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SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

CINÉ TRICO'THÉ
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Mangez-vous les uns les autres (petite histoire du cannibalisme au cinéma)
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RARA

Pepa SAN MARTIN - Chili 2016 1h30mn - avec Mariana Loyola, Agustina Muñoz, Julia Lübbert, Emilia Ossandon, Daniel Munoz... Scénario de Pepa San Martin et Alicia Scherson. Pour les enfants à partir de 10 ans.

Du 28/06/17 au 01/08/17

RARAUn grand vent de fraîcheur venu du lointain Chili ! Pour raconter l'histoire – inspirée de faits réels – d'une famille fort singulière, ce film jovial et tout à fait subtil se place du point de vue trop rarement adopté des enfants. On y entre par la petite porte, celle des rase-mottes, ceux qu'on ne traite pas comme des grands. Nous voilà, en catimini, accrochés aux basques de Sara. La découvrir de dos (merveilleusement filmée dans un long plan séquence) nous oblige à spéculer sur tout le reste. Il se pourrait bien que ce petit brin de future femme, que l'on suit dans les couloirs du collège, soit une sacrée gaillarde ! On se demande comment ses cheveux si lisses réussissent la prouesse de ne jamais paraître policés. Quant à ses jambes bien campées, qui semblent annoncer : « Attention j'arrive, prière de vous pousser ! », elles tranchent avec le manque d'assurance de ses épaules – si typique chez les adolescentes qui ne savent pas encore assumer ce qui jaillit soudain d'elles… Douze ans, l'âge délicat où le corps hésite encore entre deux états. À ainsi lui emboiter le pas, avant d'avoir vu son visage, ses yeux, on perçoit déjà leur vision du monde. Entrée en matière habile qui nous entraîne dans la tête de Sara au lieu de se polariser sur les apparences.

Puis c'est le retour au bercail, une maisonnette simple et chaleureuse, comme on n'en fait plus guère, avec son jardin croquignolet. L'endroit respire de vie, de bienveillance et d'une bonne humeur communicatives que les jérémiades de Catalina (la petite sœur de Sara) ne parviennent jamais à troubler bien longtemps. Si elle fait mine de chouiner pour la forme, elle se marre, espiègle, la seconde d'après, pas étonnée que ça n'ait pas marché. Elle est vraiment rigolote Cata, avec sa frimousse friponne, ses airs bizarres, ses drôles de lunettes, son éternel bandeau sur la tête et sa petite voix qui égraine des perles de réparties vivifiantes. On s'attache vite aux deux sœurettes, à leur relation particulière, à leurs manières directes. Même quand le ton monte, l'humour reste tapi tout près, prêt à bondir pour désamorcer les colères.
On comprend vite de qui tiennent Sara et Cata en découvrant Paula, leur mère, et sa compagne Lia… Quel joli couple harmonieux forment ces deux femmes complémentaires ! Et sous leur houlette, les deux frangines, dorlotées sans être trop gâtées, éduquées dans l'écoute mais sans mollesse, semblent s'épanouir simplement. Le temps passe, bien rythmé entre les activités scolaires, les corvées du quotidien, les chamailleries, les réconciliations, les rires, les moments doux où l'on se nourrit à une tendresse toujours renouvelée.

Mais un dessin de rien du tout va mettre le feu aux poudres. Cata, sans penser à mal puisqu'il n'y en a pas, a le malheur d'y dépeindre toute la maisonnée et tout naturellement bien sûr ses deux mamans… La maîtresse s'en émeut, l'école convoque les parents… Le fragile équilibre qui régnait avec l'ex-époux de Paula semble soudain vaciller… Si les lois ont changé en matière d'homoparentalité, les mentalités de la petite ville de Viña del Mar rament encore loin derrière.
Sara, quant à elle, observe, essaie d'intégrer les informations qui lui arrivent par bribes. Elle pressent que, suite à cet incident, le regard de ses camarades pourrait changer, alors que le sien est fortement attiré par un garçon de son cours de volley… Comment mettre des mots sur ces nouvelles choses qu'elle ressent et quels actes poser ? Peut-être ruer dans les brancards ? Asticoter des adultes qui ne lui laissent pas la place qu'elle voudrait avoir désormais ? En tout cas, elle va devenir malgré elle l'un des enjeux des adultes en question.