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Nuit Fantastique IX (debriefing)
Avant de célébrer dignement l’an prochain la dixième édition (n’oubliez pas de nous envoyer vos idées ou vidéos pour que l’on fasse ensemble une dixième édition immémorielle), cette neuvième Nuit Fantastique fut un festin pour les sens (ci-dessous quelques photos qui en donnent un aperçu...

Berhart, L’esthétique vulgaire Lowbrow art et pop-symbolisme
Qu’est-ce que le lowbrow art ? Le Lowbrow Art est l’expression la plus récente de la Pop Culture dans l’art, opérant une synthèse surréaliste de tous les courants et les icônes qui l’ont traversé. Né à l’initiative de Robert Williams, le Lowbrow Art, plus largement appelé Pop Surréalisme, rencon...

Dimanche 10 à 10h IRRINTZINA! Le cri de la génération climat…
Un film qui donne du courage! Des luttes non violentes, galvanisantes… ça existe! Il suffit de les rejoindre pour qu'elles soient encore plus efficaces. Alors? On vous attend? Vous amenez les croissants, on prépare le café!?    http://www.cinemas-utopia.org/toulouse/index.php?id=3410&mode=filmhtt...

FAIS DE BEAUX RÊVES

(FAI BEI SOGNI) Marco BELLOCCHIO - Italie 2016 2h08mn VOSTF - avec Valerio Mastandra, Bérénice Bejo, Barbara Ronchi, Guido Caprino, Nicolo Cabras, Emmanuelle Devos... Scénario de Vallia Santena, Edoardo Albinati et Marco Bellocchio, d'après le récit autobiographique « Fais de beaux rêves mon enfant », de Massimo Gramellini.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

FAIS DE BEAUX RÊVESTurin, années 1960. Massimo a neuf ans et sa mère remplit sa vie d’une joie immense. Une mère aimante, dansante, enjouée, fascinée par Belphegor, (oui, l'héroïne du feuilleton populaire du temps de l'ORTF incarnée par Juliette Greco). Mais c’est aussi une mère qui semble parfois absente, lointaine, comme perdue dans son monde, recluse entre les murs qu'elle dresse elle-même autour d'elle. Une mère qui passe du rire le plus naturel à la gravité la plus insondable, sans prévenir. Massimo l'aime inconditionnellement, cette mère, comme elle est : privilège des enfants d’aimer sans réserve. Mais au matin d'une nuit pas comme les autres, agitée, décousue, Massimo se réveille et sa mère a disparu, partie comme une étoile filante. Son départ laisse évidemment un vide abyssal, que rien ni personne ne peut combler.

A cette époque (mais est-ce si différent aujourd'hui ?), on croit encore qu’il est préférable de ne pas tout dire aux enfants, qu’ils ne peuvent pas comprendre, que le secret voire le mensonge sont préférables à la douloureuse vérité. Et Massimo ne saura rien ou presque de ce qui est arrivé à sa mère. On lui dit qu'elle est à l'hôpital, mais qu'il ne peut la voir. Puis elle meurt, et il doit croire qu'elle est là, dans le cercueil juste devant lui. Mais non, ce n'est pas possible, sa mère n'est pas dans cette boîte, elle ne peut pas le laisser. Elle ne peut pas avoir demandé à rejoindre Dieu pour mieux veiller sur lui comme le prétend le prêtre chargé de le calmer. Il n'y croit pas. Alors pour accepter l'inacceptable il va chercher de l'aide auprès de leur amie Belphégor…
Avec une extrême délicatesse, Marco Bellochio filme Massimo à plusieurs âges de sa vie, jusqu'à la quarantaine. Nous sommes avec lui, parfois aussi perdus que lui, dans ce monde où les enfants ne sont informés que par des bribes de conversations volées aux adultes. Nous sommes encore avec lui quand, adolescent, il se fabrique une carapace en mentant aux autres et un peu à lui-même. Mais, tant bien que mal, il trace sa vie. Ainsi, grandi avec le stade de l'équipe du Torino juste sous ses fenêtres, il sera d'abord journaliste sportif, puis il deviendra reporter de guerre. Une profession où il parle des autres pour mieux se cacher encore. Mais sa fêlure intérieure ne lui permet jamais d'être véritablement relié au monde.

La caméra virtuose de Bellochio donne à ce drame intimiste une réelle ampleur, notamment par la beauté des plans et par l'ambiance si juste qui parcourt tout le film. Le réalisateur ne choisit pas une narration linéaire, et ce choix n'est pas gratuit. Les allers-retours entre les différentes périodes évoquées de la vie de Massimo nous permettent de découvrir en même temps que notre héros les vérités de cette histoire personnelle, à la fois assez banale et pourtant tellement particulière. Il y a une vraie construction, un montage réfléchi et intelligent dans ce film où rien ne semble laissé au hasard.