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LA GAZETTE
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Deux séances spéciales ce week-end!
Il est vivement conseillé d'acheter vos places en avance!Dimanche 14 mai à 10h30 avec le subtil et réjouissant RARA (texte complet du film sur le site d'Utopia Avignon)!Pour faire cisrculer l'information c'est cet événemant facebook.  Et vous étiez une centaine ce samedi pour le film l'Opéra! Mer...

JE M'APPELLE
dimanche 7 mai, jour d'élection, jour de marché… Incroyable surprise sur la place de la mairie : Garniouze était-là avec son nouveau spectacle de rue. Toujours aussi populaire, politique, prenant… Seule déception: n'avoir pas su qu'il était-là et en avoir loupé une partie.  « Je m’appelle » retra...

"Sans revenu, point citoyen"
Edito gazette n°235 Stimulante n'est-il pas, cette campagne électorale ? Stimulante et surprenante, tellement il était impossible d'imaginer qu'un jour il reviendrait à la gauche l'idée pour le moins improbable de redevenir la gauche. Ben oui ! Pincez vous vieux crabe, dans un espace de plus en...

JAMAIS CONTENTE

Emilie DELEUZE - France 2016 1h29mn - avec Léna Magnien, Patricka Mazuy, Philippe Duquesne, Catherine Hiegel, Alex Lutz... Scénario de Marie Desplechin, Emilie Deleuze et Laurent Guyot, d'après le roman Le Journal d'Aurore de Marie Desplechin.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

JAMAIS CONTENTE« Mon père est atroce, ma mère est atroce, mes sœurs aussi, et moi je suis la pire de tous. En plus, je m’appelle Aurore. Les profs me haïssent, j’avais une copine mais j’en ai plus, et mes parents rêvent de m’expédier en pension pour se débarrasser de moi. Je pourrais me réfugier dans mon groupe de rock, si seulement ils ne voulaient pas m’obliger à chanter devant des gens. A ce point-là de détestation, on devrait me filer une médaille. Franchement, quelle fille de treize ans est aussi atrocement malheureuse que moi ? » (Aurore, l'héroïne de Jamais contente)

Enfin ! Vous qui désespérez de comprendre l'adolescent ou – exercice tout aussi malaisé – le préadolescent, cet être étrange au regard parfois / souvent (rayez la mention inutile) absent, qui vous toise comme si vous étiez une amibe, avec qui la communication est aussi facile que celle des papous avec les premiers explorateurs australiens, vous tous, mes sœurs, mes frères, réjouissez vous ! Voilà une joyeuse comédie caustique et intelligente que vous pourrez partager avec vos ados préférés et qui vous permettra d'entamer ou de renouer un semblant de dialogue. Il va sans dire que vous pouvez tout à fait la voir seulement entre adultes consentants, histoire de commencer à entrevoir un mode d'emploi…

Celle qui n'est jamais contente, c'est Aurore, une jeune Parisienne d'un milieu et d'une famille ordinaires, une petite nana pas forcément super brillante (elle redouble sa cinquième), pas particulièrement canon et populaire sans du tout être moche et souffre-douleur, une jeune fille de 13 ans qui a justement l'impression qu'elle est invisible, qu'elle est négligée par ses parents (alors que sa petite sœur, bonne élève, est selon elle la chouchoute), méprisée par ses professeurs… Et c'est parti pour une nouvelle rentrée dont elle sait déjà « qu'elle sera pourrie ». Une vraie petite teigne à la langue bien pendue, qui sait dire à son tout nouveau prof de français – qu'il faut bien un peu bizuter – que la Princesse de Clèves, ça ne tient pas debout. Qui n'a pas forcément l'intention de sortir de nouveau cette année avec le gentil grand dadais de l'année passée qui pourtant la relance (« déjà c'était fatigant de t'aimer tous les jours » lui dit-elle cruellement). Elle peut d'autant plus se permettre de faire la fine bouche qu'elle va être abordée par des lycéens d'au moins quinze ans qui lui proposent de devenir la chanteuse de leur groupe de rock naissant…

Jamais contente est l'adaptation maline et enlevée de la trilogie à succès de Marie Desplechin (la sœur d'Arnaud), Le Journal d'Aurore. Le portrait d'une jeune fille des classes moyennes, loin des clichés et des explications toutes faites. Une jeune fille qui vit à une porte de Paris avec des parents (savoureux Patricia Mazuy et Philippe Duquesne) qui sont tout sauf horribles, compréhensifs et ouverts tout au contraire, même s'il leur arrive forcément d'être exaspérés par la tornade de contradictions qu'ils ont engendrée. Le charme contagieux de ce film épatant tient autant à sa justesse de ton, à sa galerie de personnages tous parfaitement croqués (excellent Alex Lutz dans le rôle du prof de français réveilleur de cancres) qu'à la gouaille incroyable de sa jeune actrice Léna Magnien, une vraie révélation. En secouant bien ce cocktail, Emilie Deleuze réussit un des films les plus jubilatoires jamais réalisés sur l'adolescence.