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Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

Quiz des "trente dernière secondes" du n°1 au n°50
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°1 au n°50  Quiz cinéma : les 30 dernières secondesPour célébrer la fin de l’année écoulée et vous présenter nos meilleurs vœux pour 2021, l’équipe d’Utopia Bordeaux (sur un colossal travail d’archiviste d...

Le monde du silence
LE MONDE DU SILENCE Mardi 15, Mercredi 16, Samedi 19 et Dimanche 20 décembre, le cinéma Utopia de Bordeaux assurera symboliquement les séances initialement prévues dans son programme de réouverture. Les projecteurs seront allumés, les salles seront dans le noir et les images défileront sur nos écran...

ANY DAY NOW

Hamy RAMEZAN - Finlande 2020 1h22mn VOSTF - avec Aran-Sina Keshvari, Shahab Hosseini, Shabnan Ghorbani, Khimiya Eskandari... Scénario de Hamy Ramezan et Antti Rautava. Pour les enfants à partir de 12 ans. Musique de Tuomas Nikkinen et Linda Arnkil.

Du 08/12/21 au 29/12/21

ANY DAY NOWÀ l’heure où nous écrivons ces lignes, le sinistre ex-ministre fascisant italien Matteo Salvini est jugé pour avoir mis en danger la vie de centaines de migrants en empêchant durant deux longues semaines le bateau qui les avait secourus d’accoster. La vie et le film du réalisateur Hamy Ramezan sont comme un superbe pied de nez à ce genre de tristes individus qui enlaidissent l’Europe. Hamy, à l’âge de sept ans, a fui avec sa famille son pays natal, l’Iran, en proie à l’époque à une terrible guerre avec son voisin irakien. Il a, comme des millions d’autres exilés, traversé les déserts jusqu’à Istanbul, puis les mers jusqu’aux îles grecques avant de remonter, en passant par les horribles camps de réfugiés de Belgrade, jusqu’en Finlande, où il a enfin trouvé la paix et une carrière prometteuse de cinéaste. De ses souvenirs parfois terribles, il a tiré ce film lumineux et apaisé à regard d’enfant.

L’alter ego fictionnel de Hamy, c’est Ramin, treize ans. Un enfant finnois comme un autre, qui va à l’école finlandaise où il a un meilleur ami, une jeune fille pour laquelle il en pince, mais aussi un couple de vieux voisins chez qui il va régulièrement s’adonner à l’horticulture. Sa vie serait presque identique à celle de ses camarades de classe s’il ne rentrait pas chaque soir rejoindre sa famille dans la chambre exiguë du centre de demandeurs d’asile qui rassemble tous ceux qui, comme Ramin, sa mère, son père et sa petite sœur, attendent avec angoisse ce courrier qui leur annoncera la suite de leur vie : la possibilité de construire leur avenir sur cette terre qu’ils ont mis tant de temps à atteindre ou l’expulsion qui les mettra dans le premier avion à destination de leur pays d’origine.

Ce qui est très beau et très fort dans le film de Hamy Ramezan, écrit en collaboration avec un brillant scénariste et romancier finlandais, c’est qu’il pose son regard à hauteur d’enfant, cet irrésistible Ramin qui retient de toutes les situations les côtés positifs, sans penser aux lendemains qui pourraient s’avérer sombres. On se réjouit avec lui des petits rituels de la famille Mehdipour qui, malgré les aléas, réussit à rester soudée, chacun se montrant attentif et bienveillant envers les autres. Il y a la douceur de la mère qui organise chaque matin un réveil tout en tendresse, il y a ce père parfaitement lucide des obstacles et des dangers qui les guettent, mais qui reste positif en toute circonstance (incarné magnifiquement par l’acteur iranien Shahab Hosseini, prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes pour Le Client d’Ashgar Farhadi)…
Et puis il y a l’amitié entre Ramin et un collégien finlandais, avec cette très jolie scène qui montre les deux garçons remonter une rue en éteignant un à un à coups de pieds les lampadaires, qui se rallument de manière synchronisée. Et le film s’avère, alors que le ciel politique de l’Europe s’assombrit, une invitation à savourer la liberté, l’amitié, l’amour familial et le temps présent. Un temps présent où, quelles que soient les péripéties, la famille de Ramin reste digne et soudée.

Il faut souligner la magnifique prestation du jeune Aran-Sina Keshvari, trouvé un peu miraculeusement parmi les rares adolescents finnois qui parlent persan et qui fait preuve d’un naturel et d’une justesse exceptionnels.