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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



TAKE SHELTER

Écrit et réalisé par Jeff NICHOLS - USA 2011 2h VOSTF - avec Michael Shannon, Jessica Chastain, Tova Stewart, Shea Whigham, Katy Mixon, Kathy Baker... Prix de la Critique internationale - Grand Prix Semaine de la Critique Cannes 2011 – Grand Prix Deauville 2011.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

TAKE SHELTERNous attendions avec impatience le deuxième film de Jeff Nichols, après son très remarqué Shotgun stories (disponible en Vidéo en Poche !), défendu avec enthousiasme chez nous. Le résultat est à la hauteur de nos attentes : Take shelter est un grand film, tendu, intense, maîtrisé. Comme dans son premier opus, l'histoire prend place dans l'Amérique profonde, au cœur d'une famille de la classe moyenne, typique de cette Amérique qui bosse dur toute une vie sans jamais se plaindre et qui se retrouve en première ligne de la crise économico-financière qui frappe durement le pays. Sur ce terreau ultra-réaliste, Jeff Nichols fait naître une intrigue qui nous amène aux portes de la folie, flirtant même avec le fantastique, et qui sert de révélateur à la souffrance d'un individu, d'une famille et par extension au malaise de toute une société. Ce mélange assez étonnant entre chronique familiale, description d'une psychose et film catastrophe capte immédiatement notre attention. Et le mal de Curtis, le personnage central, se répand dans nos têtes sans jamais nous lâcher et nous tient en haleine d'un bout à l'autre du film. Le titre prend alors tout son sens, « Se mettre à l'abri », un avertissement valable pour nous également !

Une petite ville au fin fond de l'Ohio, le vent souffle dans les branches d'un arbre, le ciel s'assombrit dangereusement, une nuée d'oiseaux fuit une menace imminente, une tornade se forme, prête à tout dévaster sur son passage… Et Curtis La Forche se réveille en sursaut, s'évadant d'un violent cauchemar qui ne cesse de hanter ses nuits. Curtis mène pourtant une vie paisible, entouré de Samantha, sa femme aimante, de leur petite fille Hannah, atteinte de surdité, et d'un brave chien qui vient compléter le tableau familial. Il a un bon job de contremaître sur des chantiers de forage, un bon pote sur lequel il peut toujours compter et, en bon catholique, il va à la messe toutes les semaines. Mais cette menace d’une tornade l’obsède, comme si la récurrence de ces visions était prémonitoire. Et peu à peu son comportement inexplicable fragilise son couple, provoque l’incompréhension de ses proches. Mais rien, ni l'apaisement que tente de lui apporter Samantha, ni la crainte de remettre en question l'équilibre familial, ne peut vaincre la terreur qui l’habite…

L'interprétation de Michael Shannon (déjà présent dans Shotgun stories et vu récemment dans Bordwalk empire, l'excellente série de Scorsese) est saisissante, sans jamais tomber dans l'exagération. Et Jessica Chastain, déjà mère lumineuse dans The Tree of life de Terrence Malick, apporte le calme, la douceur, la sensibilité, contrepoint nécessaire à la folie de son mari. Car les images impressionnantes des visions de Curtis créent peu à un peu un climat de malaise qui donne toute sa force, toute sa dimension au film. Jeff Nichols signe une mise en scène parfaitement anxiogène et nous propose, au-delà de la description parfaitement crédible d'une pathologie individuelle, une métaphore de ce qu'il se passe en ce moment aux États-Unis et un peu partout dans le monde : cette « crise » qui détruit petit à petit les foyers, brise les familles, pousse les gens hors de leur maison, les prive de boulot… sans que personne ne puisse arrêter cette force invisible.
Avec ce Take shelter de haute volée, Jeff Nichols signe définitivement son entrée dans la cour des grands, de ceux dont on attend décidément le film suivant avec impatience…

À voir aussi en Vidéo en Poche : Shotgun stories (venez au ciné avec votre clé USB et repartez avec le film pour 5€ et sans DRM !).
Ce premier film témoigne d’une maîtrise déjà impressionnante, il a la beauté, l’universalité et la force d’une tragédie antique : deux familles ennemies, réunies pourtant par le même père, se déchirent jusqu’à l’absurde, jusqu’à la mort. Jeff Nichols réussit à installer une tension permanente, qui tient à la fois aux réactions individuelles, imprévisibles, et au poids du destin, implacable. Le paysage, que les cinéastes américains filment comme personne, inscrit ces trajectoires humaines dans un cadre imposant, évidemment trop grand pour elles…
Plus d’infos sur www.videoenpoche.info