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THE INTRUDER de Roger Corman
Nous sommes heureux de vous annoncer qu’Utopia s’est associé à l’excellent distributeur Carlotta Films pour proposer aux spectateurs d’Utopia une pépite cinématographique rare en accès libre sur le Vidéo Club Carlotta : The Intruder de Roger Corman. Roger Corman, surnommé « le roi de la série B ...

"Un sale métier" à voir sur Mediapart
UN SALE METIER, c’est le titre (emprunté au Voleur de Georges Darien) d’un très chouette film réalisé par Pascal Catheland il y a quelques années, qui est visible en accès libre sur le site de Mediapart pendant une semaine à partir du 26 avril 2020 : Un sale métier / Mediapart. La présentation d...

LES GRANDS VOISINS, LA CITE REVEE
LES GRANDS VOISINS et Utopia Sainte Bernadette à MontpellierUne fois n’est pas coutume, à la suite de nos amis d’Utopia Tournefeuille, nous nous essayons à partager avec vous un film, LES GRANDS VOISINS - et de profiter autant que possible de ce moment pour discuter, ensemble, avec d’autres. San...

Lundi 7 août à 20h séance proposée par Arrêt du nucléaire 34, suivie d'un débat en présence du général Francis Lenne - Général à la retraite engagé pour un désarmement nucléaire mondial.
Miracle Mile est ensuite programmé jusqu'au 12 septembre, à raison de 2 séances par semaine !

MIRACLE MILE

(Appel d'urgence) Steve de Jarnatt - USA 1988 1h27mn VOSTF - avec Anthony Edwards, Mare Winningham, John Agar, Mykelti Williamson...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MIRACLE MILELe film emprunte son argument à l’un des thèmes classiques de la science-fiction des années 1950-1960, à savoir la menace nucléaire – et ressemble, en ce sens, de par son concept assumé jusqu’au bout, à un épisode de La Quatrième Dimension. Tout débute pourtant sur un air de comédie romantique : Harry, musicien de jazz de passage à Los Angeles, rencontre Julie dans les couloirs du Museum d’histoire naturelle, et tombe amoureux d’elle. Victime d’une panne de réveil, il rate le rendez-vous qu’ils s’étaient fixé au café du coin, où il débarque trop tard. Julie n’est plus là et une cabine téléphonique sonne dans le vide. Harry répond et reçoit un message alarmant, qui annonce une destruction imminente. Pris de panique, il alerte la clientèle de l’établissement, pour tenter avec eux de rejoindre au plus vite l’aéroport… mais pas sans Julie.

Steve De Jarnatt négocie cette rupture improbable et orchestre une course contre la montre haletante, avec une inventivité de chaque instant. En jetant son héros dans une nuit de galère, le film revêt l’apparence d’un cauchemar éveillé, voire d’une hallucination paranoïaque : Harry semble tourner en rond dans Miracle Mile, quartier de Los Angeles, et toujours revenir à son point de départ. De Jarnatt tire le meilleur parti du décor vide de la ville californienne : le sentiment d’apocalypse naît du dépeuplement de ses rues, des ombres qui les hantent, des lumières spectrales qui l’éclairent dans l’abandon nocturne et amplifient la solitude angoissée du héros. La caméra emboîte le pas de celui-ci, dans de longs travellings filés et suspendus à l’urgence d’un temps quasi réel, au son des nappes électroniques du groupe Tangerine Dream.

L’angoisse et l’urgence ne se suffisent pas à elles-mêmes, mais se gonflent de la quête sentimentale d’Harry, éclairant le propos du film : l’apocalypse, ça n’est peut-être rien d’autre qu’un rendez-vous amoureux raté, ou, pour le dire autrement, la transposition à l’échelle macroscopique d’une catastrophe intime. Loin de s’en tenir à cette seule pente subjective, le film prend son postulat cataclysmique au sérieux et le pousse jusqu’à son dernier degré de réalité : à l’aube, la panique s’empare de la ville et sème déjà une forme de débâcle humaine qui préfigure le désastre à venir. La beauté sombre et désespérée des derniers instants est indicible, mais suffit à porter Miracle Mile au plus haut degré d’ébullition romantique.

(Mathieu Macheret, Le Monde)