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Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...

C’était au mois de mars 2003...
C’était au mois de mars 2003… dix ans tout juste après qu’Utopia Toulouse ait ouvert ses portes. Pas moins de 1500 personnes s’étaient pressées ce jour-là pour découvrir le nouveau ciné : il y avait du beau monde, la compagnie Emmanuel Grivet nous avait régalés de quelques entrechats et pantomi...



ELDORADO

Écrit et réalisé par Bouli LANNERS - Belgique 2008 1h25mn - avec Bouli Lanners, Fabrice Adde, Philippe Nahon, Didier Toupy, Françoise Chichéry, Stefan Liberski, Baptiste Isaïa, Jean-Jacques Rausin, Renaud Rutten, Jean Luc Meekers... Prix Europa Cinémas et Prix Regards Jeunes à la Quinzaine des Réalisateurs, Festival de Cannes 2008.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ELDORADOLaurel et Hardy sont ressuscités !!! Et ça s’est passé quelque part entre Bastogne et Liège. Oliver Hardy s’appelle désormais Yvan et il est revendeur de vieilles voitures américaines dans la périphérie improbable d’une ville de Belgique. Activité certes ludique mais qui, en ces temps de flambée pétrolière, est déjà synonyme de suicide économique. En même temps, on sent tout de suite qu’Yvan, avec son physique de grand panda wallon, ses bermudas mettant en valeur ses gambettes de sumotori et ses blousons de garagiste, n’est pas trop de la race des vainqueurs. Un Hardy grognon et belge qui, révélant la nature foncièrement généreuse de son âme bourrue, va porter sur ses épaules toutes les dérives d’un Stan Laurel tout aussi atypique. Notre Stan Laurel dit s’appeler Elie, est toxicomane, menteur patenté, pleurnicheur et cambrioleur tellement raté qu’il a eu la mauvaise idée de venir visiter le taudis d’Yvan. Et quand Yvan surprend Elie, il s’en suit une nuit ubuesque où le cambriolé tente en vain de convaincre le cambrioleur de sortir de sous le lit où il s’est réfugié. Tout ça pourrait finir au poste de police mais finalement, deux solitudes se rencontrant et la revente de belles américaines n’étant décidément plus ce qu’elle était, Yvan embarque Elie pour une virée en Chevrolet sur la route 66, euh pardon sur la route de Liège, à travers la riante campagne wallonne…

À l’image de cette entame parfaitement frappée, Bouli Lanners, a réussi dans son film plusieurs prodiges. D’abord dans le mélange des genres : on est dans le huit clos, car c’est dans la vieille américaine, véritable cocon d’une amitié naissante, que tout se passe entre Yvan et Elie ; dans le road-movie flirtant avec le western, tant l’image du film fait passer les plaines d’Outre-Quiévrain pour des paysages du Montana, et tant ses décors de campings abandonnés, de routes désertes et de zones industrielles fantomatiques pourraient évoquer le Middle West américain, (sans parler de la bande son qui évoque les films références du genre) ; mais aussi dans la comédie sociale tant les situations évoquent parfois, avec un humour acide mais jamais méprisant, les situations tragi-comiques de la célèbre série Strip Tease.
Et surtout Bouli Lanners a su parfaitement doser la charge comique et une vraie tendresse parfois bouleversante pour ses personnages à la dérive. Comique cinglant et inquiétant quand il croise le personnage incarné par le très très impressionnant Philippe Nahon, un allumé dont la passion est la collection de voitures mêlées à des accidents mortels ! Comique plus absurde quand il croise la route d’un camping-cariste nudiste… Et grands moments de tendresse, notamment dans les scènes assez bouleversantes, même si tout aussi décalées, de retrouvailles avec la mère d’Elie. Vous verrez, le coup du bêchage du jardin, c’est superbe !

Tout en poésie et en comique burlesque, Bouli Lanners réalisateur/acteur a su composer ce film hors normes aussi réussi plastiquement que sur le fond. Deux jurys du festival de Cannes (dont un jury jeune et ça c’est plutôt bon signe) ne s’y sont pas trompés et on ne peut que s’en réjouir. On sera impatient de retrouver Bouli Lanners en tueur à gages raté de patrons dans le Louise, Michel de Benoît Delépine et Gustave de Kervern, un de nos coups de coeur annoncé pour la rentrée prochaine.