UTOPIA SAINTE BERNADETTE
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Coopérative QUI VIVRA BÉRAT habitat partagé en évolution la Ménardière
Une autre façon de vivre ? Une autre façon de vieillir ? Voilà 4 ans, qu’un groupe de retraités a investi le Domaine de la Ménardière en créant une coopérative. Objectif : Vivre et vieillir ensemble solidaires et actifs jusqu’au bout du chemin. Chambres d’hôtes, Conc...

SÉANCES BÉBÉS
  Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pou...

30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de la...

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LA VOIE ROYALE

Frédéric MERMOUD - France 2023 1h49mn - avec Suzanne Jouannet, Marie Colomb, Maud Wyler, Marilyne Canto, Antoine Chappey... Scénario d’Anton Likiernik, Frédéric Mermoud et Salvatore Lista.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA VOIE ROYALEFille d’éleveurs qui étudie en même temps qu’elle participe activement aux travaux de la ferme, Sophie n’aurait jamais eu l’idée d’intégrer une prestigieuse école préparatoire élitiste, tremplin pour les grandes écoles d’ingénieurs, Normale Sup, Polytechnique ! Mais cette inaccessible étoile pour celle qui n’en connaissait même pas l’existence semble une évidence pour son professeur de maths. Il plaide la cause devant la famille : Sophie a un don qu’elle n’a pas le droit de gâcher. Bien que l’intérêt d’être forte en math pour traire les vaches ne saute pas aux yeux, la bienveillance familiale l’emportera évidemment. Nul ne mettra d’entraves au potentiel d’émancipation de la petite surdouée. Sophie passe donc l’examen d’entrée. Attente anxieuse, réponse inespérée : elle est admise. La voilà propulsée, bourse en poche, méritocratie oblige, vers un internat qui tient de la maison de maître. Sa mère qui l’accompagne pour l’installer ouvre des yeux écarquillés. Elle ne voyait pas ça comme ça, « si grand », si impressionnant. Sophie non plus mais elle fait semblant d’être sûre d’elle.

La voilà seule, un peu perdue mais émerveillée, intimidée mais bien déterminée à manger toute la vache enragée qu’il faudra. Ses premiers pas dans ce nouveau monde la font déchanter. On ne peut rivaliser aussi facilement avec ceux dont l’aisance naturelle a été façonnée dès l’enfance dans un milieu privilégié. Leur savoir est arrogant, leur sollicitude de façade, leurs moqueries cruelles.
Heureusement, il y a la rencontre avec Diane, coup de foudre amical instantané, malgré leurs origines sociales opposées. Puis commencent les cours…
Il y a quelque chose de magique dans les énoncés mathématiques énigmatiques, inaccessibles au commun des mortels. On y parle de mouvements, ceux des planètes, ceux des bulles dans un verre, ceux des gouttes d’eau de pluie… Tout un monde vertigineux qui va de l’infiniment grand à l’infiniment petit… Tout semble pouvoir se résumer dans une formule mathématique écrite au feutre sur un tableau ou une page blanche. Peut-être n’est-on pas si loin de la sorcellerie.
Mais au bout du bout, il y a des concours sans pitié. Les sciences dures tiennent du sport de combat, c’est une fosse aux gladiateurs qui engendre une compétition torride, oblige à un entrainement aussi rigoureux que celui des sportifs de haut niveau. Tout ça en gardant le sourire, l’assurance, la grâce… Sur la ligne de départ, pas d’égalité qui tienne : il y a ceux qui captent tout du premier coup, ceux qui bossent comme des malades pour réussir, ceux qui bossent encore plus pour récolter des notes désespérément minables. Notre Sophie fait partie de ceux-là, paumée, privée des codes pour comprendre ce qu’on attend d’elle, mesurant l’étendue de ses lacunes. Certains professeurs ne lui font pas de cadeau, en particulier la prof de physique, qui se fait un devoir de ne manifester aucune empathie… Peut-être est-ce pour mieux armer ses élèves contre un système implacable qui peut broyer les plus fragiles… mais Sophie, déprimée, pense plutôt que c’est pour la renvoyer à sa condition de bouseuse qu’elle sent lui coller à la peau… Notre battante lâchera-t-elle l’affaire, s’accrochera-t-elle ? Nos émotions palpitent avec elle. On se prend à rêver, à trembler à son diapason…

Plus qu’une histoire singulière, c’est un phénomène de fond que réussit à capter le scénario, écrit bien avant le covid, ses confinements à répétition, les doutes qu’il a révélés chez les sujets les plus brillants des établissements supérieurs les mieux côtés. Prémonitoire, La Voie royale résonne comme un écho aux magnifiques discours disruptifs qu’ont tenu de nombreux étudiants d’AgroParisTech ou de Polytechnique lors de la remise des diplômes, bien décidés à faire un pas de côté courageux, refusant décidément de devenir les complices d’un système dominant transmis à la crème des élites et totalement dévastateur pour le climat, la biodiversité, notre humanité.