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VENTE D'AFFICHE LES 15 ET 16 DÉCEMBRE DANS LE HALL D'UTOPIA AU PROFIT DU CERCLE DES VOISINS.
Durant deux jours les bénévoles du Cercle des Voisins vous accueillent dans notre hall. Pour soutenir leurs actions, vous pouvez leur acheter les affiches des films que vous avez aimé cette année (LISTE EXHAUSTIVE SUR LEUR SITE: https://www.cercledesvoisins.org/blog/) . Le Cercle des Voisins est un ...

Toulouse Borderouge, le cinéma et le mûrier...
C’est un magnifique mûrier plus que bicentenaire… Un des derniers survivants à Toulouse de l’époque où Colbert avait fait planter des arbres pour l’élevage des vers à soie… Un mûrier aux branches noueuses qui, l’été, protège de son ombre fraîche les passants venus rêver là, l...

Nuit Fantastique X (debriefing)
Nous avons célébré en grandes pompes (funèbres) la 10e édition de la terrifiante et rituelle Nuit Fantastique. Le film surprise était cette année… The Neon Demon, de Nicolas Winding Refn qui, nous hypnotysant jusqu’à l’aube avec ses rythmes syncopés de musique électro et ses lumières str...

LA FABULEUSE HISTOIRE DE MONSIEUR RIQUET

Jean Périssé - France 2013 1h25mn - Avec Bernard Le Coq, François-Henri Soulié... Écrit par Michèle Teysseyre et Jean Périssé. Musiques interprétées par Tormod Dalen, Oriane Fohr, Muriel Batbie-Castell (chant).

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA FABULEUSE HISTOIRE DE MONSIEUR RIQUETVous avez aimé L'occitanienne ? Vous devriez adorer le dernier film de Jean Périssé… Michèle Teysseyre, qui signe le roman, présente le film : « Il était une fois une reine qui accoucha d’un fils… » Le ton est donné. La « fabuleuse histoire » commence à la manière d’un conte, un conte de Perrault (un beau salaud, celui-là, comme on le verra plus tard dans le film) raconté par Bernard Le Coq, complice de la première heure du réalisateur Jean Périssé – souvenez-vous, c’est lui qui incarnait un Chateaubriand vieillissant dans son très poétique et très romantique long-métrage L’Occitanienne (2008).

Cette fois, ce n’est pas une fiction qu’il nous livre, mais un documentaire historique consacré au très extraordinaire Pierre-Paul Riquet, le créateur du Canal du Midi. Si le nom comme l’œuvre sont familiers, la légende créée au xixe siècle a fini par cacher l’homme. La statue qui, depuis deux siècles, contemple les Toulousains du haut des allées Jean-Jaurès est bel et bien celle d’un inconnu emperruqué du temps de Louis XIV. Car en matière d’histoire, l’hagiographie s’avère souvent plus dangereuse que l’oubli – ce n’est pas Jeanne d’Arc ou Vercingétorix qui vous diront le contraire… Explorant les piles d’archives conservées au bureau du Canal du Midi à Toulouse, interrogeant chercheurs, historiens, conservateurs et même descendants du grand homme (ils sont nombreux), le film progresse à la manière d’une enquête. Ici, point de docu-fiction : le genre déplaît profondément au réalisateur. Et lorsqu’on voit le pouvoir d’évocation des tableaux et des gravures d’époque qui illustrent le propos, on réalise combien il a raison ! Véritables « reporters » de leur siècle, les peintres du temps nous font partager mieux que quiconque les affres de la peste à Toulouse, le fracas du siège de Castelnaudary, les embarras de Paris aux alentours du Pont-Neuf, les splendeurs de Versailles et de la cour.
Mais attention, ce n’est pas dans un musée que le réalisateur nous entraîne… Son film est plein de galops de chevaux, de ruisseaux en liberté, de passages d’écluses, d’intérieurs de châteaux (notamment Bonrepos, aux portes de Toulouse, où vécut Riquet), d’horizons méditerranéens. Avec la complicité des Voies Navigables de France, d’associations d’amoureux du Canal (notamment « Un film sur Riquet », qui lui donna l’envie de raconter cette histoire), le réalisateur a pu naviguer entre Toulouse et Sète, dans le sillage de la barque de poste que Robert Mornet – un « fou » génial aux allures de vieux chaman cévenol – s’est mis en tête de reconstruire d’après un modèle de 1818.

Quant à l’histoire, elle est simple : à un âge où aujourd’hui on songerait à la retraite, un riche financier (Riquet) décide de creuser un canal reliant l’Atlantique à la Méditerranée. Projet insensé ? Que nenni, d’autres avant lui y avaient songé ! De plus, tout ça va dans le sens de la politique que Colbert, le tout puissant surintendant aux Finances de Louis XIV, tente alors d’insuffler à la France. Il y a dans l’air une volonté de relance économique, de grands travaux (la construction de Versailles démarre au même moment). Et puis, bien fait pour le roi d’Espagne qui verra les taxes sur les marchandises transitant par Gibraltar lui passer sous le nez ! Va donc pour Riquet… Mais les relations entre les deux hommes – aussi dissemblables que peut l’être un méridional bon vivant et un haut-fonctionnaire septentrional – vont s’avérer plus difficiles que prévu. Les lettres qu’ils échangent sont un modèle d’amabilités fielleuses, de chausse-trappes déguisées que Bernard Le Coq (délicieux Riquet) et François-Henri Soulié (formidable Colbert) nous font revivre dans un mémorable face à face enregistré en studio. Si vous ajoutez à cela la musique de Marin Marais, interprétée au violoncelle baroque par Tormod Dalen (Le Concert Spirituel), cela donne une belle plongée dans le temps. De l’humour, de l’aventure, des conflits d’intérêt, des rêves aussi… Qui a dit que l’Histoire était ennuyeuse ?