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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

BROOKLYN SECRET

(Lingua franca) Écrit et réalisé par Isabel SANDOVAL - USA 2019 1h29mn VOSTF - avec Isabel Sandoval, Eamon Farren, Lynn Cohen, Megan Channell... Grand Prix du Festival Chéries-Chéris 2019.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

BROOKLYN SECRETOlivia est d'origine philippine et travaille comme aide-soignante à domicile auprès d'Olga, une vieille femme russe ashkénaze de Brooklyn. Charmante au demeurant, Olga commence doucettement à perdre les pédales, ne reconnaît plus sa cuisine, confond ses enfants avec ses petits et arrière-petits enfants, au grand désarroi de sa famille. L'indispensable Olivia, qui connaît son Olga sur le bout des doigts, gère avec professionnalisme et humanité la lente dégénérescence de la vieille dame.
Pourtant sa propre situation est pour le moins précaire. Comme nombre de ses compatriotes en situation irrégulière, Olivia vit dans la crainte permanente du contrôle d'identité et de la reconduite à la frontière. Un Américain a bien accepté de l’épouser pour qu’elle puisse obtenir un statut légal – aux Etats-Unis, c'est même un business répandu et assez lucratif. Mais il a empoché une avance et fait le mort, et Olivia ne sait pas si ces noces de papier se matérialiseront un jour. C'est alors qu'elle rencontre Alex, le petit-fils d’Olga, totalement craquant avec sa petite gueule d'ange marquée par les coups durs d'une vie de patachon – l'alcool, les addictions, la prison… Pour l'heure ouvrier d’abattoir « à l'essai » chez un tonton un rien despote, Alex lutte tant bien que mal contre ses démons, et se laisse peu à peu émouvoir et séduire par la fragile jeune femme. Jusqu'à la découverte inopinée du secret pourtant bien enfoui de l'identité transsexuelle d'Olivia. Entre Olivia et Alex grandit un amour douloureux où se télescopent désirs, non-dits, passion, rechutes, petites et basses vengeances…

Les premiers plans de Brooklyn secret montrent un New York étrangement vide, qu’il s’agisse d’une station de métro ou de Coney Island. Le film laisse de la place au silence comme à l’introspection, et met en scène la solitude dans laquelle se trouve Olivia, femme trans sans papiers dans l’Amérique de Trump. « En regardant le début du film, on s’attend peut-être à un style brut, néoréaliste. J’ai voulu tenter quelque chose de différent – une sensibilité alternative au tiers-monde. Je voulais faire un film qui touche à des questions sociales comme l’immigration et les questions de genre mais qui puisse être lyrique, séduisant et mélancolique. Il y a une certaine délicatesse dans la composition, la richesse des couleurs et la langueur du rythme ; tout cela participe à faire un film politique et sensuel. […] J’ai toujours été attirée par les récits de femmes marginalisées d’une manière ou d’une autre, et qui se retrouvent à faire des choix intensément personnels dans des milieux socio-politiques tendus. Mes personnages font inévitablement partie du tissu social – ils ne vivent pas dans le vide – et c’est pourquoi mes films sont par essence politiques. ».
De la violence du contexte politique, on n’entend que quelques bribes à la radio. C’est suffisant pour comprendre ce à quoi Olivia est confrontée. Brooklyn secret n’est pas un film sur le fait d’être trans, mais davantage sur le fait d’être une personne en marge. Si les problématiques finissent par se recouper, le film ne documente pas son personnage : son authenticité vient de ses qualités d’écriture, de l’interprétation charismatique et sans effets de Sandoval elle-même ; elle vient peut-être aussi de l’expérience de la comédienne/réalisatrice. Être trans dans Brooklyn secret ne semble être un sujet que pour les autres. Le ton du film est délicat, sentimental. Mais lucide, sans angélisme. Isabel Sandoval se penche avec sensibilité sur son héroïne solitaire et invisible et parvient, sans didactisme et avec nuance, à la faire exister avec intensité.

(d'après N. Bardot, lepolyester.com)