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Install-party à Tournefeuille samedi 17 juin
Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas vers la liberté est toujours délicat, de vous aider à ...

Deux séances spéciales ce week-end!
Il est vivement conseillé d'acheter vos places en avance!Dimanche 14 mai à 10h30 avec le subtil et réjouissant RARA (texte complet du film sur le site d'Utopia Avignon)!Pour faire cisrculer l'information c'est cet événemant facebook.  Et vous étiez une centaine ce samedi pour le film l'Opéra! Mer...

LA FÊTE SAUVAGE

Frédéric ROSSIF - documentaire France 1976 1h32mn - Commentaire de Madeleine Chapsal, dit par Evelyne Dress, Gérard Falconetti et Myriam Mézières... Pour les enfants à partir de 8 ans. Musique de Vangelis - COPIE NUMÉRIQUE, VERSION RESTAURÉE - VISIBLE PAR LES ENFANTS À PARTIR DE 8 ANS (pas pour les tout petits, la vraie vie des bêtes, ce n'est pas du Walt Disney…).

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA FÊTE SAUVAGEQuand je contemple les images, quand j’écoute les sons et les musiques de La Fête sauvage, j’éprouve une étrange félicité, comme une émotion sacrée. Je me sens happé, installé dans une autre dimension, quelque part avant le déluge.
Les animaux qui évoluent au tempo d’un ralenti presque systématique, ce qui leur donne un surcroît de noblesse et de beauté, ne sont plus « nos amies (ou nos ennemies) les bêtes ». Ce sont des créatures suprêmes qui s’invitent depuis la nuit des temps préhistoriques pour exécuter des chorégraphies superbes. On croit rêver. Cette rêverie m’arrache de mon fauteuil et m’entraîne loin dans l’espace et dans le temps au pays des méditations essentielles. Son titre le dit bien, le film de Frédéric Rossif est une fête : une fête pour les yeux et pour l’esprit, une échappée euphorisante, un plaisir pur.

Sur l’eau, sur la terre et dans les airs, nos ancêtres, nos cousins, nos presque semblables évoluent et s’expliquent sauvagement. Ils vivent, innocents, dans un « no man’s land » au sens précis de l’expression : pas un seul être humain sur l’écran. S’inspirant des lois naturelles et les respectant, Rossif se fait poète et les transpose en mythes. La beauté et la laideur, la cruauté et la tendresse, l’ordre et le désordre chantent les contradictions du monde. Moins fabuliste que chantre fabuleux, il suggère des images symboliques qui s’opposent à la sagesse populaire qui prétend qu’il faut appeler un chat un chat.
Ici, une frégate n’est pas une frégate mais une sorte de génie des grands espaces, de même les hippopotames et les éléphants sont bien plus que des hippopotames et des éléphants. Et que sont les suricates sinon les ancêtres de nos amis les clowns ? Chaque animal, chaque espèce, transfigurés par un style d’expression délibérément lyrique, deviennent symbole. Et pourtant, la réalité est là quand même. Le commentaire fournit de loin en loin et parcimonieusement des indications factuelles, des précisions géographiques, techniques et physiologiques. On est ravi d’apprendre que les girafes n’ont pas de cordes vocales et que la vitesse de progression de mon frère le paresseux est de vingt mètres à l’heure…

Voir La Fête sauvage, c’est s’abîmer dans la contemplation du beau, état idyllique qu’accompagne et accuse la très belle musique de Vangelis, c’est aussi y découvrir une vision métaphorique de la condition humaine. Rossif ne nous épargne pas la dialectique du prédateur et de la proie, prédatrice à son tour. Nous voici brutalement redescendus sur terre où l’homme est un loup pour l’homme, où les puissants éliminent les précaires, où les riches se nourrissent des pauvres. La métaphore, dès lors, prend des couleurs sociales, morales, voire politiques.
Frédéric Rossif nous offre un spectacle d’essence quasiment onirique en utilisant les merveilleux artifices de l’art cinématographique. L’extase dans laquelle il nous plonge est, certes, une évasion, mais elle est temporaire. Après avoir admiré les vols, les danses et les courses des rapaces, des échassiers, des mammifères et des rongeurs, leurs modes de vie, leurs amours, il nous invite à envisager les nôtres, par effet d’identification. La réflexion prend alors le relais de la contemplation.

(Gilbert Salachas)