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PROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTI
SUR L’ÉCRAN DE LA SALLE 4, À PARTIR DU 4 JUILLETPROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTIpour les storyboards des films de Matteo Garrone Né à Salerno le 23 juin 1978, Giuseppe Liotti est diplômé en Sciences de la communication. En 2001, il s’investit pendant un an dans une production ...

C'EST LA FÊTE DU CINÉMA
Du Dimanche 1er au Mercredi 4 JUILLET4 euros pour tout le monde à toutes les séances... Lire C'EST LA FÊTE DU CINÉMA...

Savez-vous quel est le point commun entre le Linky et le RGPD ? L’exploitation des données personnelles.
Le règlement général pour la protection des données (RGPD) applicable en Europe depuis le 25 mai 2018 concerne le traitement et la circulation des données à caractère personnel, sur lesquelles les entreprises s’appuient pour proposer des services et des produits. Les données personnelles sont mainte...

VERS LA LUMIÈRE

Écrit et réalisé par Naomi KAWASE - Japon 2017 1h42mn VOSTF - avec Masatoshi Nagase, Ayame Misaki, Tatsuya Fuji, Kazuko Shirakawa...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

VERS LA LUMIÈRELe cinéma de Naomi Kawase est un cinéma de la sensualité. Impressionniste : la grâce qui surgit dans les moindres gestes quotidiens, les gouttes d’eau qui subliment une peau fraîche, le bruissement d’une feuille d’automne, les odeurs délicieuses qui s'échappent d’un chaudron ou des herbes aromatiques hachées menu, la sensation du vent qui fouette rivages et visages avant la tempête. Quel que soit le sujet abordé, on sent une gourmandise contagieuse qui traverse l’écran, stimule nos papilles, nos oreilles, nos sentiments. Naomi Kawase nous offre son angle de vision si particulier qui fait la patte de cette grande cinéaste. Il y a parfois de quoi être dérouté, par ce rythme qui fait l’éloge de la patience, du plaisir d’observer, du temps qu’on prend à s’étonner, s’émerveiller des choses les plus infimes, dont, dans le fond, nous faisons tous partie. Elle a cette capacité à nous faire ressentir dans notre chair ce que l’on sait mais qu’on s’efforce d’oublier trop souvent : nous ne sommes que les petits pantins d’un tout qui nous dépasse, d’une nature à laquelle on n’échappe jamais vraiment et qu’il vaut mieux suivre plutôt que de s’entêter à vouloir la dompter.



On entre dans Vers la lumière par une voix, celle de Misako. Elle est enjouée, respire la jeunesse, et sa manière de raconter par le menu tout ce qu’elle voit dans la rue résonne comme un jeu étrange. Cela intrigue, en devient presque comique ou agaçant. Malgré sa bonne bouille et ses grands yeux ronds on a envie de lui dire : « C’est bon. Tu ne peux pas arrêter de nous dire des évidences qu’on constate par nous-même ? Les poteaux, les feux rouges, le vieux d’en face… ». On se demande où cette première séquence veut en venir… Puis tout s’éclaire : Misako s’entraîne, apprend à n’être qu’une voix pour ceux qui ne voient pas. C’est son métier : audiodescriptrice. Elle tisse ce lien avec le cinéma pour ceux qui ne peuvent qu’imaginer les images, leur texture. Décrire devient peu à peu comme une seconde nature.
Lorsqu’elle parvient tout exaltée devant le comité d’écoute (constitué en partie de mal voyants) qui doit juger de la qualité de son travail, sa description est retoquée. Tous entendent la bonne volonté de Misako, son désir de bien faire, mais ce n'est pas suffisant. L’audiodescription doit restituer fidèlement toutes les nuances d’une œuvre, permettre à celui qui écoute, comme à celui qui regarde de se connecter à la vie des autres. Chose difficile à retranscrire, à traduire sans trahir les intentions des auteurs, sans imposer aux spectateurs-auditeurs sa propre vision des choses. Conscients que c’est un art difficile, les membres du petit groupe se montrent compréhensifs et bienveillants, sauf peut-être Masaya Nakamori, dont la réaction particulièrement acide bouscule la jeune femme.

Mais Misako est déterminée, passionnée et elle ne va pas baisser les bras. Loin de se laisser décourager, elle va non seulement s’entêter, vouloir progresser mais aussi se poser des questions sur la personnalité du bonhomme, ne pas s’arrêter à ses sautes d’humeur malhabiles. Derrière les apparences, elle perçoit qu’il y a une souffrance qu’il essaie de cacher. Masaya est un photographe de renom. Lui qui n’a vécu en grande partie que pour immortaliser des images est en train de perdre la vue. Entre eux, progressivement, se tissent une connivence, une complicité où le temps n’a plus de prise. C’est un long dialogue qui s’installe au-delà des seuls mots. Dans les beaux silences, les prises de vue, Misako redécouvre les petits bonheurs de son enfance, celui de simplement observer un coucher de soleil aux côté de Masaya et de s’émouvoir quand il déclare « Il n’y a rien de plus beau à voir que ce qui s’apprête à disparaître »… Alors que l’un perd la lumière, l’autre la décrit…