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Revoir la rencontre avec l'équipe du court métrage "Un peu Après minuit"
Nous vous proposons de revoir un moment d’échange chaleureux avec l’équipe du très prometteur court métrage UN PEU APRÈS MINUIT. Etaient présent sur l’estrade : la réalisatrice Anne-Marie PUGA, le réalisateur Jean-Raymond GARCIA, le comédien Rémi TAFFANEL, le compositeur Mathieu MÉGEMONT et l’an...

Les centres commerciaux : nouvelle bulle immobilière spéculative et projets climaticides…
Non à Val Tolosa ! Nous ne résistons pas à l’envie de vous communiquer cette excellente nouvelle provenant de nos amis d’Utopia Tournefeuille : le Conseil d’État a, en ce début d’année 2018, annulé le 2e permis de construire du méga-centre commercial imaginé pa...

NOUS PRINCESSES DE CLÈVES sur Vidéo en Poche
Vidéo en Pochedes films sur votre clé usb !5€ par film, sans DRM et en HD quand c’est possible,  la résolution minimale étant celle d’un DVD !  Les fichiers sont lisibles par VLC, mais aussi sur les Freebox,  et de nombreuses TV et boitiers multimedia.  Vous pouvez consulter sur le site et à la ...

Le cinéma français pète la forme… paraît-il…
Résolument positif, comme chaque année, le communiqué de la ministre de la culture vient de tomber, relayé par le concert des médias unanimes qui se congratulent béatement : Youpie ! Tout va bien pour la France en marche ! 209 millions de tickets de cinéma vendus, soit à peine 4 milli...

Rassemblement à Notre Dame des Landes le 10 février
Après l’abandon du projet d’aéroport, le bocage de Notre-Dame-des-Landes doit rester une terre d’inspiration et d’espoir, nourrie par l’idée des biens communs, les solidarités et le soin du vivant. Rassemblement à Notre Dame des Landes le 10 févrierEnracinons l’avenir !Un bus partira de Bordeaux...

Vendredi 9 Février 2018 à 17h

PROJECTION-DÉBAT : Le nouveau cinéma chinois nous regarde


Dans le cadre de LA CLASSE OUVRIÈRE C’EST PAS DU CINÉMA.
Présentation et débat avec Serge Le Péron, réalisateur de nombreuses fictions et du documentaire Le Réveil des ombres, une histoire du nouveau cinéma chinois. Il présentera ce que nous appelons la « sixième génération » des cinéastes chinois. Les films proposés, bien que fort différents dans leur thématique et leur traitement filmique, ont en commun de présenter une image à la fois très personnelle et extrêmement critique de l’histoire et des transformations de la société chinoise.

LE FOSSÉ

film de Wang Bing - Chine 2010 1h50 - avec Li Xiangnian, Lu Ye, Lian Renjun, Xu Cenzi…

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE FOSSÉCeux qui ont vu A l'ouest des rails, monumentale saga documentaire, d'un fol humanisme, sur l'extinction d'une cité industrielle du nord-est de la Chine, ne risquent pas d'avoir oublié Wang Bing.Le Fossé, n'est pas moins ambitieux. Il traite du destin de ces intellectuels désignés comme « droitiers » au cours de la répression atroce qui fit suite, en 1957-1958, à la campagne d'ouverture des Cent Fleurs. 400 000 personnes furent alors déportées dans des camps de « rééducation par le travail ».
Le film se déroule dans le camp de Mingshui, en bordure du désert de Gobi, au cours de l'un des hivers les plus meurtriers de tous les temps : celui de l'année 1960. La famine consécutive au fiasco du Grand Bond en avant causa alors entre 15 et 30 millions de morts.
A l'automne, 1500 rescapés du camp voisin de Jiabianjou gagnent le camp de Mingshui. A la fin de l'hiver, ils ne sont plus que 500.

Le Fossé se concentre sur le camp de Mingshui, pendant les trois mois les plus durs de la famine de 1960… L'ambition de Wang Bing est de restituer la réalité de la vie dans ces camps, afin de donner une représentation la plus juste possible de l'histoire, encore largement taboue, de la persécution des « droitiers ». Le Fossé est un film de résistance. Résistance à la puissance de la propagande maoïste ; résistance à la politique d'effacement du passé si caractéristique du régime chinois. Cette résistance s'est traduite en acte, par un tournage totalement clandestin, dont l'équipe a été pour une bonne partie recrutée sur place. Tout cela ne dit pas grand-chose du film, mais est essentiel pour en comprendre l'enjeu, la portée. Le Fossé est un montage de scènes d'une dureté souvent insoutenable : Wang Bing ne voulait rien occulter de la réalité de la vie à Mingshui en 1960…
Le terme « survie » semble trop faible pour décrire l'expérience de ces prisonniers que l'on avait cessé de faire travailler mais que l'on sommait en retour de « moissonner leur propre nourriture » dans la terre poussiéreuse du désert de Gobi. L'immensité ocre, radicalement plate, du paysage est l'unique et cauchemardesque horizon de ce film qui vous force à regarder ce qui reste de l'humain quand on lui a arraché tous ses oripeaux.
Tout en mettant en scène le niveau d'indifférence inouï dont l'homme est capable pour survivre, Wang Bing montre aussi qu'il n'exclut pas la persistance d'une lueur, d'une flamme de compassion, d'un esprit de résistance. Et fait ainsi profession d'une foi inaltérable dans la nature humaine.

(I. Regnier, Le Monde)