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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



UNE VIE CACHÉE

Écrit et réalisé par Terrence MALICK - USA / Allemagne 2019 2h53mn VOSTF - avec August Diehl, Valerie Pachner, Bruno Ganz, Tobias Moretti, Matthias Schoenaerts... Scénario inspiré de l'histoire bien réelle de Franz Jägerstätter (9 mai 1907 – 9 août 1943).

Du 08/01/20 au 14/01/20 à Toulouse (Borderouge) - Du 11/12/19 au 14/01/20 à Tournefeuille

UNE VIE CACHÉETerrence Malick sublime son art dans un film majestueux et sans emphase. Revenant à une narration limpide et accessible, il gravite avec aisance de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Passant de l’universel à l’intime, il maintient une distance pudique avec les êtres et, paradoxalement, nous les rend d’autant plus familiers. Ils sont les fragments d’un grand tout, les pièces d’un puzzle complexe, à l’instar de notre humanité et de ses chaotiques parcours. Mis bout-à-bout, ils racontent notre essence, nos forces, nos failles, nos contradictions, nos âmes jadis pures, désormais souillées par tant de zones d’ombres. Par dessus les montagnes qui tutoient le ciel, les nuages s’amassent, à la fois menaçants et salutaires. Leurs volutes ouatées fractionnent la lumière en rais d’or qui transcendent les verts moirés des champs et y impriment une beauté presque vertigineuse, à flanquer des frissons. Déjà chavirés, une musique au lyrisme tenace finit de nous transporter. Elle souligne la force romanesque d’un récit implacable et prenant qui est une ode magnifique à la résistance, à la désobéissance civile.

1939. Dans la ferme des Jägerstätter, il y a de la joie, de l’amour, des mômes qui gambadent, blonds comme les blés, pas plus hauts qu’eux. Nul n’épargne sa peine et le labeur ne fait pas peur, pas même aux plus jeunes qui contribuent à leur manière. Le pain quotidien des paysans se gagne à la sueur de leur front, grâce à l'obstination de leurs mains caleuses. Cela n’empêche en rien le bonheur. Il flotte dans l’air, comme une odeur de foin coupé, de moissons heureuses. Si Frantz (August Dielhl, au jeu puissant) semble taillé dans un roc, avec sa belle allure athlétique, il n’en oublie pas pour autant d’être tendre avec sa marmaille, taquinant, dorlotant, toujours présent pour sa compagne Franzisca. Dans ce pittoresque village de Radegund, serti dans un écrin de sommets enneigés, l’homme, à n’en pas douter, est apprécié. On le serait à moins : Frantz est toujours prompt à prêter main forte aux membres de la communauté, le cœur sur la main. Comme tout cela va être vite oublié ! Cela pèsera peu dans la balance, quand la bête immonde montrera son nez !
1939, on l’a dit… La guerre gronde et si elle paraît encore lointaine pour ces cultivateurs, le troisième Reich ne les oublie pas quand il dresse l’état des forces vives de sa nation. Si tous ne seront pas mobilisés, tous doivent néanmoins prêter allégeance à Adolf Hitler. Voilà une nation sur la corde raide, procédant sur un fil ténu, où la vie peut soudain faire basculer le commun des mortels dans un camp qui n’est pas le sien, par peur des représailles. Tous retiennent leur souffle, faisant pâle figure, prêts à abjurer leurs plus profondes convictions. Que faire d’autre ? Le bras armé nazi est trop puissant pour espérer s’y opposer. Franz voit bien tout cela. Il n’est pas plus inconscient, ni téméraire qu’un autre, pas plus suicidaire. Pourtant il refusera de ployer, d’aller contre ses fondements, sa foi, dût-il rompre. Plier n’est pas dans sa nature, plus chêne fier que servile roseau. Rien ni personne ne pourra l'obliger à servir « l'idéologie satanique et païenne du nazisme ». Le voilà seul contre tous, citoyen d’une minorité invisible, banni par un peuple sans lieu et sans repère…

Une vie cachée se réfère à celle de tous ces héros inconnus, oubliés de la grande histoire, pourtant indispensables. Fresque lumineuse et méticuleuse, elle passe au peigne fin les mécanismes qui font basculer une démocratie dans la dictature. Un opus renversant, qui bouscule nos sens en même temps que les idées reçues. Aucune institution, magistralement incarnées par une forte galerie de protagonistes secondaires, ne sera épargnée : ni l’armée, ni la justice, ni l’église… Même si la spiritualité reste une des figures tutélaires de ce film touché par la grâce.