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Le blog des profondeurs...
(de champ)

C’était au mois de mars 2003...
C’était au mois de mars 2003… dix ans tout juste après qu’Utopia Toulouse ait ouvert ses portes. Pas moins de 1500 personnes s’étaient pressées ce jour-là pour découvrir le nouveau ciné : il y avait du beau monde, la compagnie Emmanuel Grivet nous avait régalés de quelques entrechats et pantomi...

Bonne année, meilleurs vœux! Solidarité: "Emigré, émigré, reste-là t'en va pas… si on ne se mélange plus, je crois qu'on est foutus!"
Ainsi chantaient Font et Val en 1984! Vous pouvez écouter cette chouette chanson là: …Les temps ont bien changé, je vous l'accorde! Pas les problémes. "Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus, les gens n'ont plus le temps d'espérer ni de penser" (comme le chante Che Suda...

VENDREDI 8 FÉVRIER à 19h... un petit coup à boire, une petite cérémonie de passage de relais, un film surprise... vous êtes invités !
Elle commence joyeusement, cette nouvelle année, avec la prise en main d’Utopia Tournefeuille par ses salariés à travers la SAS SCOP* UTOPIA SANTA MAGDALENA.On en rêvait, on s’y préparait, le chemin fut long (très long) et plein de péripéties, parfois douloureuses… mais on y est ! P...

THE CHARMER

Milad ALAMI - Danemark 2017 1h40mn VOSTF - avec Ardalan Esmaili, Lars Brygmann, Stine Fischer Christensen, Jesper Lohmann... Scénario d'Ingeborg Topsœ et Milad Alami.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

THE CHARMEREsmail est un de ces antihéros auxquels on s’attache immédiatement, quand bien même on perçoit leur part d’ombre. Ou plutôt parce qu’on perçoit justement leur part d’ombre. Cela tient beaucoup à la présence intense de l’acteur principal, Ardalan Esmaili, qui fait passer à l’écran toute la complexité de son personnage. « The charmer » n’est pas uniquement un « charmeur », un séducteur, un dragueur. La vie d’Esmail pas plus que ses intentions ne peuvent se réduire à une formule lapidaire. Si on rentre en empathie spontanément avec lui, c’est qu’on ne peut lui jeter la première pierre. Il nous renvoie à nos propres errances, à nos supercheries peu avouables…

Le film débute par une scène que l’on comprendra plus tard, après l’avoir presque oubliée. Un bel appartement… ambiance feutrée, couleurs pastel, musique classique. Les immeubles anciens d’un quartier cossu se profilent en face à travers la fenêtre. Dans son embrasure se détache une silhouette, une femme qui restera floue, comme ses motivations, ses sentiments. Tantôt trop proche, tantôt trop éloignée, la caméra ne trouvera jamais la bonne distance pour nous parler d’elle, pas plus qu’Esmail, ni même son mari ne l’ont trouvée. Chacun restant dans le vague, tous cheminant les uns avec les autres, se réchauffant les uns contre les autres, mais au bout du compte, se rendant compte qu’on est toujours tout seul au monde…
Ellipse.
On est dans un tout autre type de logement, avec son balcon riquiqui typique des HLM. Dans le reflet de la fenêtre on aperçoit des barres d’immeubles impersonnels, les bruits qui remontent de l’extérieur nous confirment qu’on est dans un quartier populaire, métissé. Un homme de dos, de face, de profil… la caméra essaie de le cerner, capture rapidement ces gestes du quotidien qui en disent long sur un niveau social, les manières de vivre d’un individu. Il termine une lessive, l’étend… Esmail n’a pas de machine à laver… Dans son studio, rien de superflu. Tout semble avoir été acquis ou récupéré à peu de frais : une table sommaire, de quoi s’asseoir… Quelques vêtements de travailleur, un unique costume soigneusement suspendu : on devine à quel point il est important pour son propriétaire. Instantanément on se dit que s’il venait à se déchirer, ou se tacher, Esmail, notre joli brun aux yeux doux, n’aurait pas les moyens de s’en offrir un autre. Il l’endosse, ajuste le col de sa chemise blanche, soigne méticuleusement son apparence, sort…
Nouvelle ellipse.
Cette silhouette qui court en jouant à trappe-trappe avec une poignée de blondinets nous est déjà familière : on reconnait tout de suite le costume. Le temps est au beau fixe, le jardin est immense, son gazon vient doucement s’échouer sur la grève d’un lac. La vue est sublime… Ici tout est de bon ton. Esmail, au bras de sa copine, est bien accueilli malgré son accent iranien, son danois hésitant. Il semble être dans son élément, comme s’il avait toujours baigné dans le luxe. Pourtant quelque chose dissone, on lit sur les lèvres pincées de sa compagne un malaise qui sourd alors qu’il lui dit des mots d’amours… Le soir arrivé, elle rompra.

Dès le jour suivant, pas vraiment abattu de s’être fait larguer, Esmail retournera, son unique costume sur le dos, dans le bar sélect où il a l’habitude d’aller séduire les bourgeoises esseulées : c’est la seule possibilité qu’entrevoit cet Iranien sans papiers pour régulariser sa situation au Danemark. Mais n’allez pas imaginer qu’il ne soit qu’un gigolo insensible. Rien n’est si simple. Esmail est un être parcouru de frissons, de peurs et de doutes, qui est dans l’urgence de la survie… On perçoit progressivement les contours flous d’une nasse qui se referme implacablement, on entend le chuintement d’un monde sourd à la misère qui frappe à sa porte. Il y a du thriller dans l’air, du film noir. Et de l’amour aussi !