UTOPIA SAINTE BERNADETTE
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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de la...

SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

À LA VIE À LA MORT
Quelle joie de se retrouver sous les étoiles hier à Berat, en Haute-Garonne!Expo, rencontre et ciné avec Nevada. Quel bonheur.Déjà 200 personnes pour les prémisses d’un nouveau lieu vivant et pluridisciplinaire co animé par les habitants. Ce sont les premières festivités de l’été d’Utopia et du ...

LA GRANDE MAGIE

Noémie LVOVSKY - France 2022 1h50mn - avec Denis Podalydès, Noémie Lvovsky, Sergi Lopez, Judith Chemla, Rebecca Marder... Scénario de Florence Seyvos, Noémie Lvosky et Maud Ameline, librement adapté de la pièce La Grande magia d’Eduardo de Filippo. Composition des chansons et musique : Feu ! Chatterton.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA GRANDE MAGIEC’est un exercice de funambule auquel se prête ici la comédienne et réalisatrice Noémie Lvosky, glissant avec une joie communicative sur le fil d’une comédie fantaisiste et mélancolique qui convoque le merveilleux et le fantastique. L’invitation à ce voyage dans le temps et les malles à double fond ne se refuse pas : une distribution haut de gamme (dont pas moins de 4 membres ou ex de la Comédie-Française) qui joue cette histoire avec un esprit de troupe qui crève l’écran, permettant à chacun, même dans les rôles les plus seconds, de jouer avec brio sa partition ; une ambiance de music-hall qui ose sans timidité la chansonnette et les pas de danse ; et une tonalité bien personnelle qui est la marque de Noémie Lvovsky et qui fait qu’on l’aime.
Il y a dans cette magie-là une générosité, une envie de casser les codes, une furieuse envie de fiction et d’imaginaire, avec de nombreuses références aux débuts du cinéma, quand il était cet art tout neuf et frétillant tout proche encore de l’attraction foraine. Mais entrez plutôt, Mesdames et Messieurs, le spectacle va bientôt commencer, surveillez bien du coin de l’œil celui ou celle qui vous accompagne, il se pourrait bien qu’ils disparaissent derrière l’écran blanc de la salle !



Années 1920, quelque part dans un hôtel chic en bord de mer. L’air est doux, la vue magnifique et la table excellente mais on s’ennuie ferme ici… Une bande de pipelettes oisives commentent la pluie, le beau temps… et la situation de cette pauvre et pourtant délicieuse Marta (Judith Chemla), venue comme chaque été avec son barbant de mari Charles (Denis Podalydès), aussi jaloux que rabat-joie.
Heureusement, l’arrivée d’une troupe de saltimbanques va venir mettre un peu d’ambiance. Et ce n’est pas n’importe laquelle… puisque ce soir, c’est bien un grand, très grand magicien qui fera l’honneur à ces messieurs-dames de donner une représentation dont tous ici présents se souviendront toute leur vie.
Le magicien (Sergi Lopez) est un beau parleur et ses complices de scène, jouant dans l’ombre pour donner corps, rythme et vie au spectacle, sont de bien sympathiques et gais lurons : un régisseur taiseux et efficace (Damien Bonnard), à la sono une toute jeune femme délicate et pétillante (Rebecca Marder) flanquée de son père drôle et tendre (François Morel), et l’exubérante et fougueuse Zaïra (Noémie Lvosky) en assistante (et compagne) du maître.
Mais quand Martha se prête au tour de passe-passe, quelque chose d’inattendu, d’incompréhensible et j’oserai dire de totalement abradacabrandesque… va se produire sous les yeux médusés de l’assistance, et particulièrement de Charles qui va se retrouver, bien malgré lui, le dindon de la farce.

La Grande magie n’est pas tout à fait une comédie comme les autres. Sous le vernis léger, dans cet après-guerre où il fallait bien oublier les morts, les gueules cassées, les champs de bataille, pointe une autre histoire, plus profonde et mélancolique. C’est une histoire qui dure depuis la nuit des temps, depuis que l’homme, pour rêver grand, fuir la dureté du réel ou croire en des horizons meilleurs, se raconte des histoires. C’est la magie de l’art et de la fiction. Le vrai éclaire-t-il plus que faux ? Et finalement, comme le fera Albert le magicien, pris dans les filets de cette illusion qui n’en est peut-être pas une, ne peut-on faire le choix de croire la vérité qui nous aide à mieux vivre ? Croire que le temps n’existe pas, que l’amour peut rester vif et sincère si on l’enferme dans une boîte en bois, que la mort n’est qu’une mauvaise blague. En somme, tout ce à quoi le cinéma nous convie aussi…