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On n'est jamais à l'abri du meilleur… Le projet Utopia Cinéma Durable continue ! 400% son objectif initial déjà atteint, 80 000€ ! Mazette ! Une fin d'année sur les chapeaux de roue !
Drôle d’année que 2020… Nous vous souhaitons une très belle année 2021, qu’elle soit meilleure et moins confinée que la précédente, qu’elle vous apporte la santé, la réalisation de vos projets. Il nous revient à tous de bâtir des alternatives solidaires, durables, respectueuses de l’humain et de nat...

Comme un cadeau de Noël à la planète ! Vous êtes-là ! Attention J-1 : il ne tient qu'à vous…
Lors de nos permanences, dans nos halls, sur les réseaux, il n'y a pas à dire vous êtes-là !Même sur Ulule : vous êtes-là ! sur https://fr.ulule.com/utopia-pont-sainte-marie/Par solidarité, pour soutenir un projet légitime, pour faire votre part ! WE DO OUR PART ! Parce qu'on ne peut pas laisser les...

Gébé, on arrête tout, on réfléchit / L'AN 01
Si, après avoir vidé votre PEL pour aider Utopia à concrétiser le projet de cinéma du futur à Pont Sainte Marie, il vous reste 3 sous d’épargne à dilapider dans la joie et la bonne humeur…On était très heureux de recevoir Pierre Carles à Utopia Borderouge, pendant le dernier festival du film gro...

lu dans BOX-OFFICE PRO : "Vers Troyes, Utopia fait appel au financement citoyen"
Le réseau indépendant, qui a obtenu le permis de construire le 19 octobre, a lancé une vaste campagne de financement participatif pour son projet de cinéma à Pont-Sainte-Marie, dans l’Aube.« Il est temps que le cinéma passe au vert ! » Déterminée, Anne Faucon a décidé de franchir une nouvelle ét...

THE NEON DEMON

Nicolas WINDING REFN - USA/Danemark/France 2016 1h57mn VOSTF - avec Elle Fanning, Karl Glusman, Jena Malone, Christina Hendricks, Keanu Reeves, Bella Heathcote, Abbey Lee... Scénario de Nicolas Winding Refn, Mary Laws et Polly Stenham. Musique de Cliff Martinez.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

THE NEON DEMONNicolas Winding Refn fait preuve d'une exigence formelle et d'une liberté créatrice qui le rapprochent d'un Kubrick, mais aussi par la puissance de sa vision corrosive. Montrer son film à Cannes pour la première fois, vitrine du cinéma mais aussi du monde de la mode (qu'il connaît très bien pour avoir réalisé des clips pour plusieurs maisons célèbres de haute couture), ne pouvait que provoquer des réactions excessives par cette mise en abime de la mise en scène de la beauté sur les marches du Palais des Festival. S'il emprunte des codes, une esthétique au film d'épouvante (on pense à Suspiria de Dario Argento), The Neon Demon n'est pas pour autant horrifique, plutôt un brûlot surréaliste sur la beauté, éclairant de la lumière froide du néon la perversion démoniaque du fétichisme qui entoure sa marchandisation. Co-écrit avec deux femmes, dramaturge et romancière, le scénario donne par le piquant des dialogues et la construction des personnages une chair narrative vivante au film (certaines répliques apportent une saveur humoristique toute particulière), et n'en font pas une vision certes brillante mais désincarnée comme l'était Only God Forgives.

La première scène donne le ton, on découvre une jeune femme alanguie sur un canapé aux formes antiquisantes, sa gorge frêle tranchée et dégoutante de sang sur le sol. Jesse vient de débarquer à Los Angeles pour faire carrière dans la mode et un jeune photographe, débutant aussi, fait les photos qui vont permettre à la jeune femme de se présenter aux agences de modèles. Cette mise en scène macabre et sacrificielle correspond tout à fait à l'image caricaturale que lui renvoient les prédateurs qui peuplent la cité des anges, à l'affut des beautés supposées innocentes qui arrivent pleines de rêves dans leurs jolies têtes. Le tenancier du motel pourri où elle prend une chambre a tout du prédateur (joué par un Keanu Reeves génialement inquiétant), elle tombe même un soir dans sa chambre nez à nez avec un couguar rentré par la fenêtre ouverte...
Jesse rencontre lors de la séance photo Ruby, une maquilleuse qui va l'aider à faire son chemin. Elle lui présente Sarah et Gigi, deux modèles, élancées comme des gazelles, peu bavardes, à la posture presque animale, qui jaugent sur pattes celle qu'elles semblent instinctivement percevoir comme leur future concurrente. À leur contact et à celui de la directrice d'agence puis du photographe, Jesse va vite faire sa mue et prendre conscience de la force de ce qu'ils appellent sa « beauté naturelle », le point d'orgue étant la superbe scène où Jack, photographe-star de l'agence, léonin, la choisit comme modèle et la façonne littéralement durant la prise de vue, tel un Pygmalion fétichiste imprimant sa marque à une chair passive au point d’être dénuée de conscience. Car comme le disent Sarah et Gigi après avoir détaillé tout ce qu'elles ont du refaire de leur corps pour être dans la course : « on préfère toujours la chair fraîche au lait caillé ».

Jesse va apprendre les règles de ce milieu contre-nature où les proies effarouchées ne sont finalement pas celles qu'on croit et doivent se faire prédatrices pour survivre. On reste estomaqué par un final qu'on ne vous racontera pas bien entendu, mais qui aurait pu valoir au film d'être sous-titré « les chiennes andalouses ».