoui ! Shula préfère évidemment la première solution et rejoint donc un camp de sorcières, endroit étonnant où sont rassemblées des femmes, toutes reliées par un immense ruban de plusieurs centaines de mètres de long, accrochées à de grandes bobines juchées sur un camion. Tout ça pour le plaisir des touristes occidentaux, friands de prétendue sauvagerie africaine, comme aux bon vieux temps des colonies.

La jeune réalisatrice Rungano Nyoni (zambienne de naissance et galloise d'adoption) évoque avec un talent fou, mariant émotion et burlesque pince-sans-rire, l'absurdité des pratiques de ses concitoyens. Aussi ridicule que la croyance dans la sorcellerie de Shula, Rungano Nyoni pointe du doigt la duplicité des puissants, à travers un personnage pathétique et odieux de fonctionnaire qui monnaie la gamine, exhibée sur des plateaux télé où l'homme prétend lui faire vendre des œufs magiques. Ce personnage stigmatise à lui tout seul les maux du pays : le rapport étrange au pouvoir coutumier, alors même que le fonctionnaire représente l'Etat, l'obsession matérialiste incarnée par sa femme qui affectionne le luxe et les perruques blondes. Mais la réalisatrice brille aussi par l'invention de sa mise en scène, avec notamment ces très beaux plans des femmes attachées à leur ruban interminable, reliées vers le ciel à leur bobine. Et l'on voit aussi la belle et grande solidarité des femmes enfermées, unies par leur mise à l'écart de la communauté des hommes.
Il est amusant de savoir qu'une des principales influences du film est la fable de la chèvre de Monsieur Seguin, ce pauvre animal qui voulait briser son licol… L'autre influence revendiquée par la réalisatrice est Michael Haneke, et on pense en effet au Ruban blanc, l'un de ses plus grands films. On notera aussi l'utilisation inattendue de la musique jazz et classique, qui rend plusieurs scènes fascinantes. Et on ne peut pas conclure sans souligner la performance incroyable de la petite Margaret Mulubwa, repérée par hasard et grâce à son visage étrange dans la campagne profonde, très loin de la capitale, qui incarne avec une force extraordinaire cette gamine passant de l'apathie à la plus courageuse détermination.