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Utopia Toulouse Borderouge : un nouveau cinéma est né !
Utopia, le cinéma au mûrier… Holà ! Habitants de Borderouge, des Minimes, des Trois cocus, de Saint-Selve, de Montastruc, de la Croix Daurade, de Montauban, des Izards, de Saint Jean Lherm, de Granague et d’ailleurs… ! Approchez qu’on vous dise ! Voilà, nous sommes fins pr...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...

C’était au mois de mars 2003...
C’était au mois de mars 2003… dix ans tout juste après qu’Utopia Toulouse ait ouvert ses portes. Pas moins de 1500 personnes s’étaient pressées ce jour-là pour découvrir le nouveau ciné : il y avait du beau monde, la compagnie Emmanuel Grivet nous avait régalés de quelques entrechats et pantomi...

Bonne année, meilleurs vœux! Solidarité: "Emigré, émigré, reste-là t'en va pas… si on ne se mélange plus, je crois qu'on est foutus!"
Ainsi chantaient Font et Val en 1984! Vous pouvez écouter cette chouette chanson là: …Les temps ont bien changé, je vous l'accorde! Pas les problémes. "Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus, les gens n'ont plus le temps d'espérer ni de penser" (comme le chante Che Suda...



3 BILLBOARDS, LES PANNEAUX DE LA VENGEANCE

(THREE BILLBOARDS OUTSIDE EBBING, MISSOURI) Écrit et réalisé par Martin McDONAGH - USA 2017 1h55mn VOSTF - avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell, Peter Dinklage, John Hawkes...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

3 BILLBOARDS, LES PANNEAUX DE LA VENGEANCESous ce titre assez improbable, aussi bien dans sa version originale que dans sa demi traduction française, se cache un film formidablement réussi, doté d'un scénario remarquable en tous points, toujours passionnant, sans cesse surprenant – je défie quiconque de deviner le déroulement du récit et l'évolution des personnages – et qui s'avère d'une profondeur véritablement émouvante tout en distillant en permanence un humour noir ravageur. Les critiques vont sans doute évoquer les frères Coen et pour le coup la référence n'est pas usurpée : on pense à Fargo, on pense à No country for old men, on est bien à ce niveau-là !

Mildred Hayes est une femme en colère. Et ça ne date pas d'aujourd'hui, ni même d'hier. On comprend vite que ça fait un sacré bout de temps que Mildred ronge son frein. Son bandana serré sur le front, ses surchemises de bûcheron, son air pas commode, elle ne les arbore pas depuis que sa fille est morte assassinée, non, on a l'impression que depuis toujours elle affiche cette allure de combattante. Depuis que son amoureux lui a mis des trempes, depuis qu'elle est femme et qu'il a fallu survivre. Mais il semble bien qu'aujourd'hui Mildred en a assez de subir, et que le temps de l'action est venu. Alors quand elle avise les trois panneaux publicitaires laissés à l'abandon sur la route qui mène à sa maison, juste à la sorte d'Ebbing dans le Missouri, elles se dit que, ma foi, ils pourraient bien servir à quelque chose, au lieu de simplement défigurer le paysage. Mildred décide illico de les louer et d'y afficher ce qu'elle a sur le cœur. À la vue de tous. Depuis des mois l'enquête sur la mort de sa fille n'avance pas d'un pouce : alors elle fait imprimer trois phrases vengeresses, une par panneau, visant nommément le chef de la police. Cet acte, qui pourrait passer pour une mauvaise farce ou une provocation inacceptable, question de point de vue, va bouleverser la vie de la paisible localité.

McDonagh nous embarque dans une bourgade du Midwest, dans cette Amérique profonde que l'on qualifie chez nous – sans doute de manière un peu simpliste – d'« Amérique de Trump », où il sera donc question de vengeance pour mieux en questionner le principe, mais aussi de rédemption, de pardon, d'agression de dentiste… et d'un certains nombre de coups tordus et de rebondissements inattendus, mais tout ça on vous laisse le plaisir de le découvrir.
Tous les personnages qui peuplent cette histoire sont caractérisés avec un soin égal et les comédiens choisis pour les incarner sont tous formidables. À commencer bien sûr par la fabuleuse, l'immense, la bouleversante Frances McDormand, qui joue cette mère ravagée par le chagrin d'avoir vu sa fille enlevée puis assassinée, rongée par la culpabilité d'avoir sans doute raté quelque chose et conduit sa gamine vers son funeste destin. Face à cette mère courage et cible de son courroux, le shérif Bill Willoughby, interprété par un Woody Harrelson magnifique de justesse et d'humanité. Un homme apprécié de tous, un homme fondamentalement honnête. Ce qui explique que les panneaux accusateurs de Mildred ne feront pas l'unanimité. Mais aussi son adjoint qui claironne à l'envie que son passe temps favori est la torture, de préférence sur des individus de couleur, interprété par Sam Rockwell dans un numéro de flic alcoolique et raciste aussi réussi que finalement touchant.