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L'« affaire Utopia » autour du film israélien : une polémique obscène
Texte publié par Simone Bitton sur son blog de Rue89
Les échos du brouhaha autour de la déprogrammation du film A cinq heures de Paris par le réseau de salles Utopia - et son remplacement par mon film Rachel - me sont parvenus tardivement, plus d'une semaine après le début de cette étonnante polémiq...
Eyal Sivan : « Utopia, se réveiller »
Lettre d'Eyal Sivan, Paris 14 Juin 2010.
Cela fait des années que les salles du réseau Utopia accueillent à la fois les films et les débats autour d'importants sujets de société dont la France d'en-haut n'aime pas discuter. Les salles Utopia font le lien entre un cinéma indépendant, les réseaux asso...
Les salles indépendantes seront-elles les « dindons de la farce » numérique ?
Plaidoyer pour une diversité culturelle et un cinéma numérique durables
L'exploitation cinématographique est à l'aube de changements technologiques propres à bouleverser l'équilibre de la profession, mettant en péril un nombre important de salles du parc français, et par là même la diversité culture...
(DAYS OF HEAVEN) Écrit et réalisé par Terrence MALICK - USA 1979 1h34mn VOSTF - avec Richard Gere, Brooke Adams, Sam Shepard, Linda Manz... Prix de la Mise en scène, Festival de Cannes 1979 - Oscar 1979 de la Meilleure photographie. Réédition en copie neuve restaurée.
Du 23/07/10 au 10/08/10
Ce qui frappe d'abord dans Les Moissons du ciel, c'est l'incroyable beauté de ses images, composées par le grand Nestor Almendros. Irisées, chatoyantes, elles offrent une palette de couleurs invraisemblable, elles donnent à voir et à sentir : l'ombre passagère d'un nuage qui parcourt les champs à perte de vue, le souffle voluptueux de la brise sur les blés… C'est sensuel, c'est sublime… Et cette beauté quasi-divine vient en contrepoint d'une histoire humaine, trop humaine, qui met en jeu tous les sentiments du monde, de l'amour à la cruauté. Le film commence à Chicago, nous sommes en 1916. Bill est ouvrier dans une fonderie mais, après une altercation avec un contremaître, il est contraint de partir pour le Texas, avec sa compagne, Abby, et sa petite soeur, Linda. C'est la voix de l'enfant qui commente ce qui se passe à l'écran, comme si elle racontait une légende, une épopée peu à peu gagnée par la tristesse et le malheur. Car sous ses yeux se prépare une tragédie… Le trio est engagé pour la moisson dans un grand domaine, Bill et Abby décident de circonvenir le fermier, un homme à la santé fragile et dont on dit les jours comptés, pour s'approprier sa fortune : pour cela, Abby devra se faire épouser… Mais la piètre machination se retournera contre ses instigateurs, et le destin ne fera pas de cadeau…
À l'image d'œuvres aussi fortes que Les Raisins de la colère, Les Moissons du ciel brosse un tableau saisissant de la grande agriculture au Texas (le grenier à blé des USA) au début du machinisme agricole. On voit la place grandissante que prennent les faucheuses, les batteuses alimentées par des chaudières à vapeur, leur pénétration vorace dans un paysage jusque là vierge de toute intrusion mécanique. On vit les rapports sociaux dans ces grandes exploitations : l'importance symbolique de l'imposante demeure victorienne des maîtres, les relations patron-régisseur-saisonniers, le dur travail de ceux-ci, son caractère cruellement aléatoire, mais aussi les moments de détente et de fraternité…
Solidement campé sur ces fondations d'un réalisme scrupuleux, Malick peut alors laisser libre cours au lyrisme et au déchaînement des passions humaines, qui se noueront au moment même où l'équilibre de la nature toute-puissante est mis en danger… Les Moissons du ciel exprime la nostalgie d'un paradis perdu, d'un rêve d'harmonie piétiné. A ce titre, il s'inscrit dans la lignée du grand cinéma américain traditionnel, tourné vers des valeurs oubliées, exaltant les grands espaces, plaçant l'homme dans la dépendance de quelque mystérieux et implacable destin. On aura compris que le message n'est pas farouchement progressiste. Mais c'est tellement beau, et ample, et exaltant…
MODIFICATION D'HORAIRE: La copie du film "Les Moissons du Ciel" arrivera seulement jeudi !
Nous sommes vraiment désolés pour ce retard, et nous vous proposons à la même heure - à la place de la première séance prévue ce mercredi 21 juillet à 21h50 - le film "When you're strange (a film about The Doors)" de Tom DiCillo, qui passera pour la dernière fois à l'Utopia...
Nous vous prions de nous excuser et vous attendons pour les séances suivantes des "Moissons du Ciel" dès vendredi 23 juillet à 21h50 !
L'équipe du cinéma.
