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Berhart, L’esthétique vulgaire Lowbrow art et pop-symbolisme
Qu’est-ce que le lowbrow art ? Le Lowbrow Art est l’expression la plus récente de la Pop Culture dans l’art, opérant une synthèse surréaliste de tous les courants et les icônes qui l’ont traversé. Né à l’initiative de Robert Williams, le Lowbrow Art, plus largement appelé Pop Surréalisme, rencon...

Dimanche 10 à 10h IRRINTZINA! Le cri de la génération climat…
Un film qui donne du courage! Des luttes non violentes, galvanisantes… ça existe! Il suffit de les rejoindre pour qu'elles soient encore plus efficaces. Alors? On vous attend? Vous amenez les croissants, on prépare le café!?    http://www.cinemas-utopia.org/toulouse/index.php?id=3410&mode=filmhtt...

Install-party à Tournefeuille samedi 17 juin
Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas vers la liberté est toujours délicat, de vous aider à ...

Séance « à bâton rompu » jeudi 27 janvier à 19h00 à Tournefeuille (c'est une séance où on reste dans la salle après le film pour causer tous ensemble, sans meneur de jeu, commence qui veut)

LE NARCISSE NOIR

(BLACK NARCISSUS) Écrit, produit et réalisé par Michael POWELL et Emeric PRESSBURGER - GB 1947 1h40mn VOSTF - avec Deborah Kerr, David Farrar, Kathleen Byron, Jean Simmons, Sabu, Flora Robson... D'après le roman de Margaret Rumer Godden. Photographie au-delà des qualificatifs signée Jack Cardiff - RÉÉDITION EN COPIE NEUVE RESTAURÉE.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE NARCISSE NOIR« Les films de Michael Powell et Emeric Pressburger sont grandioses, poétiques, remplis de sagesse, d’aventure et d’obstination, en extase devant la beauté, qu’elle soit naturelle ou recréée, profondément romantiques mais pourtant dépourvus de tout compromis. » Martin Scorsese

Au printemps dernier, nous avons programmé en réédition Les Chaussons rouges, du même tandem Powell-Pressburger, et nous vous disions notre enthousiasme. Eh bien, Le Narcisse noir, réalisé tout juste un an auparavant, est encore plus beau, encore plus fou, encore plus inoubliable ! Et sachez que nous ne sommes pas les seuls à être chavirés par ce film : lisez les quelques lignes de Martin Scorsese ci-dessus, écoutez Bertrand Tavernier s'enflammer lorsqu'il évoque l'œuvre de Michael Powell et Emeric Pressburger… Ces deux cinéastes anglais, auteurs complets de plus d'une quinzaine de films et finalement assez méconnus du public, suscitent une admiration sans borne chez de très nombreux grands cinéastes qui ont débuté leur carrière dans les années 70 et 80. Moins semble-t-il chez les plus jeunes, mais c'est peut-être tout bêtement qu'ils ne connaissent pas leurs films…
Quoiqu'il en soit Le Narcisse noir est un film sublime, d'une splendeur visuelle renversante : l'action se déroule dans les montagnes de l'Inde, mais Michael Powell a très tôt décidé d'effectuer intégralement le tournage en studio, craignant que l'exotisme des lieux naturels n'écrase l'histoire. Et le résultat est magnifique, au-delà du réalisme, d'une intensité flamboyante : les décors génialement reconstitués, intérieurs comme extérieurs (extraordinaires faux paysages peints !), participent en eux-mêmes aux émotions qui nous submergent. Ils exacerbent la sensation de vertige, la furie des sens, la perte des repères qui assaillent les personnages et, par contagion, nous, spectateurs ébahis par tant d'invention et de lyrisme. Saluons ici l'exceptionnel travail de Jack Cardiff, le directeur de la photographie, qui signera également celle des Chaussons rouges

L'intrigue, adaptée d'un roman populaire écrit par Margaret Rumer Godden, qui grandit dans l'Inde coloniale, paraît totalement improbable sur le papier et s'impose pourtant à l'écran avec l'évidence des grands drames passionnels… Une congrégation de religieuses britanniques est chargée de se rendre dans un ancien harem situé sur les contreforts de l’Himalaya, pour y établir un dispensaire. Autour du palais, accroché à flanc de montagne (regardez l'affiche réalisée spéciale pour cette réédition, vous aurez une idée des sensations créées par le décor), le vent souffle sans répit, la nature est d'une beauté aussi somptueuse qu'écrasante.
Les sœurs sont aidées dans leurs tâches par Dean, un agent anglais installé dans la région depuis longtemps. C'est par lui, le mâle, que le trouble et les dérèglements vont arriver… Rapidement, la sœur supérieure Clodagh (Deborah Kerr) s’offusque de sa conduite grossière et dissolue, et essaie de l'empêcher de nuire. Mais au sein de la communauté, les tensions s’exacerbent, les nonnes sont sens dessus dessous, et soeur Clodagh elle-même…

C'est d'une sensualité, d'un érotisme incroyables, alors même que le film est bien évidemment d'une chasteté absolue. Tout est dans la suggestion, dans la tension, dans le frémissement, dans le jeu des ombres et des couleurs, dans le vertige… Inoubliable, vous dis-je !