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Install-party samedi 18 juin à Tournefeuille
Vous voulez déconfiner durablement vos ordinateurs ? Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas v...

Sous l'aile des Anges, et le regard de Terrence Malick
Chers spectateurs, parfois je viens vous voir dans les salles afin de vous rencontrer en direct, d’échanger avec vous, de vous raconter les croustillantes anecdotes de l’exploitante du cinéma aguerrie et acharnée que je suis. C’est tellement profitable les séances collectives, c’est du cinéma. Telle...

L'œil et la Plume : retour critique de LITTLE PALESTINE / D.E.F.I. prod
Basée au Mirail, l’équipe de D.E.F.I PRODUCTION s’est donner pour nouvelle mission d’accompagner des groupes de jeunes à la découverte d’autres cinémas, d’autres films, dans d’autres salles… Plus ou moins régulièrement nous aurons des retours, écrits, filmés, radios, de ces découvertes.... Lire ...

LE DOMOVOÏ - bistrot d'Utopia Borderouge - est (enfin !) ouvert !
« Génie familier de la maison, Domovoï est originellement celui du feu du foyer. Il se fonde sur l’usage de déposer dans la nouvelle maison un feu pris dans la précédente et sur celui d’offrir au domovój, chaque 28 janvier, un pot de gruau recouvert de braises. » Merci Wikipédia, on en sait à pr...

WHITE BUILDING

Kavich NEANG - Cambodge 2020 1h30mn VOSTF - avec Piseth Chhun, Sithan Hout, Sokha Uk, Chinnaro Soam... Scénario de Neang Kavich et Daniel Mattes.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

WHITE BUILDINGRares, rares et véritablement dépaysants sont les films cambodgiens, qui donnent à entendre la langue khmer heurtée et chantante comme un torrent de montagne. Ce petit pays de 16 millions d’habitants manque certes de moyens et il faut saluer ce parcours tenace du combattant qui permet à ce tout premier long métrage dirigé par un jeune natif de voir le jour et de porter jusqu’à nous un témoignage vu de l’intérieur sur une société en pleine mutation.

C’est l’histoire d’une jeunesse belle mais pas dorée dans un Phnom Penh qui, progressivement, se transforme, perd des pans de murs comme autant de pans de son histoire. « White Building », fastueuse résidence d’état jadis destinée aux fonctionnaires du ministère de la Culture, n’est plus que l’ombre d’elle-même, une barre d’immeuble qui n’a plus de blanc que le nom, vestige d’un passé pourtant prometteur. Le plan d’urbanisme d’alors, à la « belle » époque du roi Sihanouk, s’inspirait de l’architecture brutaliste (Le Corbusier & cie…) et confiait son devenir à des mains expertes telles celles de Vladimir Bodiansky, Lu Ban Hap […] pour moderniser la capitale. Puis est arrivé ce que l’on sait… Le régime des Khmers Rouges, un pays vidé de sa substantifique moelle pour difficilement renaître de ses cendres et de ses charniers.

Ce White Building qui se desquame désormais et dans lequel vit Samnang, le double du jeune réalisateur à vingt ans, est donc un lieu hautement symbolique, un refuge réinvesti dans les années 1980 par une population meurtrie à laquelle il n’était pas dédié, sans moyens pour l’entretenir. Un ghetto / havre de paix malgré tout où le ciel, malgré les sempiternelles fuites des toits, persiste à ne pas tomber sur la tête de ses habitants. Tous aiment ce lieu pourtant insalubre, y vivent portes grandes ouvertes malgré la promiscuité du voisinage. Il y a de la convivialité dans l’air, le sens de l’entraide et, si Samnang rêve de s’envoler loin de là pour devenir danseur professionnel, il n’en est pas moins attaché à cette micro-société qui a su recréer une ambiance de village à l’intérieur de la capitale. C’est donc un choc quand le gouvernement vend à prix d’or le terrain à une compagnie japonaise sans scrupules qui n’aura de cesse que d’exproprier, moyennant une compensation dérisoire, les rares propriétaires impuissants, ce qui réveillera dans le cœur de Samnang l’envie de se battre…

Ce joli film, guidé par la grâce et la langueur typiques du « pays du sourire », se découpe en trois parties… Bénédictions raconte l’insouciance de la jeunesse ; la Maison aux esprits parle de ces présences invisibles, du poids des obligations sociales, culturelles, religieuses auxquelles il est difficile d’échapper et qui creusent le fossé générationnel ; la Saison de la mousson est plus douce-amère, comme un impossible retour en arrière, un tiraillement entre les racines et l’avenir qui appelle à se déraciner. Une forme de nostalgie pénètre les cœurs en même temps que la pluie chaude transperce les nuages. Vraiment, on le redit, un jeune réalisateur à suivre, un point de vue aussi lumineux qu’émouvant pour parler de vieux Phonm Penh dont les beaux reflets désabusés se défont progressivement dans les flaques après l’orage.