SOIRÉES-DÉBAT

SÉANCES SCOLAIRES

PROCHAINEMENT

NOUS CONTACTER
NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6€
ABONNEMENT : 44€ (10 places)
Séance sur fond gris : 3,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

L'été d'Utopia
Votre cinéma préféré reste ouvert durant tout l'été. Alors n'hésitez pas à venir voir Eldorado, Valse avec Bachir, Française, le surprenant La nouvelle vie de M. Horten et bien d'autres encore. On vous laisse quand même le temps de faire la sieste (ou de travailler pour les moins chanceux) : le...

La fête du cinéma en affiche
La fête du cinéma, c'est avant tout une ambiance de fête. Et c'est le dimanche 29 juin, le lundi 30 juin et le mardi 1er juillet. On vous rappelle le principe : durant ces trois jours, vous achetez une première place, on vous remet un « passeport » et, sur présentation de ce passeport, vous paye...

Communiqué de l'association ISF
L'association ISF (Indépendants, Solidaires et Fédérés) se réjouit de la formidable réflexion qui traverse actuellement tous les secteurs du cinéma. Elle se félicite de la publication des rapports Ferran / Club des Treize et Perrot / Leclerc et souhaite apporter son grain de sel aux pistes ouver...

Manger sans paysans, la fin de la culture paysanne ?
L’alimentation nous concerne tous. La disparition de la culture paysanne est une question qui ne peut être laissée aux seuls agriculteurs et agricultrices, qui sont confrontés au quotidien à leur survie économique. Il n'est pas tolérable que, sans discussion publique, des technocrates et des mul...

Los Olvidados
Presque une centaine d'aficionados se sont déplacés en ce mardi 11 mars pour (re)découvrir le chef d'oeuvre de Bunuel Los Olvidados... Ils ont pu apprécier l'exposition du photographe équatorien Félix Atahualpa sur l'Amérique du Sud.... et une exposition d'artisanat d'Amérique Latine, proposée p...

VALSE AVEC BACHIR

(WALTZ WITH BASHIR) Écrit et réalisé par Ari FOLMAN - film d'animation Israël 2008 1h30mn VOSTF -

Du 23/07/08 au 05/08/08

Magnifique, magistral, d’une originalité folle, viscéralement antimilitariste et profondément humaniste : un grand choc, un des très grands moments du Festival de Cannes 2008. Et pourtant Valse avec Bachir est reparti sans aucun prix : va savoir pourquoi ? Cela restera pour nous un grand mystère. Mais peu importe au fond : le film est là, le film est extraordinaire, il n’a pas besoin de prix pour faire son chemin jusqu’à vous.

Une meute de chiens voraces, impitoyables, trace dans les rues sombres, menaçant tout sur son passage : femmes, enfants, la vie… Une meute pleine de bruit et de fureur, assoiffée de vengeance. Vingt six chiens déterminés, efflanqués mais puissants, le regard fou, leurs yeux jaunes braqués sur un but ultime, lancés dans une course violente… Vingt-six chiens qui viennent réclamer leur dû à Boaz que ce cauchemar persécute. Alors, cette nuit-là, il s’abandonne et cesse de résister à ce passé qui ouvre des brèches pour resurgir du fin fond de l’oubli où il pensait l’avoir bien enterré. Dans l’urgence, il convoque son ami Ari : il faut qu’il parle. Le Liban, Sabra et Chatila, la guerre… L’horreur… Sa faiblesse : il ne pouvait pas tuer les gens, alors on lui avait confié la tâche de tuer les chiens à l’abord des villages pour ne pas éveiller l’attention des habitants, les maîtriser plus proprement… Vingt-six chiens exactement : comment oublier ? Et s’il a appelé Ari, c’est qu’il l’a faite, lui aussi, cette putain de guerre. Mais voilà, Ari en l’écoutant réalise qu’il n’en a aucun souvenir… Il a tout occulté. Il est un peu comme désincarné : étranger à son propre corps, à sa propre histoire, même pas vraiment troublé. Et c’est en cet instant que la soif de savoir naît dans les tripes d’Ari, devient nécessité vitale, s’impose comme une évidence fulgurante et va l’entraîner dans un long périple, un long cheminement sur les traces de sa mémoire et puis de la mémoire en général. La sienne étant défaillante, il va fouiller celle d’anciens soldats israéliens comme lui…

Commence une longue quête passionnante. En se lançant à la recherche de ses vieux compagnons d’arme, il part à la conquête de lui-même, de ce qu’il est profondément, de ce qu’il se cache intimement. C’est comme une dette envers la vie qu’il se doit d’acquitter. Le besoin de ne pas se mentir, d’affronter ce que l’on a été pour pouvoir se reconstruire, avancer. Voyage terrible et salutaire peuplé de témoignages poignants. À chacun son histoire, à chacun son anecdote, à chacun sa manière de vivre ce passé ou de l’avoir oublié. Celui-ci se sentit fort, exalté, cet autre se sentit lâche, celui-là abattit froidement ses congénères comme l’on abat de vulgaires cartes dans une partie perdue d’avance… À chacun sa manière d’affronter l’horreur et la mort, mais aucun ne ressortit indemne. Toute une humanité sans gloire et sans triomphe. De l’un à l’autre la parole passe, la mémoire se révèle : comme un effet domino dont chacun ressort plus ou moins transformé.
Histoire toujours recommencée et qu’on n’en finit pas d’entendre, comme envoûtés tant elle nous questionne de manière essentielle sur ce que nous sommes, sur ce que nous valons. C’est d’autant plus fort que c’est autobiographique, vécu, et que chaque témoignage est bien réel. Un film à prendre à forte dose pour les allergiques aux documentaires comme pour les réticents aux films d’animation. Ari Folman en mélangeant les deux genres en a fait un film extrêmement pêchu. Les graphistes ont fait un travail remarquable qui renforce l’intensité des témoignages, les rendent extrêmement vivants, jamais ennuyeux !