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Le blog des profondeurs...
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On n'est jamais à l'abri du meilleur… Le projet Utopia Cinéma Durable continue ! 400% son objectif initial déjà atteint, 80 000€ ! Mazette ! Une fin d'année sur les chapeaux de roue !
Drôle d’année que 2020… Nous vous souhaitons une très belle année 2021, qu’elle soit meilleure et moins confinée que la précédente, qu’elle vous apporte la santé, la réalisation de vos projets. Il nous revient à tous de bâtir des alternatives solidaires, durables, respectueuses de l’humain et de nat...

Comme un cadeau de Noël à la planète ! Vous êtes-là ! Attention J-1 : il ne tient qu'à vous…
Lors de nos permanences, dans nos halls, sur les réseaux, il n'y a pas à dire vous êtes-là !Même sur Ulule : vous êtes-là ! sur https://fr.ulule.com/utopia-pont-sainte-marie/Par solidarité, pour soutenir un projet légitime, pour faire votre part ! WE DO OUR PART ! Parce qu'on ne peut pas laisser les...

Gébé, on arrête tout, on réfléchit / L'AN 01
Si, après avoir vidé votre PEL pour aider Utopia à concrétiser le projet de cinéma du futur à Pont Sainte Marie, il vous reste 3 sous d’épargne à dilapider dans la joie et la bonne humeur…On était très heureux de recevoir Pierre Carles à Utopia Borderouge, pendant le dernier festival du film gro...

lu dans BOX-OFFICE PRO : "Vers Troyes, Utopia fait appel au financement citoyen"
Le réseau indépendant, qui a obtenu le permis de construire le 19 octobre, a lancé une vaste campagne de financement participatif pour son projet de cinéma à Pont-Sainte-Marie, dans l’Aube.« Il est temps que le cinéma passe au vert ! » Déterminée, Anne Faucon a décidé de franchir une nouvelle ét...

OUISTREHAM

Emmanuel CARRÈRE - France 2021 1h46mn - avec Juliette Binoche, Hélène Lambert, Léa Carne, Didier Pupin... Scénario d'Emmanuel Carrère et Hélène Devynck, librement adapté du récit Le Quai de Ouistreham, de Florence Aubenas.

Du 09/02/22 au 22/02/22 à Toulouse (Borderouge) - Du 12/01/22 au 08/02/22 à Tournefeuille

OUISTREHAMCe film fort et acéré, c'est Juliette Binoche qui l'a voulu, qui a fini par convaincre Florence Aubenas d'accepter que son très remarquable récit Le Quai de Ouistreham soit adapté au cinéma, porté par le duo que la comédienne a formé avec Emmanuel Carrère, surtout reconnu comme écrivain mais réalisateur de deux films singuliers : un documentaire, Retour à Kotelnitch (2003), et une fiction, La Moustache (2005, adapté de son propre roman).
C’est l’histoire de toutes ces femmes, de tous ces hommes qui rendent nos vies plus propres entre deux rendez-vous chez pôle emploi et autres galères. C’est l’histoire d’un peuple de l’ombre courageux et solidaire, qui ne remise ni sa dignité, ni son humour au placard, car c’est parfois tout ce qui lui reste pour tenir le coup. D’un peuple jamais récompensé par des salaires à la hauteur de ses tâches, rarement remercié par un mot poli ou un sourire, ce peuple qu’on applaudit le temps d’un confinement, puis qu’on oublie l’instant d’après.

Quand l’écrivaine Marianne Winckler (Juliette Binoche) décide d’écrire un roman sur le travail des précaires, sur les invisibles, elle se rend bien compte que dans son univers très protégé, elle n’a qu’une vision parcellaire de leur lot quotidien et surtout pas la matière nécessaire pour adopter un regard juste. Quoi de plus naturel alors que de s’exiler loin de chez elle, à Ouistreham, près de Caen, et de se faire passer pour ce qu’elle n’est pas ? Une femme ayant connu un accident de parcours, se retrouvant soudain sans revenus, obligée de faire comme beaucoup : passer par la case demandeuse d’emploi et postuler pour un travail, n'importe lequel, elle n'a pas les moyens d'être exigeante... Ses interlocuteurs seront-ils dupes ? Ses éventuelles collègues seront-elles dupes ? L’absence de maquillage ne gomme pas un langage châtié, l’aisance naturelle de qui a baigné dans un milieu favorisé durant des années. Mais Marianne s’accroche, prête à tout, acceptant sans broncher de se plier aux tâches les plus ingrates. Son CV étant bien vide, son profil ne correspond qu’à un seul type de poste : la voilà à l’essai dans une société de nettoyage. Courir d’un lieu à un autre – prendre le temps de souffler, c’est prendre du retard, perdre la cadence. Dire bonjour, rester courtoise face à ceux qui vous humilient, dont on a l'impression qu'ils ont besoin de cela pour se sentir vivants. Combien de temps tiendra-t-elle ? Combien de temps durera l’imposture ? Un suspens qu’introduit le réalisateur et qui n’était pas dans le bouquin. Car enfin, quoi qu’il arrive, nous savons qu’une porte de sortie existe pour Marianne, contrairement à ses compagnes de balais, qui ne peuvent pas rendre leur tablier pour retourner à une vie confortable.

Mais cela n’empêchera pas l’amitié et surtout ça n'empêche pas ces personnages d’exister. Car la plupart des protagonistes du film ne sont pas des comédiens professionnels, mais jouent devant la caméra leur propre rôle : Christelle, Cédric, Marie Lou… Jamais l’actrice vedette, ni l’œil de la caméra ne les écrasent. Chacun de leurs coups de gueule résonne dès lors comme un cri du cœur. On sent qu’il y a du vécu et c’est une belle invitation à regarder différemment les travailleuses-travailleurs de l'ombre.