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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



LA GRAINE ET LE MULET

Écrit et réalisé par Abdellatif KECHICHE - France 2007 2h31mn - avec Habib Boufares, Hafsia Herzi, Faridah Benkhetache, Abdelhamid Aktouche, Bouraouïa Marzouk, Alice Houri et plein d’autres tout aussi peu connus et formidables... Prix spécial du jury du FESTIVAL DE VENISE 2007, Prix LOUIS DELLUC 2007 • CÉSARS 2008 : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleur espoir féminin.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA GRAINE ET LE MULETAprès L’Esquive, déjà fulgurant par sa grâce, son énergie, sa chaleur, sa simplicité, Abdelaltif Kechiche nous offre un nouveau petit miracle, un film comme une fenêtre ouverte sur un monde qui nous est proche et pourtant lointain, un film comme une occasion de croiser cet autre que l’on n’a pas encore rencontré, par peur ou paresse, un film comme un regard intense et pudique sur tous ces hommes qui quittèrent un jour leur pays, leur famille, pour venir travailler en France et offrir à leurs enfants les promesses d’une vie meilleure. L’hommage qui leur est ici rendu est d’un infini respect, d’une infinie tendresse, pas de place pour l’amertume, pour les regrets, juste pour un peu de mélancolie… Plutôt que de démontrer, dénoncer, accuser, Kechiche a choisi au contraire de montrer les choses simplement, sereinement. Filmer les visages de ces êtres qui lui sont proches comme il aurait filmé celui de son père, de sa mère… Filmer sans chercher à faire passer un discours mais laisser parler les expressions, les rires, les doutes, cette matière brute que chaque spectateur, à sa façon, sera libre de transformer en autre chose, une idée, une pensée, une révolte…

Slimane, il a dans les yeux la fatigue de ceux qui ont trimé toute leur vie pour un salaire minable et une reconnaissance zéro. Ici comme ailleurs, sur ce chantier naval du sud de la France, le boulot manque et les heures de travail fondent comme neige au soleil. Contraint de réduire son activité, il voit tant d’années de bons et loyaux services (dont quelques unes non déclarées tombées définitivement dans les oubliettes d’une improbable retraite) finalement récompensées par un coup de pied vers la sortie. Le voilà un peu sonné, ne sachant que faire : jamais il n’avait pris le temps de réfléchir à l’après, avec ou sans la France.
Sur sa mobylette, il fait comme tous les jours sa tournée : aller saluer ses copains pêcheurs qui galèrent, eux aussi, embarquer une cagette de poisson, partir ensuite embrasser ses petits enfants, passer voir son ex-femme et remplir le congélateur des uns et des autres de sardines et de mulets. Le soir, il retourne à son petit hôtel, fume sa cigarette à la fenêtre, arrose trois promesses de fleurs… Les autres pensionnaires sont comme lui : des plus tout jeunes qui ont quitté un jour leur pays, l’Algérie, le Maroc ou la Tunisie, pour échouer ici, vivant modestement et sans jamais se plaindre, discrets et dignes, presque invisibles aux yeux du monde. On sent Slimane résigné et triste… il ne parle pas beaucoup, mais son regard parle pour lui. Pourtant, quelque chose pourrait venir mettre un peu de scintillement dans ces yeux- là… Un projet, un projet rien qu’à lui… pourquoi ne pas retaper ce vieux bateau rouillé et en faire un restaurant flottant ? Un restaurant dont la spécialité serait… le couscous de poissons ! Et le couscous de poissons c’est justement son ex-femme qui le réussit le mieux sur terre, tout le monde vous le dira, et surtout ses enfants !
Aidé par lumineuse Rym, ado qui l’aime comme un père et qu’il aime comme ses filles, Slimane va découvrir un autre monde, celui des banquiers, des assureurs, des notables, des gentils français qui le trouvent bien sympathique, ce pépé arabe avec son projet délirant de couscousserie… Dans cette aventure, il embarquera ses enfants, son ex-femme, sa nouvelle amoureuse, et puis la graine (celle du couscous) et le mulet (un poisson parait-il têtu qui se contente de peu et peut vivre dans toutes les mers du monde)… tout un poème…

C’est beau, on vous le dit, parce que cette histoire là, on a le sentiment qu’elle pourrait faire avancer les choses, on voudrait croire qu’elle apporte des réponses à des questions enfouies depuis longtemps, on aimerait croire qu’elle soit source d’apaisement, de partage… Un vrai beau conte de Noël…