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Le cinéma et le bistrot d'Utopia Tournefeuille sont fermés jusqu'au 12 août
Le lieu sera fermé jusqu’au 12 août pour réalisation des grosses œuvres afin de conforter le terrain qui héberge le cinéma. En effet un affaissement du terrain concernant l’annexe de la salle 1, sortie de secours côté bistrot, a mis à rude épreuve notre bâtiment, comportant de problèmes divers e...

SOS Méditerranée lance un appel aux dons
Chères citoyennes, chers citoyens,À l’heure où nous vous écrivons, l’Ocean Viking fait route vers la Méditerranée centrale pour porter secours aux personnes en détresse en mer. Durant ces dernières semaines et suite à la fin de notre partenariat médical avec Médecins Sans Frontières, nous avons dû n...

Pour un cinéma durable et des rencontres d’une nuit (par Anna Pitoun)
La chance quand on est réalisatrice de films documentaires c’est que vos travaux suscitent des débats. Alors on vous invite. Pour une soirée, une matinée. A une rencontre avec le public. C’est l’une des choses que je préfère. Ces moments d’échange, quand la lumière se rallume et que les spectateurs ...

Atelier d'écriture YAKSA 7 : Kévin
La première fois que je l’ai vu, c’était à mon anniversaire, il était sorti d’un énorme gâteau avec des oreilles de lapin et un pompon blanc coincé entre les fesses. On peut pas vraiment dire que ce soit mon genre de mec mais il s’était passé un truc, je ne sais pas quoi exac...



DIEGO MARADONA

Asif KAPADIA - documentaire GB 2019 2h10mn VOSTF - avec Diego Maradona, la pègre, les flics, des femmes et quelques étoiles...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DIEGO MARADONALoin d’attaquer son sujet balle en tête pour ne séduire que les supporters et les fans de foot – dont je ne suis pas –, le réalisateur l’aborde sous un angle atypique et le rend aussi palpitant et poignant qu’une tragédie grecque. La tension narrative qui emporte le récit ne laisse pas le spectateur souffler un seul instant, quand bien même il connaitrait parfaitement l’histoire. C’est que chaque propos est servi par un flot d’images inédites filmées à bout portant qui nous font rentrer tant dans l’intimité du footballeur star que dans celle d’une époque. Une œuvre originale de bout en bout, en commençant par son approche non chronologique, qui va droit au but : l’épicentre de la carrière pleine de rebondissements parfois énigmatiques de Diego Maradona.

Nous sommes en 1984, au moment où le joueur, qui semble être au plus creux de la vague, est racheté par la ville alors la plus pauvre, miteuse et méprisée d’Italie : Naples. Sans que nul ne puisse le prédire, alors que tous le pensent fini, El Pibe de Oro renaitra de ses cendres avec une maestria confondante, une force de travail et une volonté farouches. Dans le fond, la vie du petit Argentin tout droit venu des bas fonds de son pays n'est qu’un éternel recommencement entre gloire, mort, résurrection (comme le dit son ex-coach Signorini), qui le place naturellement en Italie comme une figure presque christique. Ce n’est pas rien tout de même de voir son portrait géant étalé juste à côté de la Madone, dans les rues de Naples ! Il n’y a pas de hasard si c’est précisément là qu’il va réussir à déployer tout son génie footballistique. Entre cette ville et cet homme, il y a de telles similitudes qu’elles vont les mettre en symbiose : l’une et l’autre excessifs, aussi violents que fragiles, essayant de se sortir de leur fange, l’une et l’autre en quête de reconnaissance. Pour les Napolitains, souvent conspués, Maradona va devenir tout un symbole. Ensemble ils redoreront leur blason, prendront leur revanche. Le désamour qui s’en suivra sera à la hauteur de l’amour qu’ils se seront portés !

Pourtant, sous ses airs de diva capricieuse, sa grande assurance, on oublie que le garçon qui porte tout cela sur ses épaules n’a alors que 24 ans, un jeunot expatrié grandi dans un bidonville, peu éduqué et mal préparé à affronter un tel fardeau. Soudain la caméra donne à voir la vulnérabilité palpable de Diego, malgré ses côtés insupportables. Le montage ne cache rien, montre la part sombre (la drogue, sa proximité avec la Camorra) comme la lumineuse, autant la maladresse bourrue que la tendresse contenue, et rend l’homme et son parcours extrêmement complexes et touchants : on ne peut pas réduire Diego à Maradona, ce monstre sacré qu’il a créé pour se protéger. Sa combattivité, sa force de résilience, qui vont lui permettre de se redresser et de survivre dans un univers impitoyable dont il ne maîtrise pas les codes, dépassent largement le cadre du sport, même si ce dernier est forcément mis à l’honneur. Moi qui ne regarde habituellement pas les matchs à la télé, je n’ai pu que retenir mon souffle, en communion totale avec les tifosis espérant que Maradona marque un but et explose de joie ! Décidément, quel extraordinaire personnage, quelle incroyable épopée, dignes d'une saga romanesque ! Il aura tenu au bout de ses pieds l’espoir des supporters argentins, celui des Italiens et, sans doute, celui de myriades de gamins mal lotis rêvant de devenir comme lui une sorte d’étoile. Un véritable (anti)héros populaire. Des haillons à la gloire, ce drôle de gars est l’exemple même de l’ascension sociale puis de la retombée dans le caniveau, fulgurantes toutes les deux, comme s’il était impossible de jamais complètement échapper à sa condition sociale, comme si la misère devait éternellement vous coller aux crampons.