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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



MARGA

(UNTER BAUERN) Ludi BOEKEN - Allemagne 2009 1h40mn VOSTF - avec Veronica Ferres, Armin Rohde, Margarita Broich, Martin Horn, Lia Hoensbroech... Scénario d'Otto Jägersberg, Imo Moszkowicz et Heidrun Schleef, d'après le récit Sauveurs dans la nuit, de Marga Spiegel.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MARGAOn parle souvent des hauts faits de résistance au nazisme et films, téléfilms, commémorations diverses reviennent régulièrement sur le courage de ceux qui, en France, aidèrent des Juifs à échapper à la déportation. Ce dont on parle peu c'est de ceux qui résistèrent en Allemagne (voir le film Sophie Scholl). Et là, comme disait mon père, c'est une autre paire de manches ! Nous ne sommes pas dans un pays occupé qui résiste à un ennemi étranger, mais au cœur même de l'Allemagne nazie alors que la population tout entière semble soutenir la politique du Fürher. Les familles allemandes traditionnelles n'avaient a priori aucune raison de ne pas croire ce qu'on leur racontait à la radio nationale, pleuraient les soldats tombés, adhéraient à une politique nationale qu'elles croyaient juste… Et pourtant, dans ce contexte-là, des isolés, des paysans, sans discours idéologique, sans le soutien de quiconque, sans savoir ce qui se passait ailleurs, ont eu l'audace de refuser de suivre le mouvement général. Curieusement la chose dérange et ce beau film n'a pas toujours été bien accueilli : ainsi donc, s'il était possible à certains de comprendre ce qui se passait et d'en tirer des conclusions pour eux-mêmes, cela voulait-il dire que tous auraient pu comprendre ? Et le film va très au-delà de ce morceau d'histoire : aujourd'hui, là, tout de suite, n'y a-t-il pas des choses terribles qui se passent, ne rencontrant l'opposition que de minorités non relayées par les médias, ni par les responsables politiques ? Est-ce la conséquence de l'ignorance, du sentiment qu'il est inutile de s'opposer ? Quoi d'autre ?

C'est dans une ferme de Westphalie que Marga la juive trouva donc refuge en 1943. La chasse au Juif était féroce, on rasait les maisons, on pillait, on déportait et son mari l'avait confiée avec sa petite fille à un voisin qui travaillait la terre, tandis que le fils de ce dernier partait pour le front de l'Est et que sa fille s'engageait dans les jeunesses nazies (c'était une obligation). Par chance, Marga était blonde et belle, ne correspondait en rien aux caricatures qui circulaient. Le fermier écoutait en sourdine Radio Londres et sa femme s'inquiétait tout en abondant dans le sens de son mari : ce qui se passait était terrible et leur sens moral leur imposait de protéger ceux qu'on persécutait.
On inventa à la nouvelle invitée et à sa petite fille une nouvelle identité, elle se fit fermière, participant aux travaux de la maison, constamment sur le qui-vive tandis que son mari, n'ayant pu aller très loin, était caché à proximité, prisonnier volontaire pour sauver sa vie. Cela dura jusqu'en 1945 et même là encore, on continua à les regarder avec hostilité, comme si le fait d'avoir survécu à la guerre signait leur lâcheté. « Nous n'étions pas les bienvenus après la défaite. On ne nous a pas attaqués, mais, où que nous allions, nous n'avons pas été accueillis à bras ouverts. Peut-être que notre présence réveillait trop de souvenirs enfouis… » C'est la vraie Marga qui parle, et qui a écrit le livre dont le film est tiré.

Un film tout à fait réussi, d'une force et d'une retenue remarquables, et on ne saurait trop recommander à tous les profs du coin de nous solliciter pour des séances de groupe : on y prend beaucoup de plaisir et en sortant on peut philosopher jusqu'à plus soif.