LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS APPELER

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4,5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



LA CRAVATE

Mathias THÉRY et Etienne CHAILLOU - documentaire France 2019 1h36mn -

Du 04/03/20 au 24/03/20 à Toulouse (Borderouge) - Du 05/02/20 au 24/03/20 à Tournefeuille

LA CRAVATEC’est un véritable régal de retrouver sur grand écran les documentaristes en grande forme de La Sociologue et l'ourson. Si ce nouveau documentaire est empreint du même recul sensible et plein d’humour que leur précédent opus, le procédé employé n’est pas tout à fait le même. Ici, point de mise en scène à base d’ours en peluche et de bouts de chiffons, même si la bataille qui va se livrer devant nos yeux s’apparente parfois à une piètre querelle de chiffonniers.
La cravate, c’est ce petit accessoire de plus ou moins bon goût qui est constitutif de tout homme politique. Ce supplément de tissu d’aucune utilité – sauf si on veut se pendre – censé procurer un je ne sais quoi de « respectabilité ». C’est grâce à elle que Bastien, jeune militant du Front National, va essayer de grimper les échelons dans le parti, désireux de bien faire et surtout d’échapper à sa condition sociale. Cela nous choque ? Et pourtant, tout au long du récit, cette question sera présente en filigrane. Comment a-t-il pu, mais surtout comment a-t-on pu en arriver-là ? Insensiblement, mais sûrement.
Mathias Théry et Étienne Chaillou viennent interroger notre responsabilité collective, l’incapacité de toute une société à offrir des perspectives un tant soit peu réjouissantes, ou au moins sécurisantes, qui fassent sens pour tous les citoyens et en particulier les plus jeunes. Mais commençons par le commencement et non par l’aboutissement d’un travail méticuleux et de longue haleine qui s’échelonna sur près de deux années.

Dès les premiers plans, nous voilà désarçonnés, ne sachant pas trop sur quel pied danser dans ce face à face avec Bastien. Il fait décidément partie de ces êtres qu’on n’arrive pas vraiment à détester malgré leurs penchants regrettables et leurs idées pour le coup détestables : il faut bien reconnaître qu'il est drôle, Bastien ! Drôle, touchant et agaçant à la fois !
On aurait tôt fait d’étouffer le sujet dans l’œuf, de tomber dans une réthorique stérile et de ruminer les éternels poncifs, sans le procédé astucieux et élégant mis en place par les réalisateurs. En couchant sur papier l’histoire de Bastien au passé simple, ils y insufflent une distanciation littéraire salutaire, s’obligent à adopter la posture bienveillante de l’écrivain qui peut exprimer son avis, sans condamner par avance ses personnages. Endosser le costume d’un anti-héros de roman dans le pur style du 19ème siècle va permettre à Bastien d’être écouté avant que d’être jugé, ce qui semble rarement avoir été le cas durant ses vingt cinq années d'existence, on le comprendra bientôt. Lui-même va par ailleurs être amené à prendre du recul vis-à-vis de ce récit qui est certes bien le sien, mais semble déjà ne plus lui appartenir. Au centre de son parcours, au cœur de ses préoccupations, le besoin d’appartenance, doublé de celui de reconnaissance. Bastien va finir par se piquer au jeu, jusqu’à confier devant la caméra ce qu’il a toujours caché. C’est comme un électrochoc. Alors qu’il agit sur lui comme une délivrance, un véritable soulagement, on comprends que l’on vient de pénétrer dans ce qui constitue les racines de son engagement intime et dans ce qui fait de lui autre chose qu’un vulgaire salaud. Et dignement, malgré les portes de sortie que lui ouvrent respectueusement les cinéastes, conscients des conséquences que peuvent avoir ses propos sur sa vie future, Bastien décidera d’assumer jusqu’au bout sa confession et sa diffusion.
Le temps d’une campagne électorale, celle des élections présidentielles de 2017, le parcours, livré sans détours, de ce jeune militant d'extrême-droite devient aussi étonnant que passionnant, et surtout emblématique de tant d’autres.