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GRÊLE : HALTE AUX MESURETTES, LE CHAOS CLIMATIQUE C'EST L'AFFAIRE DE TOUTE LA SOCIETE
a Gironde a été durement touchée par la grêle le 26 mai. Plusieurs milliers d’ha de vignes mais aussi de cultures maraîchères et de grandes cultures ont été ravagés. L’entraide collective spontanée s’est organisée dès la fin de semaine. Face à cette situation, la réponse du Ministè...

Interdiction du glyphosate : qu’a voté votre député-e ?
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PROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTI
SUR L’ÉCRAN DE LA SALLE 4, À PARTIR DU 4 JUILLETPROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTIpour les storyboards des films de Matteo Garrone Né à Salerno le 23 juin 1978, Giuseppe Liotti est diplômé en Sciences de la communication. En 2001, il s’investit pendant un an dans une production ...

C'EST LA FÊTE DU CINÉMA
Du Dimanche 1er au Mercredi 4 JUILLET4 euros pour tout le monde à toutes les séances... Lire C'EST LA FÊTE DU CINÉMA...

Savez-vous quel est le point commun entre le Linky et le RGPD ? L’exploitation des données personnelles.
Le règlement général pour la protection des données (RGPD) applicable en Europe depuis le 25 mai 2018 concerne le traitement et la circulation des données à caractère personnel, sur lesquelles les entreprises s’appuient pour proposer des services et des produits. Les données personnelles sont mainte...

LETO

(L’ÉTÉ) Kirill SEREBRENNIKOV - Russie 2018 2h09mn VOSTF - avec Teo Yoo, Romain Bilyk, Irina Starshenbaum, Filipp Avdejev, Julia Aug... Scénario de Kirill Serebrennikov, Lily et Mikhail Idov. Festival de Cannes 2018 : Sélection officielle, en compétition.

Du 05/12/18 au 14/01/19

LETOLeningrad, 1980 (ce n'est qu'en 1991 que la ville reprendra le nom de Saint Petersbourg). Nous sommes sous le règne du marmoréen Brejnev, à cette époque où la grande confédération des républiques soviétiques a perdu de sa superbe autant à l'extérieur qu'à l'intérieur, où plus personne ne croit réellement au modèle du communisme étatique, mais où le pouvoir tient encore d'une main de fer toute opposition et toute velléité d'occidentalisation, autant dans les mœurs que dans l'économie. Autant dire que le peuple russe vit dans une triste léthargie.
Et pourtant la première séquence de ce remarquable Leto contraste avec ce cliché terne et grisailleux de l'Union soviétique des années 80. On y voit un groupe de jeunes filles escaladant une échelle à l'arrière d'un groupe d'immeubles pour se glisser par un fenestron dans ce qui s'avère être un des rares clubs de rock tolérés. Sur scène, pseudos Ray Ban et dégaine cuir, se déchaîne l'idole des jeunes filles Mike Naumenko. Mais attention : dans la salle, pas question d'exprimer trop ostensiblement sa passion pour le rock, point de slam, pogo ni même gesticulations diverses, des émissaires stipendiés du régime étant là pour contrôler toute effusion excessive. Plus tard tout le monde se retrouve au bord du lac, c'est l'été (« leto », le titre du film), on chante encore, on flirte, les filles sont belles et les garçons pas mal non plus. Parmi eux le timide et étrange Viktor, au visage eurasien, qui lui aussi veut percer sur la scène rock. Il a un vrai talent et fascine Natasha, la compagne de l'inconstant Mike qui va néanmoins le prendre sous son aile, ami et rival à la foi. Ainsi se noue un étonnant trio à la « Jules et Jim », à la fois amoureux et artistique.

Leto, dans un noir et blanc sublime, décrit avec beaucoup de justesse et d'empathie ces jeunes qui étouffent sous la chape soviétique et qui déploient une formidable énergie pour construire leur liberté artistique et amoureuse. Un monde où l'on peut passer des nuits entières à deviser, entassés dans un appartement, sur le sens des paroles de Lou Reed, où l'on boit et fume beaucoup, où l'on s'aime, un monde qui échappe, en dépit de la répression, aux diktats du pouvoir. Le film est d'ailleurs directement inspiré du destin des deux leaders de la scène rock du Leningrad des années 80, Mike Naumenko et Viktor Tsoi. Et si la curiosité vous prend d'aller voir les quelques vidéos existantes de leurs concerts, vous observerez le mimétisme réel entre les deux acteurs et leurs modèles. L'apprenti dépassera d'ailleurs le maître dans la mémoire du rock n'roll.

Toute cette liberté qui exulte par chacun des plans et des musiques du film est d'autant plus paradoxale qu'il a été réalisé par un Kirill Serebrinnikov assigné à résidence dans son appartement, pour une obscure affaire de détournement de subventions. Imaginer que ce film si lumineux, si énergique a été finalisé à distance par un gars enfermé dans quelques dizaines de mètres carrés est particulièrement savoureux. L'ironie du sort étant que cette ode à la liberté qui évoque la Russie brejnevienne étouffante trouve un parfait écho dans celle d'aujourd'hui, encore plus cadenassée par le joug poutinien. Les punkettes moscovites persécutées de Pussy Riot feront peut être dans 30 ans l'objet d'un film aussi réussi…