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Install-party samedi 18 juin à Tournefeuille
Vous voulez déconfiner durablement vos ordinateurs ? Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas v...

Sous l'aile des Anges, et le regard de Terrence Malick
Chers spectateurs, parfois je viens vous voir dans les salles afin de vous rencontrer en direct, d’échanger avec vous, de vous raconter les croustillantes anecdotes de l’exploitante du cinéma aguerrie et acharnée que je suis. C’est tellement profitable les séances collectives, c’est du cinéma. Telle...

L'œil et la Plume : retour critique de LITTLE PALESTINE / D.E.F.I. prod
Basée au Mirail, l’équipe de D.E.F.I PRODUCTION s’est donner pour nouvelle mission d’accompagner des groupes de jeunes à la découverte d’autres cinémas, d’autres films, dans d’autres salles… Plus ou moins régulièrement nous aurons des retours, écrits, filmés, radios, de ces découvertes.... Lire ...

LE DOMOVOÏ - bistrot d'Utopia Borderouge - est (enfin !) ouvert !
« Génie familier de la maison, Domovoï est originellement celui du feu du foyer. Il se fonde sur l’usage de déposer dans la nouvelle maison un feu pris dans la précédente et sur celui d’offrir au domovój, chaque 28 janvier, un pot de gruau recouvert de braises. » Merci Wikipédia, on en sait à pr...

ZAHORÍ

Écrit et réalisé par Marí ALESSANDRINI - Argentine / Chili 2021 1h45mn VOSTF - avec Lara Tortosa, Santos Curapil, Cirilo Wesley, Sabine Timoteo...

Du 10/08/22 au 23/08/22 à Tournefeuille

ZAHORÍEntre le 40e « hurlant » et le 50e « rugissant » s’étend une des terres les plus venteuses, les moins peuplées du monde. Mi-chilienne, mi-argentine, même l’origine de son nom, amputé de ses racines amérindiennes, reste mystérieuse : la Patagonie. Il est étrange que ce territoire inhospitalier ait de tous temps attiré les aventuriers, avant même que ses richesses cachées ne soient décelées. Ici gisent en effet d’immenses réserves d’or noir et d’eau potable secrètement enfouies depuis des millénaires. Ô combien de marins et de conquistadores avides partirent à leur conquête ! Le plus étonnant d’entre eux fut peut-être un Périgourdin, Antoine Tounens, qui s’en déclara roi avant d’être balayé d’un revers de main et réexpédié en France par le Chili qui le décréta fou. Et si on avait suivi l’idée de Theodor Herzl, théoricien du sionisme, qui y voyait la terre promise et rêvait d’y créer au début du siècle dernier l’État d’Israël ? Peut-être la face de la Palestine en eût-elle été changée… On peut toujours rêver !?

Rêver… C’est ce que fait avec assiduité Mora (incarnée Lara Tortosa, à la présence magnétique). Ses rêves, elle ne les partage avec personne, comme absente à son entourage, à ce quotidien qui ne la comble pas. Prise en tenaille entre une vie familiale dont l’ambiance dérape furieusement au fur et à mesure que s’effondre le projet d’autonomie alimentaire de ses parents écologistes italo-suisses et une école qui n’enseigne que des choses lointaines.
Ici tous sont scolarisés dans un unique pensionnat de fortune perdu au milieu de la pampa. Malgré le grand air, malgré la lumière dorée de ces vastes steppes dignes d’un western, Mora étouffe. Coupée des autres filles trop dociles. Pas intégrée aux jeux des gars qui lui rappellent constamment qu’elle n’est pas des leurs : jouer au foot, être un gaucho, c’est réservé aux mâles ! Du haut de ses treize ans, sa féminité qui pousse lui semble un carcan, dresse une barrière invisible devant tout ce à quoi elle aspire. Sans compter une inavouable forme d’exclusion sociale qui plane : « Les Mexicains descendent des Aztèques, les Péruviens des Incas et les Argentins… du bateau ! »… Or notre adolescente n’est rien de tout cela. Comment faire son trou dans ce monde qui ne l’accepte pas ? Elle se mure dans une forme de résistance silencieuse. Ce sera pour mieux s’en affranchir.

C’est l’histoire d’une éclosion dans un univers sec et organique, sous les yeux d’un petit frère qui aimerait comprendre cette grande sœur mutique et un peu androgyne qui le dépasse d’une longueur. Tout autant capable de l’aimer que de l’oublier dans la pampa, lui pourtant si complice, si solidaire. Mais Mora garde précieusement son jardin secret, peuplé de vie qui grouille, de tatous qui trottinent, de galops frénétiques, d’un bestiaire tout aussi concret que fabuleux tout droit venu de la mythologie Mapuche, comme son seul grand ami, Nazareno. Seul ce vieux gaucho semble accepter la jeune fille, la comprendre comme il comprend et observe chaque chose, à demi-mot. C’est la même soif viscérale d’indépendance, leur rattachement profond à la nature qui relient ces deux-là, ainsi qu’à tous les êtres d’un cosmos aux mystères indicibles.
Pour sa première fiction, la réalisatrice Marí Alessandrini nous entraîne dans un voyage initiatique non dénué d’humour et nous plonge dans un métissage somptueux, une hybridation des cultures où fraient ensemble les enracinés autochtones, les déracinés expatriés, tout un petit monde que les missionnaires de tous poils tentent de s’accaparer. Sans oublier Zahori, un cheval à la robe immaculée qui va venir bousculer l’ordre des choses.