LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

(Ex-Utopia Toulouse)


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4,5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Nuit Fantastique X (debriefing)
Nous avons célébré en grandes pompes (funèbres) la 10e édition de la terrifiante et rituelle Nuit Fantastique. Le film surprise était cette année… The Neon Demon, de Nicolas Winding Refn qui, nous hypnotysant jusqu’à l’aube avec ses rythmes syncopés de musique électro et ses lumières str...

Install-party samedi 29 septembre
Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas vers la liberté est toujours délicat, de vous aider à ...

Nuit Fantastique, dixième édition !
Le 31 octobre prochain aura lieu la 10e édition de la terrifiante et rituelle Nuit Fantastique. (Pour revisiter les éditions précédentes, c’est par ici : http://www.cinemas-utopia.org/U-blog/toulouse/index.php?tag/Nuit%20fantastique).Berhart, qui exposera à nouveau cette année dans le hall du ci...

ELDORADO

Écrit et réalisé par Bouli LANNERS - Belgique 2008 1h25mn - avec Bouli Lanners, Fabrice Adde, Philippe Nahon, Didier Toupy, Françoise Chichéry, Stefan Liberski, Baptiste Isaïa, Jean-Jacques Rausin, Renaud Rutten, Jean Luc Meekers... Prix Europa Cinémas et Prix Regards Jeunes à la Quinzaine des Réalisateurs, Festival de Cannes 2008.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ELDORADOLaurel et Hardy sont ressuscités !!! Et ça s’est passé quelque part entre Bastogne et Liège. Oliver Hardy s’appelle désormais Yvan et il est revendeur de vieilles voitures américaines dans la périphérie improbable d’une ville de Belgique. Activité certes ludique mais qui, en ces temps de flambée pétrolière, est déjà synonyme de suicide économique. En même temps, on sent tout de suite qu’Yvan, avec son physique de grand panda wallon, ses bermudas mettant en valeur ses gambettes de sumotori et ses blousons de garagiste, n’est pas trop de la race des vainqueurs. Un Hardy grognon et belge qui, révélant la nature foncièrement généreuse de son âme bourrue, va porter sur ses épaules toutes les dérives d’un Stan Laurel tout aussi atypique. Notre Stan Laurel dit s’appeler Elie, est toxicomane, menteur patenté, pleurnicheur et cambrioleur tellement raté qu’il a eu la mauvaise idée de venir visiter le taudis d’Yvan. Et quand Yvan surprend Elie, il s’en suit une nuit ubuesque où le cambriolé tente en vain de convaincre le cambrioleur de sortir de sous le lit où il s’est réfugié. Tout ça pourrait finir au poste de police mais finalement, deux solitudes se rencontrant et la revente de belles américaines n’étant décidément plus ce qu’elle était, Yvan embarque Elie pour une virée en Chevrolet sur la route 66, euh pardon sur la route de Liège, à travers la riante campagne wallonne…

À l’image de cette entame parfaitement frappée, Bouli Lanners, a réussi dans son film plusieurs prodiges. D’abord dans le mélange des genres : on est dans le huit clos, car c’est dans la vieille américaine, véritable cocon d’une amitié naissante, que tout se passe entre Yvan et Elie ; dans le road-movie flirtant avec le western, tant l’image du film fait passer les plaines d’Outre-Quiévrain pour des paysages du Montana, et tant ses décors de campings abandonnés, de routes désertes et de zones industrielles fantomatiques pourraient évoquer le Middle West américain, (sans parler de la bande son qui évoque les films références du genre) ; mais aussi dans la comédie sociale tant les situations évoquent parfois, avec un humour acide mais jamais méprisant, les situations tragi-comiques de la célèbre série Strip Tease.
Et surtout Bouli Lanners a su parfaitement doser la charge comique et une vraie tendresse parfois bouleversante pour ses personnages à la dérive. Comique cinglant et inquiétant quand il croise le personnage incarné par le très très impressionnant Philippe Nahon, un allumé dont la passion est la collection de voitures mêlées à des accidents mortels ! Comique plus absurde quand il croise la route d’un camping-cariste nudiste… Et grands moments de tendresse, notamment dans les scènes assez bouleversantes, même si tout aussi décalées, de retrouvailles avec la mère d’Elie. Vous verrez, le coup du bêchage du jardin, c’est superbe !

Tout en poésie et en comique burlesque, Bouli Lanners réalisateur/acteur a su composer ce film hors normes aussi réussi plastiquement que sur le fond. Deux jurys du festival de Cannes (dont un jury jeune et ça c’est plutôt bon signe) ne s’y sont pas trompés et on ne peut que s’en réjouir. On sera impatient de retrouver Bouli Lanners en tueur à gages raté de patrons dans le Louise, Michel de Benoît Delépine et Gustave de Kervern, un de nos coups de coeur annoncé pour la rentrée prochaine.