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"Sans revenu, point citoyen"
Edito gazette n°235 Stimulante n'est-il pas, cette campagne électorale ? Stimulante et surprenante, tellement il était impossible d'imaginer qu'un jour il reviendrait à la gauche l'idée pour le moins improbable de redevenir la gauche. Ben oui ! Pincez vous vieux crabe, dans un espace de plus en...

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Suite à l'édito de la gazette 233, qui explique comment les politiques en matière d'implantation cinématographique peuvent fragiliser des petites salles indépendantes comme les nôtres, la municipalité de Colomiers refuse à nouveau de prendre notre gazette dans les lieux publics (Piscine, Pavillon Bl...

Futur Président? Que ferez-vous pour les migrants?
Le CERCLE DES VOISINS du centre de rétention de Cornebarrieu… vous invite à signer cette Lettre ouverte aux candidats à la Présidence de la République   Nous, citoyens de France et du Monde, solidaires avec les migrants, réfugiés et “sans- papiers” nous inscrivons en faux contre les politiques de...

IL A DÉJÀ TES YEUX

Lucien JEAN-BAPTISTE - France 2016 1h35mn - avec Aïssa Maïga, Lucien Jean-Baptiste, Zabou Breitman, Vincent Elbaz, Delphine Théodore, Marie-Sohna Condé... Scénario de Sébastien Mounier, Marie-Françoise Colombani et Lucien Jean-Baptiste.

Du 15/02/17 au 18/04/17 à Tournefeuille

IL A DÉJÀ TES YEUXOn ne peut que se dire en voyant ce film que ce serait un vrai bonheur de se régaler un soir au coin du feu d'un goûteux colombo de poulet en compagnie de son sympathique auteur, tant l'actualité nous gave aujourd'hui de sales types qui mettent si résolument le cap sur le pire des mondes possibles que c'en est de plus en plus déprimant. Alors bonne nouvelle, chers spectateurs, en voici un enfin de « good guy », qui, dans cet « enfer moderne » comme disait l'autre, parvient avec sa tête d'honnête homme et un film qui lui ressemble à nous rassurer et à nous faire rire intelligemment d'une humanité en danger constant de sortie de route.
Sa recette ? Car il en faut une, comme dans tout bon colombo : un scénario simple et drôle comme un conte de Noël à l'Estaque, mâtiné d'une indécrottable dose d'optimisme et de bienveillance, façon Maurice Chevalier qui chantait au milieu du siècle dernier « Dans la vie faut pas s'en faire… ces petites misères sont bien passagères… » et de fait, il y a dans Il a déjà tes yeux comme la tranquille affirmation que, dans un monde perçu aujourd'hui comme parfaitement désespérant, poussent déjà les germes du meilleur, malgré les apparences, alors que beaucoup ne jurent que par le pire. C'est le sens que l'on peut donner à l'inénarrable odyssée de Paul et Sali, un gentil couple, heureux et amoureux à qui il va en arriver une bien bonne…

Dans une vie qu'ils embrassent à plein bras, il ne leur manque qu'un enfant et c'est désormais possible, après des mois d'attente, après que leur dossier d'adoption a enfin été validé. Ils vont devenir parents ! Et parents de Benjamin, c'est le top du top : Benjamin est un adorable bébé blond à la peau claire et aux yeux bleus… sauf que Pierre et Sali sont tout ce qu'il y a de noirs ! D'abord surpris, le couple craque devant la bouille de Benjamin qu'ils accueillent avec joie. Mais Sali sait que la présentation du bébé à ses parents va être un poil compliquée. De plus, cette adoption ne fait pas l'unanimité dans la sphère bureaucratique concernée où certains parlent « d'expérience » : un gros mot chez les fonctionnaires zélés qui doivent contrôler la bonne prise en charge du bambin et qui se méfient de cette adoption inhabituelle…
L'acteur-réalisateur Lucien Jean-Baptiste préfère une comédie bien menée aux longs discours plombants pour exterminer les préjugés, à croire que la bonne fée Coline Serreau s'est penchée sur le couffin de Benjamin. A un éventail de situations qui trimballent leur lot de blocages et de préjugés, traités avec habileté et finesse, s'ajoute ici une bonne louche de répliques irrésistibles qui font mouche, servies par des acteurs qui fonctionnent en symbiose. Aucune ironie méchante, aucune acrimonie, encore moins de vulgarité.
Ici, la vérité sort, comme toujours, de la bouche des jeunots : on n'oubliera pas la formidable discussion de la sœur de Sali avec son père qui refuse de reconnaître le bébé parce que ce n'est pas dans « l'ordre des choses » (« tu as quitté ton pays pour venir travailler dans un pays étranger… Était-ce dans l'ordre des choses ? » réplique-t-elle entre autres) et même si la fin relève du feu d'artifice désopilant, cette comédie sociale fait un bien fou.

Aux côtés de la splendide Aïssa Maïga, Zabou Breitman se régale à jouer les fausses méchantes, puis les vraies gentilles, pendant que Vincent Elbaz, copain rêveur et gaffeur impénitent, réalise une ébouriffante composition. Quand à Benjamin… on l'adopterait !