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Nuit Fantastique IX (debriefing)
Avant de célébrer dignement l’an prochain la dixième édition (n’oubliez pas de nous envoyer vos idées ou vidéos pour que l’on fasse ensemble une dixième édition immémorielle), cette neuvième Nuit Fantastique fut un festin pour les sens (ci-dessous quelques photos qui en donnent un aperçu...

Berhart, L’esthétique vulgaire Lowbrow art et pop-symbolisme
Qu’est-ce que le lowbrow art ? Le Lowbrow Art est l’expression la plus récente de la Pop Culture dans l’art, opérant une synthèse surréaliste de tous les courants et les icônes qui l’ont traversé. Né à l’initiative de Robert Williams, le Lowbrow Art, plus largement appelé Pop Surréalisme, rencon...

Dimanche 10 à 10h IRRINTZINA! Le cri de la génération climat…
Un film qui donne du courage! Des luttes non violentes, galvanisantes… ça existe! Il suffit de les rejoindre pour qu'elles soient encore plus efficaces. Alors? On vous attend? Vous amenez les croissants, on prépare le café!?    http://www.cinemas-utopia.org/toulouse/index.php?id=3410&mode=filmhtt...

CYCLE HÉROÏNES OUBLIÉES : Ciné-concert lundi 11 décembre à 20h15. Le Trio Aeri vous propose de partager un moment musical en écho au film, musique classique et compositrices à l’honneur. Achetez vos places dès le 1er décembre, tarif unique 8 euros.

NANNERL, LA SOEUR DE MOZART

Écrit et réalisé par René FÉRET - France 2010 2h - avec Marie Féret, Lisa Féret, Marc Barbé, Delphine Chuillot, David Moreau, Clovis Fouin, Salomé Stévenin...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

NANNERL, LA SOEUR DE MOZARTElle était jolie, affectueuse, avait un talent fou et son père s'émerveillait de sa virtuosité, de sa gourmandise à apprendre… Léopold Mozart, musicien lui-même, avait étudié la composition, le chant, l'orgue et fit un mariage d'amour avec Anna Maria dans la ville autrichienne de Salzbourg. Mais malgré leur grand désir d'avoir une famille animée, il ne restera de toutes leurs tentatives que Maria Anna, dite Nannerl, la première de tous leurs enfants à survivre, et, quatre ans plus tard, son petit frère Wolfgang Amadeus… Cette première gamine était une révélation pour Léopold : non seulement elle concrétisait son désir de paternité, mais c'était un ravissement de découvrir chaque jour que sa fille avait un don particulier pour la musique. Il commença à la guider dans ses apprentissages et elle passait avec le même brio du piano au clavecin, au violon, chantait à merveille et commençait même à composer… Sa vanité de père était à son comble jusqu'à ce que naisse le petit Wolfgang. Comment imaginer plus sublime creuset : entouré d'amour et de musique, Wolfie sut lire les notes avant même de savoir compter. La sœur ainée et le petit frère formaient un époustouflant duo : « jamais il ne fallut le contraindre, écrivait-elle, pour composer ou pour jouer, au contraire, il fallait toujours l'en distraire »… et Léopold se mit très vite en tête qu'il lui fallait faire partager ces talents aux plus grands et il organisa un périple de Munich jusqu'à la cour de France, puis à celle d'Angleterre, où l'on savait apprécier les prodiges…

C'est à leur arrivée en France que le film commence, tandis que la neige tombe à gros flocons, qu'un essieu menace de rompre et que la nuit s'annonce… Malgré les difficultés, la dureté du voyage, il y a quelque chose d'insouciant et d'heureux dans ce quatuor-là et personne ne semble douter que Léopold est à même de résoudre tous ces menus contretemps et qu'aucun danger ne saurait remettre en cause leur bonheur d'être ensemble. L'abbaye de Fontevraud est à deux pas, les filles du roi y séjournent…
Nannerl va peu à peu comprendre que, malgré son caractère bien trempé, le fait d'être une fille la fera désormais passer au second plan et tandis que son père ne lâche plus le fils une seconde, il interdit à la fille de composer la moindre mélodie, lui défend de jouer du violon et la réduit au rôle d'accompagnatrice. Sous les ors de Versailles, Nannerl s'efface tandis que chacun célèbre son frère, elle-même devra se déguiser en garçon pour pouvoir jouer devant le Dauphin.
« C'est notre destin » dira Louise, la dernière fille du roi, qui prendra le voile pendant sa quinzième année dans ce même couvent où, grâce à une panne de berline, Nannerl aura lié une tendre amitié avec elle : « Si nous avions été des garçons, vous seriez votre frère et je serais le mien : nous règnerions toutes les deux : vous sur la création et moi sur les hommes »…
Mais le film ne se contente pas d'avoir pour point de départ une histoire réelle, et c'est tout le talent de René Féret de la réinventer en nous donnant à voir, au-delà de ce destin particulier de la sœur de Mozart, une adolescente étonnamment actuelle dans ses relations à un frère qu'elle aime, un père qu'elle admire et craint, une mère complice, dans sa découverte d'elle-même, de la société des hommes, de ses premiers émois amoureux. On pense à toutes les femmes reléguées aux rôles de secondes, aux talents jamais reconnus, écartées de la création artistique jusqu'à sombrer parfois dans la folie : Adèle Hugo, Camille Claudel… plein d'autres.

Il n'est pas anodin que pour interpréter son film, Féret ait choisi ses propres filles et, autour d'elles, essentiellement des proches : il y a quelque chose d'amoureux et de fort dans sa façon de filmer les frémissement des cœurs, les tremblements de la lumière, l'intimité de la petite famille Mozart… Il y a quelque chose de flamboyant dans les somptueuses images d'un film qui oscille entre la distance du non-jeu et une intimité tendre, accompagné par une musique totalement inventée qu'aurait pu écrire Nannerl. Car, ce n'est pas la moindre audace de ce film superbe : s'il ne reste rien de la musique de la sœur de Mozart… (peut-être n'a-t-elle jamais existé ?) il fallait la réinventer. Pas une mince affaire ! C'est à Gabriel Yared, mozartien passionné que Féret a demandé conseil. Pour réaliser cette prouesse, il fallait une femme capable d'écrire en « musicienne d'aujourd'hui une musique d'hier » : Marie Jeanne Séréro était celle qu'il fallait et réussit l'invraisemblable pari de peaufiner la cohérence de l'ensemble. Quel culot ce Féret !