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On n'est jamais à l'abri du meilleur… Le projet Utopia Cinéma Durable continue ! 400% son objectif initial déjà atteint, 80 000€ ! Mazette ! Une fin d'année sur les chapeaux de roue !
Drôle d’année que 2020… Nous vous souhaitons une très belle année 2021, qu’elle soit meilleure et moins confinée que la précédente, qu’elle vous apporte la santé, la réalisation de vos projets. Il nous revient à tous de bâtir des alternatives solidaires, durables, respectueuses de l’humain et de nat...

Comme un cadeau de Noël à la planète ! Vous êtes-là ! Attention J-1 : il ne tient qu'à vous…
Lors de nos permanences, dans nos halls, sur les réseaux, il n'y a pas à dire vous êtes-là !Même sur Ulule : vous êtes-là ! sur https://fr.ulule.com/utopia-pont-sainte-marie/Par solidarité, pour soutenir un projet légitime, pour faire votre part ! WE DO OUR PART ! Parce qu'on ne peut pas laisser les...

Gébé, on arrête tout, on réfléchit / L'AN 01
Si, après avoir vidé votre PEL pour aider Utopia à concrétiser le projet de cinéma du futur à Pont Sainte Marie, il vous reste 3 sous d’épargne à dilapider dans la joie et la bonne humeur…On était très heureux de recevoir Pierre Carles à Utopia Borderouge, pendant le dernier festival du film gro...

lu dans BOX-OFFICE PRO : "Vers Troyes, Utopia fait appel au financement citoyen"
Le réseau indépendant, qui a obtenu le permis de construire le 19 octobre, a lancé une vaste campagne de financement participatif pour son projet de cinéma à Pont-Sainte-Marie, dans l’Aube.« Il est temps que le cinéma passe au vert ! » Déterminée, Anne Faucon a décidé de franchir une nouvelle ét...

ORANGES SANGUINES

Jean-Christophe MEURISSE - France 2021 1h42mn - avec Alexandre Steiger, Christophe Paou, Lilith Grasmug, Lorella Cravotta, Olivia Saladin, Fred Blin, Denis Podalydès, Blanche Gardin, Patrice Laffont… et des membres de la troupe des Chiens de Navarre... Scénario de Jean-Christophe Meurisse, avec la collaboration d’Amélie Philippe et Yohann Gloaguen.

Du 17/11/21 au 14/12/21 à Tournefeuille

ORANGES SANGUINES« Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. »  Antonio Gramsci

Ça se passe en France, exactement dans le même décor que celui de votre vie et de la mienne. Dans ce décor, chacun rempli poliment son rôle social : le ministre de l’économie et des finances est accusé de lamentables fraudes fiscales, les retraités de la classe moyenne se prennent dans les dents la réforme des retraites et croulent sous les dettes, les banquiers sont des pions, les jeunes filles sont si vulnérables qu’elles se font séquestrer par des détraqués et le rêve d’ascension sociale tant convoité se vit au quotidien comme un cauchemar par le transfuge de classe. Et pourtant, miracle, dans Oranges sanguines, on se marre !

On se marre parce qu’à partir de scènes réalistes et crédibles, Jean-Christophe Meurisse et sa troupe finissent par tordre le cou au réel en opérant à des décalages et des aberrations. De ces distorsions bien sûr on ne vous dira rien, ce serait gâcher ! Ce qu’on peut vous dire, c’est qu’il en coule un jus sanguinolent et parfois sanguinaire, un peu crado ou vivifiant, c’est selon. Et ce sont de ces mêmes distorsions qu’émanent la jubilation et le rire. Un rire gras et sauvage, pas très aimable ni glorieux. Il y a quelque chose de contradictoirement caustique et espiègle chez Meurisse et les Chiens de Navarre, d’à la fois enfantin, régressif et corrosif. Sans doute l’énergie unique de l’improvisation chère aux comédiens et à leur metteur en scène y est pour quelque chose, et la formule « jeu d’acteurs » prend ici tout son sens : c’est leur plaisir à pousser les situations jusqu’à l’indécence qui vient nous faire grincer des dents, provoquer grimace, rire et inconfort. Le film d’ailleurs ne prétend pas à plus que ça, il ne milite pas pour le grand soir. Son seul credo est bel et bien le rire.
Il y a à cet égard une scène emblématique, la plus profonde sans doute : accablée par le poids et les forces d’oppressions institutionnelles du système judiciaire, l’adolescente se voit comprimée et réduite par la société entière à son rôle de victime. Sauf que notre jeune femme identifie clairement la coercition et déplore à chaudes larmes le fonctionnement de la justice des hommes (c’est à cet endroit entre autres que le vieux monde se meurt). Et de même qu’elle a le courage d’en être douloureusement affectée, elle assume pleinement son agressivité et sa cruauté comme réponse à la domination ; mieux encore, quand elle évoque ses gestes outranciers elle éclate de rire ! D’un rire incontrôlable, indomptable, qui met miraculeusement fin à son abattement : car dans cet éclat, c’est aussi son rôle social de victime qui éclate, qui, en un éclair, devient caduc.

Il y a une filiation directe avec le mouvement dada, et une revendication du droit à la vulgarité et à l’idiotie chères à Jean-Yves Jouannais (l’idiotie désignant dans son acception étymologique le simple, l’unique et le singulier). Plus généralement, ici l’art n’est pas sérieux, pas poli, et on ne cherche ni le beau ni le bien. Le film appuie fort à certains endroits et assume pleinement d’être clivant. Mais ça tombe bien, ça fait partie du projet du réalisateur : « L’art doit diviser. S’il divise, il y a débat et s’il y a débat, il y a vitalité ». Alors pour certains on dédaignera, pour d’autres on s’esclaffera. Jean-Christophe Meurisse et Les Chiens de Navarre, eux, ont pris le parti de rire de tout et ça nous va. Car comme le disait Didier Super, un autre idiot du village : mieux vaut en rire que s’en foutre.